Édition internationale

SORTIE – Les chorégraphes Eric Lamoureux et Héla Fattoumi de retour à Tokyo

Écrit par Lepetitjournal Tokyo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Eric Lamoureux et Héla Fattoumi, chorégraphes français habitués du Japon, vont présenter mardi et jeudi prochains deux de leurs derniers spectacles, Manta et Just to dance, à l'Aoyama Round Theater. Ce duo immanquable de la scène contemporaine française se retrouve une nouvelle fois au Japon avec des thématiques pouvant sembler lointaines, mais néanmoins universelles 

Just to dance questionne, en réunissant des danseurs d'horizons très différents, l'altérité, la créolisation et les échanges entre personnes (Photo Laurent Philippe)

Fraîchement arrivés au Japon, les chorégraphes français et actuels directeurs du Centre chorégraphique national de Caen/Basse-Normandie, Eric Lamoureux et Héla Fattoumi, viennent présenter à Tokyo deux de leurs derniers spectacles. L'Aoyama Round Theater accueillera mardi soir Manta, et jeudi Just to dance.

Une problématique lointaine mais universelle
Solo créé au Festival Montpellier Danse 2009, Manta soulève la problématique du port du voile islamique, à un moment où cette question se faisait de plus en plus présente en France et en Europe. "Nous avons été rattrapés par l'actualité", explique Héla Fattoumi, avant d'ajouter que finalement, "Cela nous a permis d'attirer un nouveau public qui n'irait jamais voir de la danse contemporaine". La danseuse se retrouve ainsi à évoluer sur scène vêtue d'un niqab, découvre alors de nouvelles sensations et tente de mener, à partir de là, une création artistique. "Il y a une fascination du vêtement symbole qui bloque la liberté. Nous avons décidé d'avoir une posture critique et subjective, mais pas provocatrice", précise Eric Lamoureux. Quant à l'accueil d'un public pouvant sembler loin de ces questionnements, Héla Fattoumi est plutôt confiante : "Nous avons déjà présenté des spectacles qui pouvaient sembler a priori très loin mais qui ont été très bien accueillis par le public japonais, explique-t-elle, je suis très impatiente de voir la réaction des femmes japonaises. Je pense que la pièce peut tout à fait atteindre ce public, car la quête de l'émancipation est universelle."

Vêtue d'un niqab intégral blanc, Héla Fattoumi tente d'apprivoiser ce vêtement symbole et d'aborder, par extension, la question de l'émancipation des femmes (Photo Laurent Philippe)

Changer en échangeant avec Just to dance
Le spectacle Just to dance réuni quant à lui des danseurs de pays différents et tente de repousser les possibles frontières de la langue et de la culture. "Nous avons essayé de mener un processus de créolisation à travers l'engagement du corps dans la danse", explique Eric Lamoureux. Pour cela, les deux chorégraphes ont réuni des danseurs d'horizon très différents : Trois Français, trois Japonais et trois Congolais. A travers un travail sur des solos individuels, limités par de simples consignes d'espace et de temps, les artistes ont finalement découvert une nouvelle manière d'intégrer le travail de l'autre. "Il s'agissait vraiment de changer en échangeant, de casser les clichés dominants et de mettre en danse l'expérience du vivre ensemble », ajoute le chorégraphe.

De nombreuses expériences artistiques au Japon
Eric Lamoureux et Héla Fattoumi connaissent depuis de nombreuses années le Japon, et ont eu plusieurs occasions d'échanger avec des artistes locaux. Tout d'abord avec la rencontre en 1993 de Tadashi Suzuki, organisateur du premier festival international de théâtre du Japon, qui se situe chaque année dans le village reculé de Toga. Puis notamment par leur passage durant six mois à la villa de Kujoyama, qui accueille annuellement plusieurs créateurs et chercheurs de haut niveau. "Nous avions alors vraiment envie de travailler avec des artistes locaux", précise Eric Lamoureux. Aujourd'hui, et après plusieurs voyages au Japon, les deux chorégraphes veulent continuer de travailler avec des artistes venus d'autres continents. Une création devant réunir uniquement des danseurs japonais est d'ailleurs déjà en réflexion pour 2013.
Quentin Weinsanto (http://www.lepetitjournal.com/tokyo.html) lundi 12 septembre 2011

Manta, mardi 13 septembre à 19h
Just dance, jeudi 15 septembre à 19h 
Aoyama Round Theater, 5-53-1 Jingumae, Shibuyaku, Tokyo 

Plus d'informations sur le site de l'Institut Franco-Japonais
Voir aussi le site du Centre Chorégraphique National de Caen / Basse-Normandie

logofbtokyo
Publié le 12 septembre 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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