Dans les forêts du complexe forestier de l'Ouest thaïlandais, le prédateur le plus connu d'Asie vit dans la plus grande discrétion. Des millions de personnes l’ont en tatouage ou en peinture sur leurs murs. Presque personne n'en a vu un seul à l’état sauvage.


Au Vietnam, au Cambodge, au Laos ou en Chine méridionale, Panthera tigris corbetti a disparu. Braconnage, déforestation, effondrement des proies : la sous-espèce a été effacée de la quasi-totalité de son aire historique. Il reste aujourd'hui entre 179 et 223 individus à l'état sauvage dans le monde. Presque tous vivent en Thaïlande, dans le sanctuaire de faune de Huai Kha Khaeng et les réserves voisines de Thung Yai, classées au patrimoine mondial de l'Unesco.
Plus petit et plus sombre que le tigre du Bengale, il chasse le cerf sambar, le banteng et le gaur, toujours de nuit, sur un territoire qui peut dépasser 260 kilomètres carrés pour un mâle adulte.
En 2007, on n’en comptait que 40 dans la zone. En 2024, entre 179 et 223 sont recensés. Les patrouilles anti-braconnage renforcées à partir de 2012 ont produit une croissance annuelle supérieure à 4% pendant seize ans. Les équipes qui ont longtemps travaillé à sa survie peuvent être fières, la Thaïlande est aujourd'hui le seul pays au monde où des familles de tigres indochinois se reproduisent et s'étendent vers de nouveaux territoires.












