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La Thaïlande veut un centre de réhabilitation par district pour lutter contre la drogue

Le gouvernement thaïlandais veut ouvrir 716 centres de réhabilitation pour les consommateurs de drogue d’ici 2027. Lancé à Udon Thani, le projet mise avant tout sur les communautés locales.

Centre de réhabilitation Thaïlande Centre de réhabilitation Thaïlande
Écrit par Franck STEPLER
Publié le 4 novembre 2026


 

Le gouvernement thaïlandais a donné, mardi 3 novembre 2026, le coup d’envoi officiel du projet « un district, un centre de réhabilitation », pour venir en aide aux consommateurs de drogue. L’ambition affichée : installer 716 centres au niveau des districts, dans les 76 provinces du pays, d’ici la fin de l’année 2027.

Pour le vice-Premier ministre Songsak Thongsri, la drogue est un problème structurel pour le pays, qui appelle une réponse sérieuse, méthodique et portée par les communautés. La meilleure protection de la jeunesse, estime-t-il, passe par des communautés locales solides.

 

Une prise en charge au plus près des habitants

 

Le projet est piloté, nationalement, par le ministère de la Santé publique et le ministère de l’Intérieur. Mais il s’appuie surtout sur les administrations locales, la société civile, les chefs de village et les volontaires de santé villageois. Ce sera à eux de suivre les personnes concernées, au plus près de leur lieu de vie.

Le ministre de la Santé publique, Pattana Promphat, résume l’esprit du programme en expliquant qu’il s’agit de rapprocher du domicile une réhabilitation à la fois physique, mentale et sociale, avec un accès rapide aux soins et sans couper les patients de leur famille.

 

Neuf jours de stage, puis un an de suivi

 

La première phase du programme vise précisément 35.800 usagers de drogue identifiés comme ne comptant pas parmi les plus en danger. En moyenne, 50 participants par district. Le parcours comporte deux étapes :

- Un stage intensif de neuf jours, consacré au développement des compétences et de la qualité de vie, organisé dans des lieux communautaires tels que des écoles ou des sites religieux ;

- Un an de suivi social, avec 24 séances d’accompagnement et de contrôle des progrès, soit deux séances par mois.

Pattana Promphat estime que la réussite de la réhabilitation se mesurera à l’amélioration de la qualité de vie de la personne suivie, à son assiduité et à une baisse durable des rechutes. Le premier objectif est de permettre aux anciens usagers de retrouver toute leur place dans la société.

 

Un modèle qui prolonge les programmes communautaires

 

Selon des chiffres du ministère de la Santé publique, relayés en septembre 2024 par Thai PBS World, la Thaïlande comptait 1,9 million d’usagers de drogues en 2023, dont 38.000 en situation de dépendance grave. Sur les cinq premiers mois de 2024, 83.689 personnes avaient rejoint les programmes communautaires alors en vigueur, dont 54% de leur plein gré ou à la demande de leurs proches. Des données de 2025 évoquent un taux de réussite d’environ 85%. Pourtant, lors du lancement de ce nouveau programme, un chef de sous-district a estimé qu’amener les participants au bout du cursus constituait le plus grand défi. Sans parler des personnes victimes d’addictions lourdes. L’élu a réclamé des centres fermés et la mise en place de campagnes pour favoriser l’emploi des anciens consommateurs de drogue.

Combien des 35.800 premières personnes accompagnées iront au bout du parcours et laisseront la drogue derrière elle ? C’est tout l’enjeu du programme.

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