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À Phuket, 39 commerces à raser à Nui Beach d’ici le 9 juillet

Le 9 juillet 2026, 39 commerces de Nui Beach devront avoir disparu. Passé ce délai, l'État les démolira aux frais de leurs propriétaires.

Nui beach Phuket Nui beach Phuket
Écrit par Baptiste PICOT
Publié le 24 juin 2026


 

Les avis officiels ont été apposés la semaine dernière par des agents du Département royal des forêts sur les structures construites en forêt domaniale, sur la côte sud-ouest de Phuket. Le ministre des Ressources naturelles et de l'Environnement Suchart Chomklin a confirmé mardi 23 juin 2026 que tous les recours déposés par les occupants avaient été rejetés. D’ici le 9 juillet, 39 commerces de Nui Beach, à Phuket, devront avoir disparu. La Cour provinciale et la Cour d'appel de Phuket avaient déjà ordonné l'évacuation des lieux, après des années de procédures initiées à la suite de plaintes de résidents contraints de payer un droit d'entrée pour accéder à une plage publique.

 

Sirinat et Bang Tao : un blocage foncier

 

À Bang Tao Beach, 37 bâtiments sont également visés. Mais leur démolition ne peut pas suivre le même calendrier. Ces structures sont assises sur des parcelles couvertes par des titres fonciers, dont certains documents de type Sor Kor 1 (qui signifie occuper légalement une terre mais non la posséder…) ont pourtant été jugés illégalement appliqués à des terrains dont l’utilisation n’était pas conforme. Suchart Chomklin a indiqué qu'il compilait les arrêts de la Cour suprême correspondants avant de les transmettre au Département des terres pour engager la révocation des titres. Tant que ces titres restent actifs, aucun avis de démolition ne peut être émis. Les autorités s'exposeraient à des poursuites pour dommages à la propriété. Le même blocage vaut pour plusieurs hôtels du parc national de Sirinat, sur la côte nord-ouest de l'île.

 

Menaces, perquisitions, prête-noms

 

Le dossier dépasse le seul droit foncier. Au printemps 2026, Chalermpong Saengdee, député du Parti du peuple pour Phuket, avait alerté les autorités sur des menaces de mort reçues alors qu'il enquêtait sur les empiètements à Freedom Beach. Un suspect connu sous le surnom de Sia Lek a depuis été placé en détention provisoire au tribunal provincial de Phuket. Selon le Bangkok Post, 23 plaintes pénales ont été déposées sur 63 rais (10 hectares) de terrain et 37 titres fonciers couvrant environ 51 rais (8 hectares) ont été saisis lors de perquisitions menées par plus de 200 agents.

Le Premier ministre et ministre de l'Intérieur Anutin Charnvirakul s'était lui-même rendu à Freedom Beach le 13 mai 2026, évoquant des réseaux de prête-noms étrangers auxquels des fonctionnaires locaux auraient prêté main-forte. Ce type d'opération n'est pas sans précédent. lepetitjournal.com avait signalé dès 2014 qu'une campagne similaire, conduite sous la junte, avait contraint les commerces de Surin, Bang Tao et Layan à quitter les plages en trente jours. Les structures avaient en grande partie disparu. Le dossier avait resurgi, sous d'autres formes.

Interrogé sur d'éventuelles pressions d'investisseurs, Suchart Chomklin a répondu : « Il n'y a pas de personnages influents. Personne n'est plus grand que le peuple. » Les titres fonciers de Sirinat, eux, n'ont pas encore été révoqués.

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