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Jean-Paul Civeyrac, de la philosophie au cinéma

Par Anna Antoine | Publié le 12/06/2018 à 07:45 | Mis à jour le 14/06/2018 à 01:28
Sydney Film Festival Australie

Le Sydney Film Festival, qui débute dès la fin du Festival de Cannes, bat son plein depuis une semaine. Jean-Paul Civeryac, réalisateur de “Mes provinciales”, est présent. Il a eu le temps de nous consacrer un moment pour nous parler en profondeur de son film et des valeurs qu’il souhaitait faire passer au travers de ce film très bien accueilli par le public et les professionnels.


En général, les réalisateurs n’aiment pas trop le mot message


Lepetitjournal.com Sydney : Comment êtes-vous devenu réalisateur ?

Jean-Paul Civeryac : “Je voulais faire du cinéma depuis mon adolescence, j’ai fait l’école de cinéma qui s’appelle La Fémis, qui est la grande école publique de cinéma en France, je l’ai faite entre 1987 et 1991. Comme je ne voulais pas faire l’école tout de suite, j’ai fait 4 ans de philosophie. Ensuite, j’ai rencontré un producteur à la sortie de l’école et il a produit mon premier long-métrage en 1996. Mon film de fin d’études à l’école a été sélectionné en compétition à Cannes. Après l’avoir vu, ce producteur m’a demandé d’écrire un long-métrage. Ça a pris quelques années avant que le film se fasse. J’ai donc fait 8 long-métrages avec ce producteur et le dernier film, présent au Sydney Film Festival, a été au final produit par un autre producteur. “


LPJS : Qu’est-ce-qui vous a inspiré le film “Mes provinciales” ?

JPC : “Plusieurs sources d’inspirations, le côté pédagogique, j’ai été moi-même étudiant en cinéma et après mon premier long-métrage, j’ai commencé à enseigner dans les écoles de cinéma. Je connaissais donc bien les étudiants en cinéma, pour l’avoir été mais aussi pour les avoir côtoyés pendant 8 ans à Paris 8. Ce sujet m’est donc familier et je ne connais pas de film qui traite ce sujet. Il m’a semblé intéressant d’en faire un film. Ensuite, je voulais parler d’amitié. J’avais aussi fait des petits films pour un site qui s’appelle blogweb, qui fait partie d’Arte, j’ai produit des esquisses qui m’ont mené à ce projet. C’est un film qui a été tourné très vite et avec très peu d’argent.”


LPJS : Quel message souhaitez-vous faire passer au travers de ce film ?

JPC : “En général, les réalisateurs n’aiment pas trop le mot “message” parce que l’on en fait un tout et on pourrait faire un article ce serait pareil. Évidemment le film parle de quelque chose, il s’incarne dans des acteurs, un style, ce qui fait que c’est ça le plus important. En tout cas, ce qui ressort de ce que j’ai voulu faire ou ce qui ressort des critiques, ce sont deux choses.
La première, je pense que le film montre à l’arrivé que faire du cinéma, ce qu’on appelle en France le cinéma d’auteur, c’est très difficile. Pas seulement d’un point de vue économique mais d’un point de vue intérieur, de ce que ça engage pour un cinéaste dans l’existence. Lorsque l’on fait du cinéma d’auteur, on essaye de faire partager une expérience personnelle au spectateur, c’est-à-dire: “Moi je vois les choses comme ça, qu’en penses-tu ? Est-ce-que tu les vois comme moi ?” Et ça demande d’affiner quelque chose de très personnel. Cela n’est pas facile en étant jeune et je crois que le film montre cela. Le personnage arrive à Paris rempli d’orgueil et il se rend compte qu’il est très fragile au final et doute de sa carrière de cinéaste. Ce que j’aime bien dans le film aussi c’est que même s’il montre la difficulté, c’est grisant, c’est enthousiasmant de faire des films. Ça donne de l’énergie parce que l’enjeu est important. C’est une sorte de paradoxe parce qu’il montre la difficulté mais il montre aussi que c’est super !
Le cinéma n’est pas un loisir ou une façon de gagner de l’argent, c’est une façon de vivre. Le film montre que ce n’est pas un jeu et que c’est quelque chose qui engage toute l’existence.”


LPJS : Avez-vous d’autres tournages en cours et quels sont vos plans pour le futur ?

JPC : “Non, je n’ai pas de tournage en cours, j’ai un long-métrage en projet mais je ne préfère ne rien dire à ce sujet pour l’instant.”

 

Anna Antoine Sydney

Anna Antoine

Anna, globe-trotteuse, a posé ses valises à Sydney en 2016 et se passionne pour la vie d'expatriée française à Sydney.
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