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Et si demain, j'enseignais en Suède ?

Par Betty Mavon | Publié le 18/06/2018 à 07:00 | Mis à jour le 18/06/2018 à 11:41
Photo : Façade du lycée français Saint Louis de Stockholm - Photo: Lycée français de Stockholm, tous droits réservés
enseigner Suède

De nombreuses familles françaises sont expatriées à l'étranger, or qui dit familles dit aussi enfants... Mais comment les professeurs enseignant dans les écoles françaises à l'étranger vivent-ils leur expatriation ? Vous l'aurez compris, cette semaine, c'est au lycée Français Saint Louis et à ses professeurs que la rédaction s'est intéressée. Et pour obtenir une opinion précise sur la question, seul un entretien pouvait nous éclairer.  Ainsi, c'est Grazziela Ceugnart, professeure de français au lycée Saint Louis qui a accepté de répondre à nos questions. 
 

lepetitjournal.com/Stockholm : Pourriez-vous nous parler un peu de votre carrière d'enseignante avant d'arriver en Suède ? 

Grazziela Ceugnart : Je suis professeure de français au lycée Français Saint Louis. J'enseigne depuis 22 ans mais cela fait seulement cinq ans que j'enseigne à l'étranger. En France, j'ai été professeure dans de nombreux établissements. Que ce soit dans des lycées, des collèges, dans des zones sensibles mais aussi dans des endroits plus "ordinaires". 
 

Était-ce votre choix de vous installer en Suède ? Pourquoi ce pays en particulier ? 

Oui, en 2013, c'est moi qui ai demandé de partir parce que c'était une envie, depuis longtemps, et c'est Stockholm qui a retenu la candidature tout simplement par attrait pour les pays scandinaves, la culture et aussi le climat (rires)… Je suis partie dans l'optique que j'allais rester trois ans en Suède avec une possibilité de renouveler le contrat "tacitement", cependant il aurait aussi pu s'arrêter soudainement pour des questions de réduction de postes par exemple. C'était vraiment une opportunité autant sur le plan professionnel que familial. 
 

Selon vous, quelles sont les différences entre l'enseignement dans un établissement en France et en Suède ? 

Tout d'abord, les établissements ne sont pas du tout pilotés de la même façon. En France, ils sont gérés par le rectorat, donc par une administration, tandis que les établissements à l'étranger sont gérés par le conseil d'administration. De plus, d'un point de vue pédagogique, le rapport à la langue est assez différent puisqu'il y a des élèves qui ne sont pas forcément francophones, on ne fait pas les mêmes choix. Enfin, enseigner à l'étranger permet aussi de travailler au niveau collège et lycée, ce qui est rarement le cas en France. 
 

L'un de ces deux cadres d'enseignement vous plait-il plus que l'autre ?  

Oui clairement, je préfère l'enseignement à l'étranger pour la diversité des élèves, la possibilité aussi d'avoir une grande diversité de niveaux et finalement pour l'importance des choix que l'on doit faire : il ne faut pas laisser passer les opportunités d'assister à une pièce de théâtre ou de rencontrer un écrivain. 
 

Ecole Primaire Suède Classe
Une salle de classe en Suède - Photo : Ann-Sofi Rosenkvist/imagebank.sweden.se


De quelle façon le fait d'être en Suède a-t-il influencé votre enseignement ? Qu'est-ce que cette expérience vous a apporté ? 

Déjà, être en Suède m'a influencée dans les liens que j'ai avec les élèves. On est dans une forme de communauté, ce qui rend ce rapport plus facile mais aussi plus fort d'une certaine manière. Être en Suède m'a aussi influencée dans ma façon d'enseigner le français, puisqu'il faut prendre en considération ceux qui ne sont pas francophones. En outre, il y a l'enseignement du français en langue étrangère qui intervient en Suède contrairement à la France, et c'est là aussi une autre manière d'aborder la langue. Donc évidemment à mon retour en France, je verrai mon enseignement d'une autre manière sur le plan des liens avec les élèves et sur les dispositifs mis en place pour aider les élèves qui sont quand même plus conséquents en Suède qu'en France. 
 

Êtes-vous déjà allée enseigner dans un autre endroit que la France et la Suède ?  

Non, mais cette escapade en Suède a suscité des envies d'aller enseigner ailleurs, pas forcément dans des pays scandinaves mais en Italie par exemple ou au Canada. Cependant, les procédures deviennent compliquées et les chances de partir sont minces. Si je peux donner un conseil à tout autre professeur, c'est d'enseigner à l'étranger. Néanmoins, je conseillerai aussi à un professeur de l'étranger d'enseigner en France, parce que je pense qu'il faut faire les deux et ne pas oublier d'où l'on vient et ce pourquoi on a passé un concours. 
 

Quels sont vos projets à l'avenir ? Quelle serait votre réaction si on vous disait maintenant que vous retourniez en France pour enseigner ? 

À la fois, j'ai très envie de voir autre chose mais en même temps quand on est bien en Suède c'est très difficile de partir, donc il y a ces deux projets possibles mais pas pour tout de suite. Et si je devais retourner là maintenant en France ce serait quand même un grand déchirement, parce que je ne pense pas avoir tout découvert ici et que les conditions d'enseignement sont très agréables, le cadre de vie est formidable ainsi que les classes qui sont "faciles" et agréables. 

 

Betty Mavon, 18 juin 2018 

Fiche Auteure Betty Petit Journal

Betty Mavon

Betty est une élève en classe de seconde au Lycée français Saint Louis de Stockholm.
1 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

Franzosen ven 19/10/2018 - 10:55

Est-ce que l´on sait à Stockholm qu´il y a une autre école francaise," Franska Skolan " à Döbelnsgatan,une rue paralléle avec Sveavägen et juste à côté du cimetière Sankt Johannes. Cette école a été fondée par des religieuses francaises de l´ordre de Saint Joseph qui a sa maison mère à Chambéry en France. Au début ,cette école était une école religieuse pour les filles et avec le temps,elle est devenue laïque. Me Même si je ne suis de Stockholm,je l´ai connue du temps de ces religieuses comme soeur Camille Lebon de Dunkerque qui se nommait soeur Pia pour les Suédois,soeur Madeleine Sirentoine qui a enseigné aux soeurs du roi,Carl Gustave XVI,,et bons nombres d´autres soeurs dont j´ai oublié le nom. Par la suite,j´ai eu d´anciens de mes élèves de mes cours de francais,des Suédois, qui sont devenus professeurs dans cette école. J´ai même rencontré une directrice de cette école,une Suédoise ,qui a été pendant longtemps professeur de suédois au lycée internationale de Saint Germain en l´Haye,prés de Paris et qui est de nos jours la présidente de l´Alliance francaise de Stockholm.Le directeur actuel de cette école,un Suédois n´est malheureusement pas de langue francaise. En 2017,sur la chaîne francophone TV 5 Monde,cette école a été visionnée en même temps qu´une école à Uppsala et à Östersund avec l´alliance francaise d´Östersund ,pour la francophonie. Comme je suis en Jämtland,un département/comté de Suède,le 3 ème par sa superficie,je voudrais que cette province est devenue suédoise en 1645,á part entière,grâce à un médiateur francais ,Gaspard Coignet de la Tuillerie,un diplomate ,sinon,cette province serait restée une partie de la Norvège et du Danemark.

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