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PORTRAIT – Mathieu Fleisch chez Air France-KLM

Par Lepetitjournal Stockholm | Publié le 02/03/2016 à 22:30 | Mis à jour le 19/05/2016 à 13:20

Mathieu Fleisch, Directeur commercial d'Air France-KLM délégation Scandinavie et pays baltes, a accueilli lepetitjournal.com/stockholm dans les locaux flambants neufs d'Air France-KLM à Solna, où la compagnie aérienne vient d'emménager.

Mathieu, pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre travail en Suède ?

Après une école d'ingénieur en France, j'ai passé ma dernière année de formation en Allemagne avant d'intégrer le groupe Air France KLM en 2005. J'ai débuté à Paris avec trois ans à la direction du Programme (direction où l'on s'occupe de la programmation des horaires des avions et des flottes sur plusieurs années, ndlr), puis vécu une première expatriation aux Pays-Bas chez KLM pendant deux ans. Je suis finalement rentré en France pendant trois ans et depuis avril 2014, je suis directeur commercial à Stockholm.

Air France en Suède et dans les pays nordiques, qu'est-ce que cela représente ?

Notre bureau Air France-KLM de Stockholm couvre toute la zone nordique ainsi que les pays baltes.  Le groupe accueille, dans cette zone, près de 13 500 passagers par jour, et dessert 14 escales. Nous tenons compte des pôles de développement économique entre les différents pays et opérons, par exemple, une liaison directe entre Göteborg et Lyon.

Quelle est l'image de la compagnie en Suède et dans les pays nordiques ?

Le voyage occupe une place importante dans la vie des Scandinaves, qui effectuent en moyenne plus d'un vol long-courrier par an, un record en Europe et une opportunité pour notre groupe via son réseau mondial. La ponctualité est aussi un facteur clé ; KLM a été élue la compagnie aérienne européenne la plus ponctuelle en 2014 par Flightstats, et Air France a fait de gros efforts sur cet aspect. Sa stratégie s'oriente également vers la montée en gamme de ses offres, en mettant l'accent sur l'autonomie (via internet), la flexibilité (changement de billets) et, plus généralement, la qualité des services offerts au client (répartition des horaires, prestation a bord etc.). Mais il est parfois difficile de communiquer sur nos « plus », car les réservations (nombreuses) sur les plates-formes de billetterie en ligne ne permettent pas toujours de mettre en avant  les avantages spécifiques de nos offres.

Comment vivez-vous, dans votre travail quotidien, le mélange des cultures nordique et française ?

Je trouve qu'ici, mon travail relève plus du « coach » que du patron au sens traditionnel du terme. En fait, j'essaye, au quotidien, d'aider le personnel à accomplir ses tâches au mieux. On n'attend pas de moi une approche « top down » : iI faut d'abord savoir convaincre ses collègues que la décision proposée est la bonne, ce qui passe par un travail assez collaboratif et consensuel. Cela m'oblige aussi à être très clair sur les objectifs et le travail de chacun.

L'encadrement en Suède nécessite peut-être encore plus de tact et d'empathie qu'en France, dans la mesure où les rapports humains se dévoilent et s'expriment moins facilement. Ici, je travaille davantage sur des questions comme « Comment vais-je communiquer ? », « Comment vais-je réussir à impliquer les équipes dans les projets ? ».

Prenons un exemple concret : l'aménagement de nos nouveaux locaux. Chacun peut s'installer où il le souhaite en fonction de son travail quotidien. C'était une opération collective, et nous avons séparé l'équipe en trois groupes projets : un groupe était responsable de l'aménagement physique des locaux, un autre du volet IT et un troisième des règles de vie. C'est finalement la partie règles de vie qui a nécessité le plus de temps et de réflexion. Aujourd'hui, l'équipe semble satisfaite et nous comptons faire des sondages, régulièrement, pour évaluer le degré de satisfaction du personnel. Après 6 mois environ, ce nouvel espace a permis aux uns et aux autres de travailler sans distinction de métiers (le service RH travaille côte à côte avec le service Achats) ou de hiérarchie (pas de bureaux spécifiques pour les dirigeants). Deux « idées-forces » animent maintenant le bureau : l'appropriation des sujets (ownership) et la capacité à se remettre régulièrement en question dans son travail (agility). C'est une première pour le groupe, et c'est clairement un « plus » issu de notre expérience suédoise.

Pour finir : trois idées ou expériences issues du modèle nordique que vous aimeriez importer en France ?

Je trouve vraiment formidable que l'on insiste beaucoup sur l'ergonomie, la qualité de vie au travail et le bien-être du personnel. Je trouve aussi que « tout roule » ici : les gens sont pragmatiques, il y a un bon équilibre entre contrôle et efficacité. Enfin, le développement des services IT facilite beaucoup la vie : payer ses factures ou son parking par téléphone portable, par exemple, deviennent des opérations simples, rapides et naturelles.

Delphine MIQUEL DUTHILLEUL lepetitjournal.com/stockholm Jeudi 3 mars 2016

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