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BOURSE DE STOCKHOLM – Faut-il jouer la bonne santé de l'économie suédoise ?

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Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 février 2018

 

Chaque mois, lepetitjournal.com/stockholm consacre un article à la santé de la bourse suédoise. Aujourd’hui, petite introduction pour les novices de l’OMX 30 !

Wall Street, une énorme poupée russe

Même si la Suède fait figure de bonne élève dans la matière « croissance du PIB » (avec une note de 3% de croissance pour les prévisions 2016), rien ne garantit que les valeurs des sociétés cotées sur l'OMX 30 (sorte de CAC40 suédois) croissent pour taquiner des sommets. En effet, les valeurs suédoises ne s'affranchissent pas de considérations qui régissent tous les marchés boursiers de la planète. L'évolution d'un cours de bourse dépend davantage d'un sentiment de confiance générale des investisseurs que d'une situation particulière d'un secteur économique ou d'une société. Hormis quelques rares cas, le cours de bourse d'une société est donc lié à un ensemble qu'on pourrait illustrer par des poupées russes.

La plus grosse des poupées, celle qui contient toutes les autres, serait celle de l'économie mondiale. La Suède n'échappe pas à la mondialisation, et les plus grosses sociétés suédoises se sont développées à l'international. Le symbole de la mondialisation, c'est Wall Street.  Comment va l'Amérique ? Quand Wall Street va, tout va ! Wall Street et ses fonds de pension qui ont des intérêts dans le monde entier, Wall Street et ses yoyos (le Dow Jones, le NASDAQ), deux indices boursiers qui regroupent ce qui se fait de mieux en matière de capitalisme (Apple, Mc Donald’s, Google, etc.). La plus grosse des poupées russes, c'est donc Wall Street.

Feuille de température

À l'intérieur de cette grosse poupée, la poupée suédoise. Même si la Bourse d'un pays n'est pas l'économie d'un pays, elle en donne le pouls. Une courbe en feuille de température nous donne une idée de la bonne santé globale du fleuron des sociétés d'un pays. Nous avons vu récemment que c'est l'OMX30 qui fait office de baromètre (ou de feuille de température) : l'OMX30 Stockholm, ce sont les 30 plus grosses sociétés suédoises cotées en Bourse. Le cours de bourse de l'OMX30 qui servira à établir la feuille de température est la moyenne pondérée des cours de ces 30 sociétés. Certaines sociétés pèsent davantage dans le calcul que d'autres ; c'est le cas d'Ericsson (télécommunications), société bien connue des Français, mais on peut en citer d'autres comme  Hennes et Mauritz (distribution), Nordea (banque) ou encore TeliaSonera (opérateur télécom). D'autres sociétés bien connues figurent dans cet indice, notamment les deux constructeurs automobiles Scania et Volvo, mais pour une pondération moindre. La seconde poupée russe, c'est donc l'OMX30 de Stockholm.

Rarement hors-secteur

Une fois considérée l'économie mondiale dans sa globalité, l'économie suédoise dans sa globalité, tout cela à travers les feuilles de température que sont les indices américains (Dow Jones et Nasdaq) et suédois (OMX30 Stockholm), on peut s'intéresser à la troisième poupée russe qui est celle d'un secteur économique. Il n'est pas complètement rare que cette poupée quitte le cocon des deux autres pour vivre sa vie, temporairement. C'est le cas d'un secteur comme celui des matières premières. Ce secteur va davantage dépendre du cours du pétrole, par exemple, que du reste des autres indices. Mais hormis ce secteur, la plupart des autres secteurs va suivre la tendance globale, et va donc évoluer dans le même sens que ses grandes sœurs.

Last but not least

Une fois considéré l'état de forme des trois précédentes poupées russes, il est temps de passer à la quatrième : la société par elle-même. Comment va Scania ? Comment va Volvo ? Si elles dépendent la plupart du temps de l'état des trois autres, les sociétés ont leur vie propre. Elles s'agitent autour de résultats publiés souvent trimestriellement : le chiffre d'affaires, le bénéfice par action, et surtout les prévisions des deux. Pour une partie, parfois importante, les cours des sociétés dépendent de ces chiffres. Mais à la vérité, bien peu s'affranchissent complètement d'une tendance générale imprimée par les trois autres poupées, et dans le cas de bouleversements ponctuels (un krach boursier), toutes fileront à la cave et verront leur feuille de température mettre cap au sud.

Le mois prochain, nous détaillerons les secteurs et les sociétés suédoises qui peuvent espérer tirer – le moins mal possible – leur épingle du jeu.  

Petit lexique boursier

Action : part d'une société. Le capital d'une société est fait de parts, ces parts s'appellent des actions. Autre nom d'une action : la valeur, le titre.

Cotation : valeur – exprimée en monnaie du pays – d'une action d'une société à un moment donné. Autre nom : le cours de bourse, le prix de l'action.

Bourse : lieu de cotation pour les actions

Indice : ensemble pondéré des cours des sociétés les plus importantes d'un secteur économique ou d'un pays

Wall Street : nom de la bourse de New York. Lieu de cotation des plus grosses sociétés américaines.

Dow Jones : indice des principales valeurs américaines

Nasdaq : indice des valeurs technologiques américaines

OMX30 Stockholm : indice des 30 plus grosses sociétés suédoises

Krach : chute des cours. Il n'y a pas de nom spécifique pour une montée des cours : envolée, embellie et d'autres termes servent à qualifier une hausse

Chiffres d'affaires : montant brut des ventes d'une société

Bénéfice par action : montant du bénéfice net ramené à une part, à une action de la société. On parlera souvent de PER (price earning ratio) pour désigner ce bénéfice par action ou plus actuellement de P/E (cotation, cours, prix de l'action/bénéfice ramené à cette action)

 

Daniel PERTUY lepetitjournal.com/stockholm Mardi 6 octobre 2015

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