

Dansmuseet, soit le musée de la danse de Stockholm, propose une rétrospective riche et pédagogique autour du jazz, de la grande Joséphine Baker dans la « Revue nègre » et du Paris des années 20. L'occasion de découvrir les nouveaux locaux de cette institution à la programmation enthousiasmante?
« Noir & Blanc » s'articule autour de l'influence artistique retentissante exercée par les artistes afro-américains réfugiés en Europe et plus particulièrement à Paris dans l'entre-deux-guerres. La capitale était le carrefour de toutes les avant-gardes, le lieu d'une révolution culturelle et sociale, là où se jouaient les prémices de la libération sexuelle pour les femmes. La France représentait la liberté et l'ouverture intellectuelle au sein de laquelle tout art moderne pouvait se développer : l'Art déco, le cubisme en peinture, le cinéma avec Méliès, la musique avec le jazz et la danse avec le corps libéré de Joséphine Baker.

Bien avant que les partisans du modernisme, empreints du colonialisme ambiant, ne récupèrent les lignes artistiques de l'art primitif africain, l'art nègre et les artistes noirs avaient déjà commencé à investir les music-halls de la capitale. Le Théâtre des Champs-Élysées décide ainsi d'accueillir la « Fête nègre » que le marchand d'art Paul Guillaume organise à l'occasion de son exposition sur l'art nègre et océanien.
Joséphine Baker y est sacrée star en une nuit et symbolise alors la libération sexuelle qui exalte le Tout-Paris. Excellente danseuse, spécialisée en pas de danse comiques comme le « cake-walk », elle ose se produire sur scène seins nus et hanches ornées de plumes ou de bananes, comme nous le rappelle les nombreux extraits de films présentés dans l'exposition.
De la danse mais pas uniquement
L'exposition n'oublie pas l'héritage et l'importance des arts nègres dans les autres domaines artistiques. C'est l'occasion d'admirer Kiki de Montparnasse posant pour Man Ray avec un masque africain pour sa célèbre photographie « Noire et Blanche ». Ou encore de découvrir le talent d'affichiste de Paul Colin, d'apprécier les lumineuses couleurs et les lignes inspirées des décors que Fernand Léger réalisa en 1923 pour le spectacle « La création du monde », premier « ballet nègre ». Des costumes de cake-walk et des robes charleston style Paul Poiret sont également exposés de même qu'un exemplaire de la fameuse brillantine Bakerfix dont était friande Joséphine Baker.
Avec cette exposition, Dansmuseet évoque l'insouciance des années folles comme une parenthèse enchantée entre les deux guerres.
Informations pratiques
« Noir & Blanc » au Dansmuseet, jusqu'au 5 mars 2017
Où : Dansmuseet, Drottninggatan 17, 111 51 Stockholm
Horaires d'ouverture : du mardi au dimanche de 11h à 17h, du samedi au dimanche de 12h à 16h, fermé le lundi
Tarifs : 70 kr plein tarif, gratuit pour les moins de 18 ans
Crédits photo : ©The Laurent Teboul & Nathalie Elmaleh Collection, Paris.
Sylvie HERMODSSON lepetitjournal.com/stockholm Lundi 28 novembre 2016
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