Cela fait 27 étés que Maria Llerena, chanteuse, danseuse et artiste née à Cuba, s'installe sur la terrasse de Mosebacke afin de dispenser ses cours de Babysalsarytmik (de 0 à 3 ans). Mélanger les rythmes latinos, africains et cubains et les chansons suédoises ? Voilà qui a éveillé ma curiosité.
« On va transpirer », oui, même avant de commencer
Premier conseil : bien préparer sa rando, pardon son chemin, jusqu'à Mosebacke Terrassen. Sa face Nord-Nord-Est n'est accessible que par un interminable escalier dépourvu de rails pour poussette. Au Sud-Est le chemin est parsemé de pavés ou plutôt de gros galets, nécessitant une PTT (poussette tout terrain). Arriver par la Mosebacke Torg est la seule option raisonnable, mais il y a encore quelques marches à gravir pour accéder à la terrasse.
Privilégiez donc le porte-bébé ou un enfant qui marche, qui tient la main et qui suit (si un tel être existe). Néanmoins ne désespérez pas si vous êtes un peu en retard car ce n'est pas une Suédoise qui mène la danse, donc le cours ne débute pas à 12h55 mais plutôt à 13h05, voire 13h10. Pile le temps qu'il vous faut pour chercher frénétiquement un billet de 100kr dans votre portefeuille (c'est l'inconvénient d'habiter dans un pays où la monnaie est en voie de disparition).
Une fois le billet échangé contre un petit ticket, Maria Llerena nous avertit : « On va transpirer comme à Cuba. » Après un tel échauffement et sous le soleil rasant de Stockholm, cela ne devrait pas être long.
Chanter, danser et se courir après
On place les poussettes en cercle autour de la scène, afin de délimiter l'espace, et on s'installe autour de deux grands tapis bleus où poser les enfants quand ils deviennent trop lourds ou trop remuants. Sur les tapis, de petits tambours sont là pour occuper ceux qui ne veulent pas danser. Cependant ils finissent plus souvent à la bouche, jetés ou empilés que battus !
Le but n'est pas de les forcer à danser ou à taper des mains en rythme, mais de leur montrer qu'on s'éclate nous-même tellement qu'il leur faut en faire autant. C'est sans compter sur les autres sources potentielles de stimulation : jouer avec la barrière en plastique, courir autour du bar, aller visiter les toilettes, faire la causette aux gens venus boire un verre. Il faudra être patient si votre enfant n'est pas du genre à rester en place.
Rythmes lents et rapides se succèdent. Les pas de danse s'enchaînent, heureusement très simples car en plus de danser et de chanter, on doit souvent porter bébé. L'objectif est de lui faire ressentir le mouvement, le rythme de la musique, le son de notre voix, ce que tous les enfants apprécient, car ils sont indulgents. En revanche les gens venus déjeuner l'étaient moins : à voir leur tête, nous ressemblions davantage à une tribu de peaux-rouges dansant autour du totem.
??Le répertoire
Le totem c'est la conga, qui accompagne à merveille la voix de Maria, chaude, profonde et enjouée. L'originalité est dans la composition et le choix des chansons : l'artiste sélectionne des chansons d'Amérique Latine et des Caraïbes qui ont le même rythme que des chansons pour enfants suédoises et mélange les deux. Incroyable mais vrai, « Bä bä vita lamm » devient une salsa et « Små grödorna » se transforme en cha-cha-cha, beaucoup moins ridicule à danser que la version originale !
On débute souvent en espagnol puis on passe au suédois, comme avec la chanson d'Evert Taube « Tamborito i Panama », qui est devenu un classique à la maison. Oui, à la maison, car on peut également acheté le CD « Barn & Baby Salsa Rytmik » à la fin de la séance (100kr).
Autre épreuve de chant, le tour de table, enfin de tapis, niveau première semaine de SFI, ou A1 : « Jennifer heter jag... Arthur heter han ». À vous de jouer ! Nous finissons par une ronde récapitulant tout ce que nous avons appris, puis avec la fameuse chanson qui sert à clore toutes les activités avec les petits, « Nu är det slut för idag ». Avant de partir, Maria vient parler à chaque enfant et on remarque qu'elle les a bien observés : « Alors, c'était rigolo de jouer des maracas dans la poussette ? ».
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Informations pratiques Où : à Mosebacketerrassen, sur Mosebacke torg, métro Slussen, Stockholm. Horaires : Chaque lundi et mercredi de 13h à 13h45, du 18 mai à fin septembre, sauf les 6, 20 et 22 juin. Drop-in, pas de réservation possible. Maria sera présente au Kulturfestival le 18 août à midi. Tarifs : 100kr par famille (2 adultes + 1 enfant ou 1 adulte + 2 enfants), pas de paiement par carte. Carte (non nominative) pour 10 cours : 800kr Site Officiel : Maria Llerena |
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Jennifer DUPUY (texte et photos) lepetitjournal.com/stockholm Mercredi 1er juin 2016










