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CIRQUE — « Capilotractées » : des Finlandaises qui décoiffent

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Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 mai 2016

 

« Désolée, on sent l'ail », nous lancent-t-elles en se massant le crâne après une démonstration peu frileuse à Kungsträdgården. C'est que les deux Finlandaises derrière le spectacle de cirque « Capilotractées » n'ont pas froid aux yeux mais un peu mal aux cheveux. De passage à Stockholm pour présenter leur spectacle poétique et déjanté, elles nous ont raconté leur folle épopée.

Toutes deux acrobates et finlandaises, Sanja Kosonen et Elice Abonce Muhonen ont fait leurs classes en France avant de se lancer bille en tête dans un projet fou, basé sur les rêveries d'enfance de Sanja. À voir des acrobates se pendre par les cheveux à des anneaux de cirque, elle en fait un spectacle avec son acolyte pas peureuse pour un sou. Les longs cheveux du duo commencent à sillonner le globe et c'est après plus de 80 représentations que les jeunes femmes viennent saluer la Suède.

 

Trois questions à Sanja Kosonen et Elice Abonce Muhonen

Comment l'aventure a t-elle débutée ?

Elice : Nous nous sommes rencontrées en 2005 en France, lors de nos études au Centre national des arts du cirque (CNAC) à Châlons-en-Champagne. Ensuite, nous avons travaillé pour des compagnies de cirque différentes mais nous sommes toujours restées proches. Un jour, j'ai demandé à Sanja si elle voulait que nous montions un spectacle ensemble. 

Sanja : Étant donné que la spécialité d'Elise est le trapèze et moi le fil, je lui ai d'abord répondu que je ne voyais pas vraiment ce que nous pouvions imaginer. Puis j'ai pensé que la solution était peut-être de faire quelque chose de complètement différent, comme se suspendre par les cheveux. 

D'où vous est venue cette idée plutôt farfelue ?

Elice et Sanja : C'est une discipline ancienne dont on ne connait pas l'origine mais qui est très populaire en Asie et regagne du terrain aujourd'hui, notamment en Amérique du Sud et aux États-Unis. Traditionnellement, il s'agissait d'un art qui restait dans les familles et se transmettait de mère en fille ; c'est pourquoi nous avons peiné à trouver des personnes pour nous l'enseigner. Petit à petit, nous avons recueilli des conseils à droite à gauche et nous avons trouvé notre propre manière de fonctionner après deux ans d'entraînement. 

Nous refusons toute photo ou vidéo du spectacle pour éviter que le public sache à quoi s'attendre et pour qu'il se laisse surprendre. Aujourd'hui, il n'y a plus de surprise avec internet et les réseaux sociaux? alors que c'était la grande magie du cirque d'antan : avoir des numéros exceptionnels pour lesquels il fallait faire le déplacement.

La discipline semble relativement douloureuse : que ressentez-vous, accrochées là-haut ? 

Elice et Sanja : Tout dépend de la qualité de la coiffure. Nous nous préparons trois heures à l'avance pour chaque représentation. Ensuite, c'est une question d'entrainement. Les premières fois que nous nous sommes suspendues, nous n'avons tenu que quelques secondes. D'ailleurs, nous avons eu un peu peur au début, car la nuque faisait des bruits étranges. Nous avons donc procédé de façon progressive afin d'habituer le corps et de renforcer les muscles du cou. Malgré tout, nous n'avons jamais perdu espoir et de fil en aiguille, nous sommes parvenues à rester suspendues bien plus longtemps. Cela dit, rien n'aurait été possible si nous ne nous étions pas soutenues mutuellement.

Quand on est suspendues, avec l'adrénaline, on ne ressent parfois plus la douleur.

                                                                     Informations pratiques

Où : Hangaren Subtopia, Botkyrka / Un bus vous conduit directement au spectacle depuis T-Centralen (60 Kr) ; plus d'infos ici.

Quand : 9 et 10 avril à 16h

Tarifs : 320 kr ; 230 kr en tarif réduit pour les moins de 26 ans, les étudiants et les retraités. 

Site Subtopia.se

À noter que le spectacle sera présent à Göteborg, au Stora Teatern, les 22 et 23 avril 2016.

 

Crédits photos : Pauline Aussibal (couverture) Sébastien Armengol 

Fanny MARÉCHAL et Laura PERTUY lepetitjournal.com/stockholm Jeudi 7 avril 2016

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