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SHANGRI-LA - La question du bonheur et de l’harmonie avec soi-même

Par Annig Huchet | Publié le 19/03/2019 à 14:30 | Mis à jour le 19/03/2019 à 14:30
Photo : Lever de soleil sur l'Himalaya
Lever de soleil sur l'Himalaya

Après la lettre de la Présidente des Amis du Musée (FOM) dans la revue Passage de mars 2019, où est mentionné l’existence du « gross national happiness » au Bhoutan ou « mesure du bonheur des citoyens bhoutanais », un article fort intéressant du Straits Times du 11 mars 2019 fait état de la volonté de deux Singapouriens, Simon Leow et Sherman Ho, de promouvoir joie et bien-être à travers le « happiness film festival », le premier du genre.

C’est l’occasion de se pencher sur les notions de bonheur et harmonie, symbolisées par le Shangri-La. Un mot magique sans signification très précise, dont on se demande si un lieu de ce nom - où représentant l’idée que l’on s’en fait - existe. Et si oui, à quel endroit ?

 

Evocation dans le livre « Lost Horizon » de James Hilton

L’idée de Shangri-La (ou paradis, ou nirvana, ou Arcadie) se répandit chez un public avide et curieux, après la parution du livre « Lost horizon » en 1933, de l’Anglais James Hilton. Le succès du livre fut foudroyant et international. Un film américain fut immédiatement adapté de cette œuvre. James Hilton connut la célébrité et, changeant de vie, s’installa à Los Angeles, où il se mit à écrire pour le cinéma.

Dans le livre « Lost Horizon », un petit avion de tourisme s’égare et atterrit au milieu de l’Himalaya avec une poignée de passagers. La plupart d’entre eux s’acclimatent à leur nouveau mode de vie, l’apprécient même et trouvent une « raison de vivre » dans la vie communautaire au sein d’un monastère tibétain, donc bouddhiste, où ils trouvent joie et paix. Chacun va toutefois agir différemment lorsqu’il apprendra que le hasard qui les a conduits dans cette retraite de rêve était en réalité un complot.

Pour quelles raisons ce thème d’un éden qui n’existe pas eut-il un tel succès ? L’être humain, malgré sa recherche grandissante de paradis artificiels et matérialistes, nous démontre à cette occasion que le rêve fait lui aussi partie de notre vie…

 

Allusions dans des textes religieux tibétains

Il est intéressant de noter que l’on peut trouver des traces du « Shangri-La » bien avant la parution du roman de James Hilton, mais justement dans la même région géographique que celle où se passe l’action de l’œuvre; dans les montagnes de l’Himalaya. En effet, on peut trouver des allusions à ce lieu mythique, ce paradis légendaire, cet éden de douceur et de bien-être, dans des textes religieux tibétains. Des écrits provenant de réflexions bouddhistes de moines tibétains font état d’un paradis, une vallée coupée du monde, entourée de pics enneigés : il s’agit du « Shambala ». Ce Shambala, ou Shangri-La y est décrit comme un lieu isolé de tout, au milieu des montagnes, une sorte de royaume perdu… Ce lieu pourrait se trouver au Bhoutan qui remplit tous les critères inhérents à ce paradis…

 

Création de toutes pièces par les Chinois

Les Chinois ne s’y sont pas trompés et, grâce à eux, le Shangri La existe réellement! (mais depuis peu) En effet, obéissant à un phénomène de mode, au développement du tourisme en Chine et au goût des voyageurs pour les nouvelles destinations, ils ont tout simplement choisi Zongdian, dans le Kham, région scénique proche de la plaine himalayenne, propice à attirer les touristes curieux - mais attachés aux conditions de luxe - et l’ont nommé Shangri-La, nom donné d’abord en 2001, puis officiellement en 2014.

L’Himalaya n’avait attiré jusqu’à présent que les visiteurs en quête de « vraies » aventures et peu attachés au confort (donc peu nombreux) et d’autre part notre civilisation actuelle fait que le voyageur cherche toujours plus, plus loin, plus beau, plus exotique et… plus luxueux. (on pense à l’engouement actuel pour les croisières en Antarctique)

Vous pouvez donc aujourd’hui visiter le Shangri La et y séjourner en toute quiétude… Il vous suffit de prendre un vol d’une grande ville chinoise pour Diging à l’extrême Nord Ouest du Yunnan (il s’agit d’une préfecture autonome tibétaine.) Dirigez-vous ensuite vers Xianggelita. Une partie de l’ancienne ville de DuzeKong a disparu malheureusement en janvier 1914 dans un incendie. Elle datait, dit-on, de 1300 ans. Cette partie de la ville fut (très rapidement) « recréée ». De cet endroit, vous êtes à quelques jours du véritable Tibet.

Vous avez atteint les 3000 mètres d’altitude, vous êtes environnés de montagnes enneigées encore plus hautes. Vous avez à portée de main un véritable village tibétain, des habitants habillés en tibétains, un monastère tibétain appelé le « petit Potala ». Dans votre superbe hôtel, votre chambre est meublée « à la tibétaine »,  on vous sert des « momos » (sorte de raviolis fourrés à la viande) pour le petit déjeuner et chaque soir, à l’heure du dîner, vous pouvez assister à des danses folkloriques tibétaines…, un paradis ! Bien sûr, vous pouvez profiter d’un paysage d’une beauté exceptionnelle, puisque vous êtes au cœur d’un parc national (Le Shangri La ?)

 

Pour revenir au terme de « Shambala » (qui signifie «  paradis du bouddhisme tibétain ») et Shangri La (qui vient de « Shang », montagne et de « La » passe ou col ), il semble bien que ces lieux ont pu appartenir à un endroit géographique précis, Ngari, ou « Kun Lun » montagne sacrée selon les écritures bouddhiques ancestrales. Si la chance vous sourit et si vous découvrez un jour dans l’Himalaya un bel endroit où vous vous sentez en harmonie avec la nature, ne vous posez plus de questions : VOUS Y ETES ! En effet, les Tibétains assurent que le fait de chercher le paradis « ailleurs » empêche de le trouver…

 

 

Annig Huchet

Annig Huchet

Après une trentaine d'années dans le commerce d’antiquités asiatiques à Singapour, Annig s'occupe de conseil et d'expertise dans ce domaine. Ses très nombreux voyages dans toute l’Asie lui sont une source d'inspiration pour ses écrits et ses conférences.
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