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EXPATRIATION - Un guide des CCE pour l'Emploi des Français en Asie du Sud-Est

Par Bertrand Fouquoire | Publié le 20/10/2014 à 14:10 | Mis à jour le 20/10/2014 à 14:12

Jean-Michel Severyns, avec Valérie Bonin et le support du réseau des conseillers du commerce extérieur en ASEAN, vient de publier une étude sur "les Français face au marché de l'emploi en Asie du Sud-Est". Une analyse des réalités de l'emploi, faite par des hommes de terrain, pour guider les Français, jeunes ou expérimentés, dans la préparation et dans la mise en oeuvre de leur projet.

Longtemps terre d'élection des "expatriés", salariés envoyés sur place par leur entreprise, package idoine compris, Singapour attire de plus en plus de Français, jeunes ou moins jeunes, qui au sortir des études ou en milieu de carrière, attirés par les promesses d'une Asie autrement plus dynamique que l'Europe, arrivent sur place, parfois en famille, avec l'idée d'y trouver un emploi ou d'y créer son entreprise.
Comment faire pour les aider à faire les meilleurs choix d'implantation ? Comment réduire au maximum les risques de désillusion pour ceux et celles qui sont le moins bien préparés ou le moins disposés à l'expatriation ? Comment encourager les autres et les soutenir efficacement dans la mise en ?uvre de leur recherche d'emploi ou de création d'entreprise en Asie du Sud-Est ?

Souvent en première ligne auprès des nouveaux arrivants, les Conseillers du Commerce Extérieur* souhaitaient aller au-delà de l'accompagnement individuel et surtout intervenir en amont pour prévenir les situations difficiles dont ils ont le sentiment d'être trop régulièrement les témoins. L'étude coordonnée par Jean-Michel Severyns et Valérie Bonin, de la section CCE de Singapour, avec la coopération des sections d'Indonésie, de Malaisie, des Philippines, de Thailande et du Vietnam, est le résultat de cette démarche : un dossier complet sur le marché de l'emploi pour les Français dans 6 pays de l'ASEAN.

Le constat, explique Jean-Michel Severyns, est d'abord statistique. Le nombre des Français qui s'installent à Singapour a connu une véritable explosion depuis 2006 et surtout à partir de 2010. Leur nombre, qui était longtemps resté stable autour de 4.000, a bondi à plus de 11.000 sur les seuls registres du consulat aujourd'hui, soit probablement de l'ordre de 20.000 dans la réalité. "Il y a dans cette progression, souligne-t-il, quelque chose qui ne va pas, qui n'est pas en ligne avec le poids économique de la France et des entreprises françaises à Singapour, même si les opportunités d'emploi ne se limitent pas à ces dernières. Quels emplois ces Français qui s'installent à Singapour trouvent-ils in fine ? Singapour se vend bien, parfois se 'survend' trop bien. Beaucoup arrivent portés par des compte rendus illusoires d'un eldorado. Un certain nombre d'entre eux rebroussent chemin quelques mois plus tard". "Quand on est jeune et célibataire, poursuit-il, ce n'est pas grave. Quand on est plus avancé dans la vie, qu'on est venu en famille, parfois en puisant dans ses économies, les conséquences peuvent être plus douloureuses. Les conseillers du commerce extérieur en sont régulièrement les témoins".

Penser à Singapour, mais aussi aux autres pays de la région

L'étude met en avant deux idées fortes. La première est que la région de l'Asie du Sud-Est est riche d'opportunités et que ceux et celles qui sont tentés par l'international au lieu de se limiter à Singapour, devraient aussi considérer les autres pays de la région. "L'Indonésie, les Philippines, le Vietnam sont peut-être moins 'glamour' que Singapour et l'installation peut-être plus difficile, mais ils ouvrent certainement des expériences passionnantes" souligne Jean-Michel Severyns fort d'une expérience de plus de trente années en Asie dans de nombreux pays.

La seconde idée forte est que le projet des candidats à l'expatriation ? qu'il s'agisse de rechercher un emploi ou de créer une entreprise ? doit être bien préparé et précédé, avant la décision de partir, de l'équivalent d'une étude de marché. "Particulièrement important dans le cas des personnes déjà expérimentées, la décision de partir, suggère Jean-Michel Severyns,  devrait être précédée d'un voyage d'exploration. Les quelques milliers d'Euros investis à cette occasion seront toujours moins douloureux à supporter que le coût d'une expatriation ratée".

De fait, chaque pays a ses particularités, ses contraintes et ses opportunités spécifiques. C'est tout l'intérêt du rapport d'étude des CCE que d'avoir recensé dans 6 pays d'Asie du Sud-Est ? Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thailande, Vietnam ? d'une part les secteurs dans lesquels les étrangers peuvent effectivement travailler compte tenu des règlementations, et d'autre part les domaines dans lesquels les Français sont appréciés.

"Singapour est une ville confortable, mais la vie y est très chère"

Par ailleurs, au-delà des aspects touchant directement à l'emploi, le rapport s'est attaché à inventorier certains aspects tels que les visas et les grands postes de dépense ? logement, éducation, santé, mobilité ? pour que les candidats à un emploi dans l'un des 6 pays couverts puissent aussi se déterminer et faire des choix qui intègrent les aspects budgétaires.

"Singapour, commente l'initiateur du rapport, est probablement un pays incontournable dans la région, dans un certain nombre de spécialités telles que la finance ou les biotechnologies par exemple. Dans d'autres domaines, le choix de Singapour ne s'impose pas forcément. D'autres pays, peut-être moins 'faciles' de prime abord, peuvent recéler davantage d'opportunités. Singapour est une ville confortable certes, mais la vie y est très chère. A maints égards, une installation en Malaisie, en Indonésie ou au Vietnam peut, une fois les difficultés d'adaptation levées, se révéler une aventure extrêmement riche et passionnante".

Même pour ceux qui souhaitent créer une entreprise, la question de la localisation devrait faire débat. "Si l'ambition est de couvrir la région, précise Jean-Michel Severyns, le fait de créer son entreprise à Singapour ne s'impose pas par rapport à l'opportunité de le faire, par exemple, à Jakarta ou à Kuala Lumpur. Certes, Singapour est accueillant. Elle a l'avantage de la simplicité et de l'efficacité. Mais la concurrence est vive et les coûts de fonctionnement d'une entreprise sur place sont aussi très élevés. Il faut analyser et comparer".
Finalement, reprend Jean-Michel Severyns en synthèse, il s'agit de se poser les bonnes questions avant de partir : quel est mon projet ? qui est concerné : moi seul, ma famille ? Avec quel budget ? Le guide réalisé par les conseillers du commerce extérieur qui vivent souvent dans ces pays depuis de longues années, donne des éléments de réponse pour stimuler la réflexion et faire les bons choix quant à la décision de partir ou de ne pas partir, la sélection de la destination et la prise en compte des contraintes budgétaires.

Cercle vertueux

"L'enjeu de la démarche, conclut Jean-Michel Severyns, est d'aider les gens à faire les bons choix et qu'ainsi le maximum d'entre eux réussissent. C'est essentiel pour les intéressés et pour entretenir un cercle vertueux dans lequel des Français partent à l'étranger, développent l'activité d'une entreprise sur place, créent le cas échéant leur propre entreprise, recrutent d'autre Français sur place ou créent indirectement des emplois en France et, ce faisant, renforcent la présence française dans la région".
 
Bertrand Fouquoire (www.lepetitjournal.com/singapour) mardi 21 octobre 2014

Télécharger le rapport d'étude :
Ambassade de France -- Rapport CCE Emploi
Ambafrance de France /Pour-les-entreprises

*« Les CCEF, nommés par décret du Premier ministre sont des femmes et hommes d'affaires volontaires et bénévoles dont la mission est d'informer, de conseiller et d'orienter, en toute indépendance d'esprit les pouvoirs publics et les différents acteurs du commerce extérieur français » (extrait de l'avant propos du rapport)

Bertrand Fouquoire

Bertrand Fouquoire

Co-Directeur de l'édition. Après avoir vécu 9 ans à Singapour, Bertrand est revenu en France en janvier 2017, où il a repris ses activités de coaching pour les expatriés et les conjoints et pour les jeunes adultes
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