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EDUCATION - Ouverture de l'Ecole des Oliviers

Par Cécile Brosolo | Publié le 19/06/2016 à 11:00 | Mis à jour le 24/11/2016 à 02:27
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L'école des oliviers ouvre ses portes à la rentrée 2016 ; c'est la première école française bilingue à Singapour fondée sur les principes pédagogiques Montessori. Elle est le fruit d'une initiative lancée par un groupe de parents entrepreneurs français basés à Singapour. Zoom sur ce projet de création d'école à but non lucratif, avec ses fondateurs et la future éducatrice principale en charge de la pédagogie.

 

Ils sont quatre parents, francophones, dynamiques et entrepreneurs, attachés à la culture et la langue françaises. Leurs parcours sont différents, mais ils se sont retrouvés autour d'une même vision de l'éducation, et l'envie de créer la première école Montessori bilingue français-anglais à Singapour.

Stéphane Benoist vit à Singapour depuis 22 ans ; il a une longue expérience dans la création, la gestion et le développement des entreprises à Singapour. Il est le directeur associé de ALTIOS international à Singapour, et est Conseiller du Commerce Extérieur de la France. Sa femme, Andreza Gu-Ben, l'accompagne dans ce projet. Ils sont parents d'un petit garçon de 28 mois et sont tous les deux fortement impliqués dans le domaine associatif.

Céline Liput vit à Singapour depuis 5 ans ; elle est maman d'une petite fille de 22 mois et bientôt d'un deuxième enfant. Expert comptable et une expérience en audit financier et stratégie financière, elle est aujourd'hui général manager du cabinet de conseil ALTIOS international. Elle est également trésorière de l'Union des Français de l'Etranger (UFE) de Singapour.

Jean-Baptiste Couty est arrivé à Singapour il y a bientôt 6 ans, après une première expatriation au Japon, où il a rencontré sa femme. Ils ont deux fils, de 3 ans et 6 ans. D'un profil orienté économie et finance, il s'est très vite dirigé vers le journalisme (au Japon), l'entreprenariat et l'associatif. Il est co-directeur associé de « La petite boutique » à Serangoon, et co-président fondateur de l'association FLAM Singapour.

Elodie Adolphe est éducatrice agréée de l'Association Montessori Internationale. Elle vit actuellement à Paris et sera l'éducatrice principale francophone de l'école des Oliviers, en charge de la pédagogie, dès la rentrée 2016.

Comment est né ce projet d'ouvrir une école maternelle Montessori bilingue Français ? Anglais ?

Céline LiputCéline Liput ? Tout est né d'un questionnement sur l'école et l'éducation de nos enfants. Nous sommes tous jeunes parents et partageons une même vision de l'éducation, et en particulier la conviction que la méthode Montessori offre le meilleur environnement pour le développement des enfants. A cela s'est ajouté un constat sur l'offre éducative à Singapour. En effet, après de nombreuses recherches, nous avons perçu un manque et un besoin de créer quelque chose. Nous voulons offrir aux enfants une réelle alternative au système classique, basée sur la philosophie de Maria Montessori et les pédagogies modernes afin qu'ils acquièrent les outils qui leur permettront de devenir des adultes heureux, épanouis et acteurs de la société de demain.

Stéphane Benoist

Stéphane Benoist ? Nous avons le sentiment que dans l'offre éducative à Singapour, le terme Montessori est plus souvent utilisé comme un outil marketing que comme une réelle conviction. Beaucoup d'écoles se revendiquent « d'inspiration Montessori », mais la réalité est assez différente. Aussi, les quelques vraies écoles Montessori sont toutes anglophones. Or, nous sommes très attachés à la langue et à nos racines françaises, même si nous vivons depuis de nombreuses années en expatriation. L'école est un vecteur de transmission de la culture et de valeurs, et il est important pour nous de garder ce lien avec la France. Une école francophone est donc un critère indissociable de notre projet, avec le bilinguisme français-anglais.


Pouvez-vous nous parler de l'équipe pédagogique ?

Céline Liput ? L'équipe pédagogique sera constituée de deux personnes en permanence dans la classe. Une éducatrice principale francophone et une éducatrice assistante anglophone. L'enseignante principale, francophone, sera une éducatrice certifiée Montessori, agréée par l'Association Montessori Internationale (AMI) ; elle sera en charge de la pédagogie. L'éducatrice assistance, anglophone, n'est pas nécessairement certifiée Montessori, mais sera bien évidemment une enseignante qui partage notre vision de l'éducation et qui souhaite enseigner selon les principes de la méthode Montessori. Le recrutement de cette deuxième personne est en cours.

Elodie Adolphe ? Je suis éducatrice Montessori diplômée de l'AMI, et serai l'éducatrice principale à la rentrée prochaine. Je suis actuellement enseignante en France pour des enfants de 3 à 6 ans. J'ai déjà participé à la création d'une école Montessori au Maroc, et la perspective de ce nouveau projet de mise en place d'une école bilingue à Singapour me motive énormément.

La méthode Montessori apparaît comme l'ADN de votre projet. Quels en sont les principes fondamentaux et quelle est votre vision pour l'école des Oliviers ?

Jean-Baptiste CoutyJean-Baptiste Couty ? Une école Montessori, c'est notre volonté première, oui, car c'est pour nous une réponse éducative intelligente, une pédagogie qui respecte le rythme naturel de développement de l'enfant. Nous sommes convaincus que si nous proposons aux enfants un environnement préparé et adapté aux besoins de leur âge, et que nous respectons leur évolution physiologique, psychologique et affective, alors ils s'épanouiront. Ils deviendront plus tard des citoyens humanistes et responsables, capables de s'adapter et d'enrichir notre société.

Stéphane Benoist ? Notre vision pour l'école des Oliviers est de promouvoir une éducation dans un environnement heureux, stimulant et bienveillant. Notre ambition est de transmettre un savoir et des valeurs humaines. Maria Montessori disait « N'élevons pas nos enfants pour le monde d'aujourd'hui, ce monde n'existera plus lorsqu'ils seront grands ». Nous voulons donner aux enfants les outils intellectuels leur permettant de faire preuve d'agilité et de créativité pour faire face au monde de demain, en constante évolution.

Elodie Adolphe ? Il est difficile de résumer en quelques mots la méthode Montessori, mais les principes fondamentaux de la pédagogie sont le mélange des âges, la liberté, l'autonomie et la responsabilité.
Une ambiance Montessori (c'est comme ça qu'on appelle une classe) regroupe des enfants d'âges différents, dans notre cas de 3 à 6 ans, ce qui crée une forte émulation, une dynamique sociale très intéressante dans la classe ; les plus petits se projettent et les plus âgés se responsabilisent. Cela permet également de transmettre des valeurs de collaboration, d'entraide dès le plus jeune âge.
La liberté et l'autonomie sont également des valeurs fondamentales car l'enfant peut choisir ce sur quoi il veut travailler, afin d'améliorer ses compétences à son rythme et de façon autonome, grâce à un environnement préparé et du matériel pédagogique spécialisé, et sous la supervision de l'éducatrice bien sûr. Le matériel utilisé est autocorrectif, c'est-à-dire qu'il permet à l'enfant de comprendre par lui même ses erreurs sans qu'une personne extérieure ne le lui dise. Il en résulte une plus grande confiance et estime de soi, ce qui à mes yeux est le plus grand cadeau que l'on puisse faire à un enfant.


L'école des Oliviers, une école à but non lucratif ?

Céline Liput ? Oui, nous avons souhaité monter une école à but non lucratif. Nous avons créé la structure juridique « Les Oliviers Ltd », qui est une Public Company limited by guarantee, ce qui signifie qu'il n'y a pas de capital ou d'actionnaires de la société, mais des administrateurs, et que les excédents éventuels sont réinvestis dans la structure pour son développement ou pour financer des activités caritatives en relation avec l'éducation, à Singapour ou dans la région.

Stéphane Benoist ? Nous voulons aussi que les enfants soient intégrés à l'écosystème de Singapour. Nous allons rechercher un large partage d'expériences avec des associations locales. Nous pensons en particulier à des associations pour enfants ou à l'inverse pour des personnes âgées, pour favoriser le lien intergénérationnel.

                                        Ecole des Oliviers Logo

Pouvez-vous nous en dire plus sur l'avancement du projet, et sur votre projection pour l'avenir ?

Jean-Baptiste Couty ? Le projet est né cette année, dans le courant du mois de février ; ça avance vite ! Une des étapes clefs fut le recrutement de l'enseignante principale. On pensait que ce serait la plus grande difficulté, trouver une éducatrice Montessori expérimentée, francophone, pour un projet à Singapour, d'autant que nous n'avons pas d'expérience dans le domaine de l'Education. Finalement, nous avons rencontré Elodie assez rapidement, et tout a fonctionné, le contact humain, son expérience, sa motivation. Actuellement, nous rencontrons quelques difficultés pour trouver le lieu, en raison des différents critères qui s'appliquent : nos critères géographiques, les requis pour une école Montessori, l'accord des propriétaires, les licences, etc . Cela prend du temps, mais nous restons confiants pour une ouverture courant septembre 2016. Nous recherchons dans les districts 9,10, 11 et en priorité sur l'axe King Albert / Newton / Novena.

Stéphane Benoist ? Notre priorité reste la Création de l'espace Montessori dans les règles de l'art. En particulier, le local doit avoir une très grande pièce principale, en accord avec la pédagogie Montessori, et un espace motricité. C'est fondamental. Le reste suivra naturellement.

Céline Liput ? L'ouverture de l'école est programmée dans le courant du mois de septembre 2016, la date exacte dépendra des derniers ajustements pour le local. L'école accueillera une ambiance Montessori, pour des enfants de 3 à 6 ans, que nous appelons « la maison des enfants » dans la terminologie Montessori. Nous pensons démarrer la rentrée avec cinq élèves, et atteindre une vingtaine d'enfants en juin 2016, puis 25 à 30 pour la rentrée 2017.

Notre projet à long terme est bien sûr de développer l'école avec l'ouverture d'une deuxième ambiance pour les 3/6 ans à moyen terme, et pourquoi pas l'ouverture d'une deuxième école à plus long terme, pour les 6/12 ans (en deux groupes 6/9 et 9/12).

Propos recueillis par Cécile Brosolo (www.lepetitjournal.com/singapour), lundi 20 juin 2016

Le site de l'école des oliviers http://www.oliviers-french-montessori.com
La page Facebook https://www.facebook.com/Oliviersfrenchmontessori

 

Cecile Brosolo

Cécile Brosolo

Ingénieur de formation et passionnée par la photo, Cécile s'intéresse en particulier à la science et à la technique, à la photographie et à l'environnement.
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