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RENCONTRES – trio d’entrepreneurs: le dynamisme au féminin

Par Lepetitjournal Singapour | Publié le 08/09/2014 à 14:10 | Mis à jour le 08/09/2014 à 14:44

Imelda, Bertille et Michaela partagent une même soif d'entreprendre. Une Singapourienne à la tête de Citizen Pop, une gamme de sodas naturels, une coach sportive française fondatrice de Singafit ; une néo-zélandaise enfin, qui s'épanouit dans Woolf Works, l'espace de bureaux partagés qu'elle a monté sur East Coast. Joli trio de femmes entrepreneurs qui voient en Singapour une belle terre d'accueil pour ces projets qui leur tiennent à cœur.

Imelda Mo SingapourParlez-nous chacune de vous…

Imelda Mo – Je suis née à Singapour mais ma mère est Indonésienne et j'ai grandi avec cette forte influence indonésienne. Nous allions régulièrement à Jakarta en famille quand j'étais plus jeune. J'ai toujours aimé les arts, les langues et la sociologie mais j'ai finalement atterri dans une école de commerce. Et comme je suis mauvaise en finance, j'ai choisi le marketing et la communication. On m'a offert un poste dans la pub juste avant mon diplôme, j'ai donc poursuivi dans cette voie.

Bertille Tillot – Je suis originaire du Lot-et-Garonne, où je suis restée jusqu'à 18 ans. Très tôt, j'ai eu envie de partir à l'étranger, j'ai fait une année d'échange à Bangkok avant de commencer une école de commerce. Mes études m'ont amenée à Madrid, Sao Paulo et finalement à Singapour où j'ai trouvé mon premier emploi chez AXA. Après avoir travaillé 6 ans en gestion de projet puis dans le marketing digital, je voulais assouvir mon rêve de monter ma propre boîte.

Michaela Anchan – Je viens de Nouvelle-Zélande, j'y ai grandi et j'en suis partie en 2003. J'ai passé quelque temps en Corée pour enseigner l'anglais et, comme de nombreux kiwis, j'ai fait un tour du monde. En Inde, j'ai rencontré un très bel homme, prénommé Kishore, et depuis je ne l'ai plus quitté ! Nous nous sommes mariés et avons eu une fille deux plus tard. Pendant ma grossesse j'ai quitté mon poste de chef de projet pour une entreprise ferroviaire et j'ai pris des cours d'écriture à l'université. Nous sommes arrivés à Singapour en 2011, notre fils y est né en 2013.
 
 
En quoi consiste votre entreprise ? Quelle a été la genèse de ce projet ?
BertillePassionnée de sport, j'ai commencé à suivre des formations de coaching sportif, pour mieux m'entraîner, mais je n'avais alors pas encore fait le lien entre mon projet professionnel et sportif. Ce n'est qu'à travers les heures de pratique exigées pour l'obtention de mes certifications que j'ai pris goût au coaching et que j'ai décidé de monter une entreprise dans le domaine du sport ; Singafit est alors né. Tout d'abord seule, puis progressivement entourée de 2 autres personal trainers. Nous offrons des entraînements à domicile, tout autour de l'île, et nous déplaçons chez nos clients avec le matériel nécessaire. Lorsque nous établissons un plan d'entraînement, nous déterminons ses objectifs, les sports qu'il aime ou qu'il aimerait essayer et nous essayons d'apporter de la variété au programme en diversifiant les activités (Pilates, aquabike, aquagym, course, renforcement musculaire…). L'objectif étant de faire naître le goût pour le sport et de faire de nos clients des sportifs indépendants qui continueront à pratiquer sans nous, une fois leur package terminé. Nous donnons aussi des cours de natation et d'athlétisme aux enfants.

ImeldaJe crée des sodas totalement naturels à partir de jus de fruits frais, associés à des notes originales qui évoluent au gré des saisons. Nous n'utilisons ni conservateurs ni arômes artificiels. Je n'ai jamais aimé les sodas car je les trouve souvent trop sucrés ou chimiques. L'eau m'ennuie et je trouve les jus de fruits frais souvent trop chers pour ce que je pourrais faire moi-même à la maison. Mais surtout, j'aime les bulles, notamment après un bon repas. Alors j'ai joué avec mon siphon et j'ai tenté de concocter mes propres jus de fruits à bulles. Mes amis et ma famille ont adoré et j'ai poussé l'idée plus loin, en développant de nouvelles recettes avec des ingrédients locaux et d'autres du monde entier.


MichaelaLorsque j'étais mère au foyer (étudiant / écrivant en même temps), je trouvais vraiment  difficile de travailler de chez soi. J'avais tendance à être facilement distraite et à trouver des choses "plus importantes" à faire. Je crois que c'est le cas de nombreuses femmes qui dévaluent leurs rêves et leurs propres projets en donnant la priorité à leur famille. Quand mon fils a eu 9 mois, j'ai pris conscience que je ne pouvais plus rester à la maison. Ma helper gérait tout très bien toute seule donc j'ai pensé que c'était le bon moment pour moi. Je rêvais de jolis bureaux pour écrire mais tout était très cher. J'ai pensé que d'autres femmes étaient peut-être dans la même situation. C'est de là qu'est né mon concept de partage de bureaux pour femmes, un espace flexible de location sur-mesure. Nous avons ouvert en juillet dernier et avons de bons retours sur les desks et sur nos espaces privatisables pour des workshops. Ici, on offre le café, et les photocopies sont gratuites, j'essaie de créer un environnement amical et stimulant, une sorte de café mais calme.

Michaela SingapourQui sont vos clients ?

Imelda – Nous avons plusieurs types de clients : des fins gourmets qui privilégient la qualité, la fraîcheur et une alimentation saine ; ceux-là acceptent de payer un peu plus cher pour ce type de produit. Nous attirons aussi les aventuriers et les curieux de découvertes culinaires. Ils sont souvent créatifs et à l'affût de nouvelles expériences. Enfin, beaucoup de nos fans sont des expatriés qui apprécient le côté "fait maison", ils sont aussi plus ouverts à des associations inédites. Nous sommes actuellement distribués dans les cafés et les restaurants, nous faisons aussi des livraisons à domicile.

Bertille – Nos clients sont majoritairement français. Des adultes mais aussi des enfants. Leurs objectifs sont variés : remise en forme après la quarantaine, du pré et post natal, de la perte de poids, du perfectionnement en natation ou de l'entraînement à un événement sportif.

Michaela Anchan– Nos membres sont très différents. Nous avons des coaches sportifs qui viennent pour écrire et organiser leur agenda, un photographe, une femme qui travaille à distance pour une société américaine, une autre vient pour monter sa boîte. Nous avons aussi un écrivain qui a pris deux demi-journées par semaine pour rédiger tranquillement. Le nombre de membres est encore petit mais ça décolle doucement, avec de nouvelles demandes d'informations chaque jour.


Quel est votre plus grand défi ?

ImeldaNos deux barrières à l'entrée sont l'éducation des clients sur nos associations inédites et sur nos prix. Les occidentaux semblent plus ouverts à nos créations que les locaux. Quant au prix, nous sommes plutôt haut-de-gamme. Nous devons donc expliquer que nos sodas sont faits à partir de produits et d'ingrédients frais et que tout est fait main.

BertilleMes journées ne sont pas extensibles et je dois m'entourer de personal trainers qui véhiculent l'image que je souhaite donner à Singafit – plaisir dans l'effort, résultats et transmission de connaissances. Il est difficile de trouver des coaches qui répondent à ces critères. Plus que des aptitudes, il nous faut des attitudes pour que le client se sente à l'aise. Je suis toujours à la recherche de nouveaux coaches pour agrandir la famille Singafit.



MichaelaEtre une "one woman enterprise"! Je suis à la fois la machine à laver, la comptable et la responsable informatique. Je pense me faire aider avec une employée à temps partiel dans les prochains mois pour faire meilleur usage de mon temps. Je trouve aussi difficile de devoir prendre seule toutes les décisions, sans pouvoir les confronter avec qui que ce soit. Mais bon, Woolf Works est mon bébé et je suis au bout du compte heureuse d'en avoir le contrôle total.

 

A quoi ressemble une journée type pour vous ?
Bertille SingapourImelda – Je fais généralement les choses les plus laborieuses le matin. Aller au marché pour faire les courses, puis terminer la production en cuisine. J'essaie de visiter au moins un café/restaurant par jour pour voir s'il y a des opportunités d'inclure Citizen Pop à leur menu. Le reste de l'après-midi, je fais des courses et quelques rendez-vous. Je fais une pause au dîner pour passer du temps en famille ou entre amis. Le soir, je rejoins généralement mon partenaire Edwin, ou je fais des mails, j'abats les tâches administratives et je fais des recherches.

Bertille Tillot – Debout à 5h, départ de la maison en vélo à 5h30, premier client à 6h. Puis la matinée s'enchaîne avec 2 ou 3 clients avant un break entre midi et deux. J'en profite pour faire mon admin' et le marketing. Je reprends de 15h à 18h avec les cours de natation pour les enfants. A la sortie des bureaux les cours adultes reprennent de 19h à 21h. Retour à la maison vers 22h pour un dodo bien mérité. Les journées sont longues, d'où mon plus grand défi : recruter du monde pour pouvoir alléger mon agenda et passer plus de temps à développer l'activité.

Michaela – je me réveille très fatiguée car mon petit de 17 mois ne dort pas beaucoup ! Je vois mon coach sportif à 6h30 trois fois par semaine. Je prépare un semi-marathon et si personne ne m'attendait pour m'entraîner, je crois que je n'arriverais jamais à me lever. Je dépose ma fille à l'école à 8h30 et je viens au bureau. Si j'ai un événement je prépare le lieu, sinon j'ai toujours un certain nombre de rendez-vous qui s'enchaînent pendant la journée. Ensuite nous allons souvent déjeuner avec les membres dans le quartier. Il y a plein de petites pépites à deux pas, comme cette cantine vietnamienne ou Loving Hut, un restaurant végétarien. L'après-midi, je fais des mails, j'assure la promotion du lieu, je réponds aux besoins des membres. J'essaie de partir à 17h pour pouvoir dîner avec mes enfants et faire les devoirs. Ensuite, je sors au moins une fois par semaine à des événements de networking, et j'essaie de rentrer avant 22h pour me coucher tôt. Mon mari travaille souvent jusqu'à 21h ou 22h donc on ne se voit pas beaucoup en ce moment. Le samedi on est ravis de sortir tous les deux et de débriefer notre semaine !


De quoi sera fait demain ? Quel est votre rêve ?

MichaelaJ'ai plein de rêves car j'aime voir les choses en grand ! Je songe à ouvrir d'autres branches à Singapour ou ajouter à mon espace actuel des petits coins bureaux privatisables, que je louerai à l'heure. Mon rêve est de construire une véritable plateforme pour les femmes afin qu'elles y trouvent une communauté et se créent des opportunités, pouvoir leur offrir un lieu où elles savent qu'elles peuvent travailler efficacement en se concentrant sur leur tâche.


BertilleDans un futur proche, Singafit sera aussi un market place de coaches, avant-première avec un site prévu pour début 2015. Singafit proposera un panel de coaches, diligemment sélectionnés. Cela permettra aux clients de trouver l'entraîneur qui lui convient en fonction de ses spécialités et de son profil. Pour les coaches, ce site aura aussi une vraie valeur ajoutée car ils auront ainsi accès à une assurance, des contrats clients rédigés par un cabinet d'avocat, et à une base de données de clients. J'aimerais que Singafit aide à professionnaliser le milieu du coaching sportif à Singapour.

ImeldaA court terme, je souhaite développer le nombre de parfums de nos jus et accroître le nombre de points de vente. Nous travaillons sur une rotation des parfums selon les saisons, avec l'introduction régulière de nouveautés, cela nous permet d'exprimer notre créativité. A plus long terme, une fois que Citizen Pop se sera stabilisé, j'espère compléter notre offre avec des boissons alcoolisées car je suis convaincue qu'il y a des choses délicieuses à imaginer avec un peu de rhum ou de gin !

 

Propos recueillis par Raphaëlle CHOËL (www.lepetitjournal.com/Singapour) mardi 9 septembre 2014

En savoir plus: CitizenPop (Imelda)/ Singafit (Bertille)/ Woolfworks (Michaela)

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