Singapour durcit encore son arsenal contre les escroqueries en ligne. Le Parlement a adopté le 9 septembre 2026 une nouvelle loi qui cible directement les personnes fournissant ou achetant des comptes sur des plateformes comme TikTok ou encore Telegram dans le but de commettre des infractions.


TikToK va être surveillé de près. Jusqu'à présent, les autorités s'étaient principalement attaquées aux « mules financières », utilisées pour faire transiter l'argent issu d'arnaques. Désormais, les « mules numériques » sont également dans le viseur. La nouvelle législation fait de la fourniture de données personnelles pour créer de tels comptes - ainsi que de leur vente ou achat à des fins criminelles - une infraction pénale. Les contrevenants risquent jusqu'à trois ans de prison, une amende pouvant atteindre 10.000 dollars singapouriens et jusqu'à douze coups de canne.
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Des sanctions à Singapour renforcées pour les plateformes
La loi singapourienne prévoit également un durcissement des sanctions visant les plateformes numériques qui ne respecteraient pas les obligations imposées par les autorités. L'amende maximale passe de 1 million à 10 millions de dollars singapouriens, un niveau présenté par le gouvernement comme le plus élevé prévu par la législation du pays pour une sanction financière fixe. Les pénalités journalières en cas d'infraction continue sont elles aussi relevées, passant de 100.000 à 300.000 dollars singapouriens.
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2 millions de dollars perdus chaque jour
Cette offensive intervient alors que les arnaques continuent de coûter cher à Singapour. Selon le ministère de l'Intérieur, la police reçoit en moyenne 90 signalements d'escroqueries par jour, représentant environ 2 millions de dollars singapouriens de pertes quotidiennes. Sur les six premiers mois de 2026, les victimes ont perdu 410,6 millions de dollars singapouriens selon le Strait Times.
Face à des escrocs utilisant de plus en plus l'intelligence artificielle pour créer rapidement des faux comptes, des publicités frauduleuses ou des sites d'arnaque, les autorités entendent également s'appuyer sur l'IA pour renforcer leurs capacités de détection et d'intervention.
Le texte introduit trois nouveaux types d'ordres. Les autorités pourront notamment exiger des informations sur des comptes suspects, demander la désactivation temporaire de certains comptes ou encore restreindre l'accès à certains services pendant une durée pouvant aller jusqu'à trois ans. « Les arnaques frappent non seulement les victimes individuelles, mais aussi la confiance qui tend notre économie numérique et notre mode de vie », a déclaré le secrétaire d'État au ministère de l'Intérieur, Goh Pei Ming.
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