LEGISLATIVES - La parole aux candidats : présentation et propositions du candidat PS, Florian Bohême et de la candidate LREM,Anne Genetet

Par Lepetitjournal Singapour | Publié le 29/05/2017 à 11:36 | Mis à jour le 30/05/2017 à 05:17
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Le petit journal de Singapour, en collaboration avec les éditions du petit journal de la 11ème circonscription, a contacté leurs 14 candidats afin de mieux connaître leurs parcours, leurs propositions pour les français de l'étranger, la manière dont chacun envisage son mandat. Sur les 14 candidats de cette circonscription nous publions ici les interviews réalisée : aujourd'hui celle du candidat du PS, Florent Bohême et de la candidate LREM, Anne Genetet.Dans la couverture de ces élections législatives, nous sommes loin d'avoir pu vous présenter l'ensemble des candidats de la 11ème circonscription : certains ne sont pas réellement identifiables et/ou n'ont pas de propositions concrètes concernant les français de l'étranger, d'autres n'ont pas souhaité nous répondre. 

Interview de  Florian Bohême, candidat  d'un coalition de gauche PS, PRG, MRC et écologique pour la 11ème circonscription des français de l'étranger 

Florian Bohême, candidat  d'un coalition de gauche PS, PRG, MRC et écologique

www.lepetitjournal.com/singapour : pouvez-vous nous résumer votre parcours et nous préciser quelles ont été vos motivations pour entrer en politique ?

Florian Bohême : j'ai 32 ans et j'habite au Cambodge, à Siem Reap depuis 3 ans maintenant. J'ai crée une société dans le développement touristique. Auparavant, je vivais à Paris où j'étais chef de cabinet de la Ministre chargée de la Francophonie, Yamina Benguigui. J'ai également un parcours politique d'élu local pendant 8 ans dans les Yvelines, à Houilles, la ville où j'ai grandi. Engagé très tôt dans la vie citoyenne, c'est par la lutte contre les discriminations et notamment des associations de lutte contre l'homophobie que je suis arrive dans le monde politique et au Parti Socialiste. Cela fait 12 ans que je suis membre de ce parti et aujourd'hui, je suis  candidat de la gauche et de l'écologie. Je suis en effet soutenu par d'autres partis que le PS, par le Parti Radical de Gauche (PRG) qui défend des valeurs importantes à mes yeux, telle que la laïcité, le Mouvement Républicain et Citoyen de Jean-Pierre Chevenement. Je suis de fait, le candidat du renouvellement et du rajeunissement. Je ne dis pas que le renouvellement n'est qu'une question d'âge mais cela y contribue fortement.  Le député sortant est dans la politique depuis plus de 24 ans et le parti qui appelle le renouvellement des pratiques politiques au niveau national ne le fait pas pour cette circonscription, ce qui est regrettable. De la part de ce parti, LREM, je trouve que c'est un rendez-vous manqué.

 Être député de la 11ème circonscription, qu'est ce que ça représente alors pour vous? Quels sont vos liens avec cette circonscription ?

Je souhaiterai que le député de cette 11ème circonscription soit à l'image de sa population. Entre 2012 et 2016, 30% de l'électorat  a changé. C'est une circonscription vaste qui s'étend de la Russie à l'Océanie : elle représente 49 pays avec 152 000 français inscrits sur les listes électorales. La population est en train de se renouveler et devient plus jeune qu'auparavant. Je pense que pour la représenter, il est souhaitable d'être dans le même contexte générationnel. Je veux également être un député de proximité. Je suis seul candidat à avoir communiquer toutes mes coordonnées : téléphones, réseaux sociaux ? Je suis en campagne depuis plus de 3 mois et sillonne les différents pays de cette vaste circonscription. Par exemple, j'étais récemment au Laos et je suis le seul candidat à être allé à la rencontre des français installés dans ce pays. Il faut prendre en compte les spécificités locales en fonction des pays et auxquelles je souhaite répondre. Et c'est uniquement en se déplaçant sur le terrain que l'on peut y répondre. Je veux être un député de terrain. Si je suis élu député, je continuerai à habiter au Cambodge avec mon compagnon. L'agenda  du député est bien connu avec 2 jours de présence à l'Assemblée Nationale, en moyenne et les autres jours de la semaine dans sa circonscription. Je suivrai ce rythme sans problème et resterai présent dans ma circonscription. Être présent, auprès des différents français de notre circonscription est différent que d'une démarche de pure communication.

 

Quelles sont vos 3 priorités/propositions parmi les problématiques concernant les Français vivant à l'étranger (emploi, fiscalité, éducation, culture, représentation, administration...) ?

J'attache de l'importance, tout d'abord, à la transparence de la vie publique qui doit concerner tous les élus de la République. J'ai publié mon casier judiciaire, c'est pour moi un acte symbolique, pour montrer que je n'ai rien à cacher. Je souhaite que les parlementaires et futurs députés nous disent qu'ils sont ? Quel est leur patrimoine ? Il y a certains candidats qui se déclarent 3 semaines avant l'élection mais on ne sait pas vraiment d'où ils viennent, ni ce qu'ils proposent.

Mon second engagement concerne la fiscalité des français de l'étranger. Je pense qu'il n'est pas raisonnable, en tant que responsable politique, de dire que l'on va supprimer la CSG-CRDS, qui rapporte 300 millions d'Euros par an au budget de l'État, sans trouver des mesures compensatoires. Sur le long terme, je souhaite accentuer les conventions fiscales signées avec les différents pays. Cette tâche relève de la diplomatie. Le rôle du député est de suivre ces dossiers. Par ailleurs, même si cela ne concerne  qu'une petite minorité des français de l'étranger, il faut lutter contre l'évasion fiscale par l'intermédiaire législatif. Par cette lutte que je compte mener, la France pourra récupérer et annuler à terme la CSG-CRDS. ?Mon troisième engagement est celui de renforcer l'École française à l'étranger qui est une exception culturelle. Aujourd'hui, nous avons un devoir de solidarité avec ces Lycées Français de l'étranger. Il y a 2 propositions. D'abord que les frais de scolarité n'augmentent pas de façon démesurée. Pour cela, je souhaite que l'AEFE puisse conventionner  sur la base d'une charte éthique des établissements français. Je souhaite également améliorer le système des bourses scolaires, qui passera par une décentralisation des décisions, notamment par le renforcement du rôle des élus consulaires, notamment sur les critères d'attribution de ces bourses en fonctions du contexte local.

 Quel bilan portez-vous sur l'action du député sortant? Sur quel (s) plan (s) auriez-vous agi différemment ?

Concernant le député sortant, je pense que sur le terrain, il a été très présent dans sa circonscription et à l'Assemblée Nationale. Il a vraiment bossé. Je n'ai pas vraiment à me prononcer sur son bilan surtout qu'il était un député de l'opposition et cela n'est pas simple. C'est pour cela que j'ai annoncé que lors de mon mandat, je ne serai pas dans une opposition systématique mais au contraire je regarderai les textes de loi pour dépasser les clivages politiques sans aller à l'encontre de mes valeurs de gauche. Ma priorité sera de veiller sur les citoyens français et je pense que le député sortant a fait une grave erreur en s'impliquant dans la politique étrangère française et en parlant au nom de la France.  Il est aujourd'hui interdit de territoire en Ukraine et  ne peut pas s'occuper des français résidant dans ce pays. La priorité d'un député est de veiller sur ses concitoyens et je m'engage à cela. 

 

Interview de  Anne GENETET, candidate  LREM (la République En Marche) pour la 11ème circonscription des français de l'étranger 

 

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Anne GENETET, candidate LREM 

 

 www.lepetitjournal.com/singapour : pouvez-vous nous résumer votre parcours et nous préciser quelles ont été vos motivations pour entrer en politique ?

 Anne Genetet : je suis médecin généraliste et diplômée en journalisme médical. J'ai exercé différents métiers tous liés à la santé : médecin en dispensaire de la Croix-Rouge, puis dans un centre de protection maternelle et infantile et en école maternelle, mais aussi journaliste médical, directeur d'une agence de communication santé et enfin médecin consultant en risques sanitaires. J'ai ensuite monté ma société de conseil en gestion des employées de maison étrangères et développé une activité de formation grand public aux urgences pédiatriques. Le fil conducteur de mon parcours est la passion pour la transmission de connaissances, la formation, l'écoute et l'entraide. 

Entrer en politique est le prolongement naturel de tout ce que j'ai fait jusqu'à présent : c'est une forme de service à la communauté pour laquelle il faut beaucoup écouter, comprendre, convaincre et surtout agir.   Et puis la vision, le projet d'Emmanuel Macron et sa méthode m'ont tout de suite séduite. Si bien qu'aujourd'hui, je suis heureuse et fière de porter son projet auprès de la 11ème circonscription des Français de l'Etranger.
 

Etre député de la 11ème circonscription, qu'est ce que ça représente pour vous? Quels sont vos liens avec cette circonscription ?

 Un député est avant tout un représentant de sa circonscription et de tous ceux qui y habitent. La 11ème circonscription, avec 49 pays, est la plus vaste. Elle couvre un territoire qui va du Japon à l'Ukraine en passant par l'Australie, la Chine et la Russie. Le c?ur de mon action sera de créer et maintenir un contact privilégié avec les Français de ma circonscription malgré sa taille et sa complexité. 

En tant que Députée, je me concentrerai sur deux points : répondre aux préoccupations premières de mes concitoyens de la 11ème et en même temps, défendre avec vigueur l'ensemble du projet de transformation de notre société portée par le Président. 

Résidente de cette circonscription depuis plus de 12 ans, j'en connais les spécificités. Pour autant, l'étendue géographique est immense et je me dois de représenter chacun des Français ; j'ai récemment été contactée par des résidents d'Australie, de Chine ou encore de Moldavie entre autres, des pays dans lesquels les problématiques sont très diverses. Mon défi sera de répondre à chacune d'entre elles et je le relèverai avec une volonté sans faille.
 

Quelles sont vos 3 priorités/propositions parmi les problématiques concernant les Français vivant à l'étranger (emploi, fiscalité, éducation, culture, représentation, administration...) ?

 Ma priorité numéro 1 est de soutenir le projet de transformation d'Emmanuel Macron. La France en a urgemment besoin. Je pense que nous sommes tous d'accord sur ce point.

Pour notre circonscription et en ligne avec la vision portée par notre mouvement La République En Marche, mes priorités sont :

> L'éducation, clé de voûte de l'avenir de notre pays, (en particulier l'accès au réseau des écoles françaises, accès à une scolarité française lorsque le réseau n'est pas accessible, soutien de nos formations d'enseignement supérieur à leur développement à l'international)

> La protection de nos concitoyens à tous les âges et dans toutes les situations (notamment l'accès à la CFE, préparation de la retraite, conventionnement d'établissements hospitaliers, bourses scolaires, accompagnement du handicap)

> Le soutien de la diplomatie économique (j'ai plusieurs idées pour accompagner les entreprises françaises qui cherchent à s'implanter et/ou se développer sur notre zone)

 Mais j'ai aussi placé sur ma liste le lien entre les Français de la zone et nos administrations notamment leurs représentants. Enfin, je ne peux pas ne pas parler de l'Europe qui est au c?ur du projet de La République En Marche. Bien que résidant hors de l'Union Européenne, nous n'en sommes pas moins des citoyens européens à part entière et devons, à ce titre être traités comme tels. La suppression de la taxation injuste à la CSG-CRDS des résidents hors UE fera partie de mes priorités. 

Quel bilan portez-vous sur l'action du député sortant ? Sur quel (s) plan (s) auriez-vous agi différemment ?

Vous savez que chez La République En Marche, nous sommes constructifs et préférons la bienveillance à la critique. M. Mariani a été assidu à l'Assemblée Nationale et je ne peux que saluer son engagement. 

Mais les Français ont été clairs : ils veulent un renouveau radical du personnel politique et surtout une autre façon de faire de la politique. C'est mon premier engagement politique et je suis issue de la société civile, conformément aux attentes de nombre de nos concitoyens. Cela me permet de m'engager au service de la communauté avec un regard vraiment neuf, une volonté optimiste, une énergie exigeante et sans ambition autre que de soutenir notre Président et les réformes qu'il veut mettre en place.  

Propos recueillis par Clémentine de Beaupuy, www.lepetitjournal.com/singapour, le mardi 30 mai 2017

Pour en savoir plus sur la 11ème circonscription et  les candidats aux legislatives 2017  : cliquer ici

Les interviews du candidat FN et UPR : cliquer ici 

Une interview de M. Thierry Mariani, député sortant, candidat LR  : cliquer ici

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