Organisé par French Tech Shanghai, le tout premier Hackathon international de Shanghai s'est tenu les 16 et 17 janvier. Ce marathon de programmation de 24 heures inspiré du modèle américain, mais résolument ancré dans la réalité locale : des équipes mixtes franco-chinoises, a réuni 23 équipes et 120 participants de 21 nationalités. Nous avons rencontré Sébastien Codeville, président de la French Tech Shanghai pour nous en parler.


Les Nations Unies de la Tech à Shanghai
Organisé par French Tech Shanghai, l’événement a rassemblé développeurs, ingénieurs, designers, entrepreneurs et étudiants dans une atmosphère à la fois intense, collaborative et résolument internationale. « Nous voulions créer un moment fort, très opérationnel, qui reflète ce qu’est vraiment l’innovation à Shanghai : rapide, multiculturelle et tournée vers l’impact », explique Sébastien Codeville, président de la French Tech Shanghai.
Au total, 120 compétiteurs de 21 nationalités, répartis en 23 équipes, ont relevé le défi, incarnant parfaitement l’esprit international et collaboratif de l’écosystème tech shanghaien. Pour encadrer et accompagner cette effervescence créative, l’organisation a pu compter sur 30 bénévoles, 7 mentors et 20 membres du jury.
Moment fort du marathon : la finale des pitchs, qui a réuni près de 200 spectateurs, venus découvrir des projets développés en seulement une journée et une nuit, et mesurer le potentiel d’innovation né de cette immersion intensive.

24 heures pour coder, tester, convaincre
Pendant une journée et une nuit entières, les équipes ont travaillé sans relâche pour répondre à cinq sujets technologiques, chacun sponsorisé par une entreprise partenaire, allant de l’intelligence artificielle à l’automobile, en passant par l’industrie, la data et la durabilité. « Le format hackathon oblige à aller à l’essentiel. En 24 heures, on voit émerger des idées très concrètes, parfois même prêtes à être industrialisées », souligne Sébastien Codeville.
Le jury, composé de représentants des sponsors et de membres de l’écosystème tech, a évalué les projets sur leur innovation, faisabilité, pertinence business et qualité de l’exécution.
Au terme des pitchs finaux, cinq équipes se sont distinguées, chacune sur son sujet :
- Sujet A – sponsorisé par Forvia : SOMA Robotics 3 (vainqueur de la finale)
IA embarquée utilisant la computer vision pour détecter la fatigue et les risques en temps réel, sans cloud. - Sujet B – sponsorisé par Danone : Ekohe 1
Analyse d’images biométriques par IA visuelle et analytique pour évaluer l’hydratation et le bien-être. - Sujet C – sponsorisé par L’Oréal : AI in Motion
Coach conversationnel basé sur LLM pour former et personnaliser l’apprentissage. - Sujet D – sponsorisé par Safran : Pseudo Random
IA d’analyse de données pour identifier les causes de défauts industriels. - Sujet E – sponsorisé par Akila : Ekohe 3
Modèles prédictifs et contrôle prédictif pour optimiser la consommation énergétique des bâtiments.

Créer des ponts durables entre Français et Chinois
Pour Sébastien Codeville, ce premier Hackathon marque une étape importante pour la French Tech Shanghai.
Comment est venue l’idée de cet événement ?
Suite au succès de Tech For Good en juin dernier, nous avions envie d’organiser un événement plus fun, qui permette de mettre en avant les talents software et IA de nos entrepreneurs. Nous avons commencé à discuter de l’idée d’un hackathon dès le mois de juillet : le format nous semblait particulièrement intéressant, et surtout, nous n’avions rien vu d’équivalent à Shanghai jusqu’ici.
Comment le hackathon a-t-il été organisé et qui étaient les participants ?
Nous avons coorganisé l’événement avec un groupe extraordinaire d’étudiants français en échange à Shanghai (UTSEUS, ESSCA et Fudan University). Cela a représenté énormément de travail ces derniers mois, mais cela a été une très belle aventure, autant pour l’équipe de la French Tech Shanghai que pour les étudiants. Côté participants, le profil était très équilibré : 60 % de professionnels et 40 % d’étudiants. Le député-maire du district de Jing’an nous a même décrits, dans son discours, comme les « Nations Unies de la Tech ».
Nous avions une grande diversité de profils – coding, IA, marketing, business – mais aussi de parcours et d’expériences. Une équipe, par exemple, était constituée d’un professeur et de deux de ses trois élèves en IA… âgés de seulement 12 ans ! Le tout dans une ambiance à la fois amicale, compétitive et clairement survoltée.

Quels étaient les liens avec les sponsors et comment les travaux vont-ils être utilisés ?
Nous avions cinq sponsors principaux, qui ont chacun proposé un sujet sur lequel les équipes se sont affrontées : Akila, Danone, Forvia, L’Oréal et Safran. Les résultats ont été franchement surprenants : toutes les équipes ont réussi à créer un produit fonctionnel et à le présenter en demi-finale. Les propriétés intellectuelles appartiennent aux sponsors, et plusieurs d’entre eux nous ont déjà demandé d’être mis en relation avec les équipes afin de poursuivre les projets au-delà du hackathon. Nous avons également bénéficié du sponsoring de VO2, ainsi que du support technique de STMicroelectronics et d’Alibaba, qui ont été essentiels à la réussite de l’événement.
Quelles sont les prochaines étapes et les développements envisagés pour cette formule ?
D’abord… du sommeil ! Ensuite, une fête tous ensemble lundi soir pour célébrer cette aventure avec l’ensemble de l’équipe. Les participants en redemandent tous, mais nous prendrons un peu de temps avant de décider du prochain format et du bon timing.
En attendant, la French Tech Shanghai continue d’organiser un Connect tous les mois, ouvert à tous, sous la forme de petites conférences tech informelles. Et le Tech For Good 2026 est d’ores et déjà prévu le 11 juin 2026… stay tuned.
Un immense merci à toute l’équipe de la French Tech Shanghai, et tout particulièrement à Philippe, pour son travail remarquable, ainsi qu’à Tim, Zola, Cathy, Emma (notre stagiaire), Dali et Boris. Merci également aux 9 étudiants qui se sont associés à nous, aux 25 volontaires mobilisés pendant ces deux jours, aux 7 mentors qui ont accompagné les équipes et aux 17 juges qui ont évalué les demi-finales et la finale. Enfin, merci à Monsieur le Consul général et à toute l’équipe du Consulat, qui nous font confiance depuis maintenant un an.
Sur le même sujet













