Édition internationale

SHANGHAIENS D’ADOPTION - Ces Français installés en Chine pour de bon !

Écrit par Le Petit Journal Shanghai
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 12 septembre 2016

De Gaëlle Déchelette

Ils sont venus en Chine il y a 8, 10 ans ou plus, pour un semestre, un an, et finalement? ils sont toujours là ! Nous avons rencontré sept Français installés à Shanghai sur le long terme pour savoir quelle était leur motivation initiale, et comprendre ce qui les avait retenus en Chine.

Qu'est-ce qui vous a amené en Chine ?

Il y a ceux que la culture et la langue chinoise intéressaient. Ainsi, Christine*, arrivée en 2005 après des études de chinois à l'INALCO, avait aussi une quête identitaire : sa famille est d'origine chinoise. "Je voulais savoir qui j'étais, mais au départ je ne comptais rester que neuf mois !".
Benoît a appris le mandarin de nombreuses années avant de venir une première fois en 2003, pour deux mois de stage et études. Revenu en 2005 pour huit mois, il s'installe pour de bon à Shanghai en 2010. "Mon but était de me tester étant donné que j'avais déjà commencé à étudier la langue et la culture chinoises sans avoir jamais mis les pieds en Chine !".
Rita quant à elle, a voulu donner une chance à son fils de 17 ans de vivre dans le pays dont il apprenait la langue depuis la 4ème. Et finalement au bout d'un an, c'est elle qui est restée tandis que son fils rentrait en France pour ses études supérieures !

Pour d'autres, c'est l'aventure et le challenge qui prime : Marc, venu en Chine en 2005 après des études de langues latines, était attiré par l'Asie en général mais aussi par la situation économique de la Chine au niveau international. 
Même chose pour Amandine, arrivée en 2007 après un master 2 en management international, qui a choisi de venir à Shanghai pour voir l'usine du monde. Travaillant dans le textile, c'est encore en Chine que tout se fait. "C'était maintenant ou jamais !".
Claire, arrivée en VIE en 2007 visait clairement l'aventure et l'exotisme. "Pas envie de travailler sur le parvis de la Défense", lâche-t-elle.
Marc et un membre de son groupe de musique

Qu'est-ce qui vous a incité à rester ?

Comme Nicolas, beaucoup sont restés pour les opportunités de travail. Le trentenaire raconte : "Je comptais rester un an seulement, mais six mois après mon arrivée nous avons commencé à monter notre usine, avec un ami qui est devenu mon associé. Jamais nous n'aurions eu cette occasion en France."
Le statut d'autoentrepreneur a séduit Marc également, qui confirme qu'il lui a été plus facile de démarrer ici,car "on trouve plus facilement des partenaires qui ont envie de s'investir dans de nouveaux projets même s'ils comportent un risque."
Il en va de même pour Benoît, qui admet rester aussi car il a enfin pu créer la structure dont il rêvait pour pouvoir apporter le meilleur soutien possible aux individus et aux entreprises via le coaching.
Claire et Amandine ont également eu de bonnes opportunités de progression. "Après 4 ans en Chine, on développe un réseau, on devient vite plus attractifs pour les employeurs." Elle ajoute qu'elle aurait mis beaucoup plus de temps à avoir un poste à responsabilité égale en France.

Christine et ses livres
Christine confirme, outre sa quête identitaire, ce sont les possibilités d'activités professionnelles qui l'ont intéressée. "Je pouvais avoir des postes auxquels je n'aurais jamais eu accès en France. Depuis, j'ai pu développer une activité en freelance, ce qui aurait été plus difficile ailleurs." Coach en écriture, elle a réussi à se construire une légitimité à Shanghai dans son domaine qu'il lui faudrait reconstruire si elle quittait la Chine.

Christine

Pour Nicolas et Claire qui sont en couple depuis 7 ans, et parents d'un petit garçon, ainsi qu'Amandine, qui a rencontré à Shanghai son futur mari et père de ses trois enfants, la vie de couple et l'établissement d'une famille a joué dans leur ancrage à Shanghai.

Rita quant à elle, a voulu rester par intérêt anthropologique : "Je voulais comprendre des processus sociologiques très intéressants de mon point de vue. » De plus, enseignante de formation, et ne lisant pas la langue« C'était une expérience unique ! J'étais immigrante et illettrée en Chine ! "

Quels aspects positifs voyez-vous en Chine ?

Les réponses qui reviennent le plus souvent sont le dynamisme de la Chine en général. "Shanghai a beaucoup changé en dix ans", confie Marc, qui aime le côté cosmopolite où les communautés et les profils sociaux sont mélangés.

Benoît
Benoît
Ce que confirme Amandine : "La Chine est pleine de contraste, et en pleine mutation. Chaque année est différente et enrichissante !". Dans le même ordre d'idée, Benoît avoue son excitation d'être un témoin proche et privilégié de l'évolution de la Chine et des Chinois. Il cite une amie vivant depuis vingt ans en Chine :

"Quitter Shanghai, c'est comme partir d'un concert avant la dernière chanson, on veut toujours voir ce qui va s'y passer !"

A l'unanimité aussi, ce sont les Chinois eux-mêmes qui sont appréciés par nos compatriotes : "curieux et ingénus" pour Marc,  "toujours souriants et accueillants" pour Nicolas? Quant à Claire, elle confie adorer travailler avec des Chinois :"ils ont envie de faire, de progresser, d'apprendre". Pour Rita qui enseigne, "enseigner le français aux étudiants chinois est un plaisir ! C'est un public agréable, créatif, volontaire."

Ce qui revient également, c'est la possibilité de se découvrir. Christine est passée par un chemin initiatique via le kung-fu et l'écriture : "Je suis devenue la personne que je ne pouvais pas être en France, j'ai réussi à me trouver en Chine." Marc lui, s'épanouit dans la musique, un passe-temps qui est devenu sa deuxième activité professionnelle, "être entrepreneur à vingt-six ans et avoir plusieurs activités en parallèle est quelque chose de normal à Shanghai, alors qu'en France c'est plus rare."

Qu'ils soient venus par goût de l'aventure ou par conviction, ces Français ont su créer en Chine un quotidien qui leur ressemble. Merci à Marc, Rita, Amandine, Christine, Claire, Nicolas et Benoît pour leur témoignage !

 *Certains prénoms ont été changés.

 Gaëlle Déchelette lepetitjournal.com/shanghai Mercredi 6 juillet 2016

 

Le Petit Journal Shanghai
Publié le 6 juillet 2016, mis à jour le 12 septembre 2016
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