Édition internationale

LAURENCE KPAN – Une Ivoirienne éprise de mandarin

Écrit par Le Petit Journal Shanghai
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 22 janvier 2014

Troisième personnalité de notre série consacrée aux francophones en Chine, l'Ivoirienne Laurence Kpan étudie le mandarin, depuis novembre 2010, à Shanghai. Une ténacité qui porte aujourd'hui ses fruits.

Laurence à Xujiahui, Shanghai (photo BG)

Novembre 2010 : Laurence Kpan quitte sa Côte d'Ivoire natale pour rejoindre son ami à Shanghai. Autre continent, autre culture, autre climat? Le dépaysement est total. Et les premiers temps, difficiles. "Je suis même tombée malade à cause du froid", se rappelle la jeune femme, toujours frileuse à l'idée de mettre le nez dehors à la mauvaise saison. Cette sensibilité au mercure exceptée, Laurence s'est depuis acclimatée à la vie en Chine. Au point qu'elle envisage même de rempiler pour trois années supplémentaires à Shanghai, le temps de boucler une formation en relations publiques. Dispensé en chinois, le programme suppose une bonne maîtrise du mandarin. Une langue qu'elle étudie à temps plein depuis deux ans déjà. "Deux ans ponctués de hauts et de bas, avec de vraies phases de découragement".  Mais Laurence, soutenue par son entourage, s'accroche. Une ténacité bientôt récompensée : elle s'apprête en effet à valider son HSK (test d'évaluation du chinois) échelon 4.

"Les Chinois sont curieux"

Au quotidien, son niveau en mandarin lui permet de saisir au vol, dans le bus ou le métro, les commentaires de ses voisins. "Parfois, je les entends se demander quel âge je peux avoir ? Etc.", rapporte la jeune femme de 31 ans, qui n'hésite pas alors à engager le dialogue : « Les Chinois sont très curieux, mais jamais racistes". Un constat vérifié au fil de ses nombreuses virées en Chine. Une anecdote de voyage ? "Dans le Henan, on a servi de la viande de chien en notre honneur. Je n'ai jamais pu en manger !", sourit Laurence, qui ne boude pourtant pas la gastronomie locale, même si elle la juge globalement "trop sucrée". Toujours dans le domaine culinaire, si certains ingrédients africains de base, "comme la sauce arachide", sont disponibles à Shanghai, d'autres restent introuvables. Ces restrictions partielles ne l'empêchent pas de mitonner des spécialités de son pays. Une fois par mois, elle les partage avec une poignée d'amis ivoiriens, étudiants comme elle. Une occasion de se réunir entre compatriotes, "pour manger, écouter de la musique, parler du pays?"

"Rentrer au pays"
Après bientôt trois ans sans retour en Afrique, Laurence accuse un brin de nostalgie à l'égard de sa terre natale. "Chez moi, on aime danser, chanter? La chaleur de la Côte d'Ivoire me manque. Ma famille aussi". Un mal du pays que la jeune femme devrait tempérer par un court séjour cet été, point étape avant un retour définitif, pas encore calé, mais inéluctable? "J'aime beaucoup la Chine mais je ne me vois pas y faire ma vie". Son diplôme de relations publiques en poche, elle souhaite "rentrer au pays pour travailler". "Les Chinois sont de plus en plus présents en Côte d'Ivoire", note l'ex-étudiante de l'école française des attachés de presse (EFAP) à Abidjan. Un temps en poste à la télévision, elle y a vu des partenariats sino-ivoiriens se nouer. Un développement dont Laurence espère récolter les fruits, compétences linguistiques à l'appui. Dans cette perspective, elle a aussi amélioré son anglais et ne rate pas une opportunité de pratiquer sa langue maternelle française à Shanghai.

Barbara Guicheteau (www.lepetitjournal.com/shanghai) Mardi 19 mars 2013

Après le Québec, la Suisse et la Côte d'Ivoire, dernière étape de notre tour du monde de la francophonie, mardi prochain, avec une escale en Belgique.

Le Petit Journal Shanghai
Publié le 18 mars 2013, mis à jour le 22 janvier 2014
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