Édition internationale

VOITURE – Une plaque si chère aux Shanghaiens

Écrit par Le Petit Journal Shanghai
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Chaque mois, une vente aux enchères de plaques d'immatriculation se tient à Shanghai. C'est la seule façon officielle de s'en procurer une nouvelle. Elle est aujourd'hui plus chère que certains modèles de petites voitures...

Depuis janvier 2008, la plaque d'immatriculation shanghaienne a atteint son prix le plus élévé, avec une moyenne de  48.855 yuan pour juin, soit 1.155 yuan de plus que la moyenne de mai. Lors de la dernière édition de l'enchère mensuelle - un système unique en Chine- 9000 plaques ont ainsi été vendues, contre 7500 en février et 8000 en avril. L'augmentation substantielle de l'offre n'a donc pour l'instant pas d'effet sur la hausse des tarifs de ces six derniers mois. Les acheteurs sont prêts à faire des offres de plus en plus élevées. L'engorgement du parc automobile chinois reflète la démesure du pays et les chiffres de croissance exponentielle laissent présager des chemins de plus en plus embouteillés : premier marché mondial avec 13,5 millions de ventes en 2009 pour 40 millions de véhicules en circulation.

(Image: flickr.com)

Or, la Chine reste un pays moyennement motorisé comme l'explique Jean-François Doulet, cité par le journal 20 Minutes : "à l'exception des grandes villes, avec un taux de l'ordre de 20 pour 1.000 contre 500 pour 1.000 en Europe. Mais le rythme de croissance est phénoménal." De plus, "le taux de motorisation augmente de l'ordre de 30% par an. 80% de ces acheteurs sont des primo-accédants."

Quelle(s) alternative(s) ?

Pour avoir accès à la plaque d'immatriculation, certains se tournent vers les plaques vendues avec voiture d'occasion. Selon le Quotidien du Peuple, une plaque d'occasion s'échangeait jusqu'ici à 40.000 yuans, aujourd'hui, elle s'élève à 43.000 yuans, presque 10% de plus. Des prix qui frôlent de façon ridicule les tarifs des plaques neuves?

L'achat dans une autre ville est par contre très peu recommandé quand on sait que ces plaques ne permettent pas l'accès aux voies rapides surélevées de la ville, voire l'accès aux autoroutes durant les heures de pointe. Les transports en commun ? Si les grandes villes dont Shanghai investissent énormément dans les réseaux en commun, ceux-ci sont déjà saturés et des efforts doivent encore être consentis, surtout en termes de fréquence des véhicules aux heures de pointe. Les deux roues ? S'il est encore largement prisé par une partie des Chinois moins aisés, le vélo devient de moins en moins populaire.

Il est indéniable que la voiture est une vitrine de la réussite sociale en Chine, au détriment des aspects écologiques. Ainsi les voitures électriques ne sont pas vouées à un avenir florissant, comme le rappelle Jean-François Doulet, cité par 20 Minutes : "les investissements engagés dans ce domaine ne donnent pas vraiment de résultats. Les projections montrent que le véhicule électrique ne représentera pas plus de 10% de parts de marché en 2030. La Chine n'est pas un marché propice à la rupture technologique. De plus, les industriels chinois n'ont pas observé l'émergence d'un marché à l'international. Cela veut dire que le parc de voitures chinois va se constituer en majeure partie avec des véhicules à motorisation classique."

Morgane Delaisse, (www.lepetitjournal.com/shanghai.html) Lundi 20 juin 2011

Plus d'infos : Jean François Doulet, Responsable du programme Chine à l'Institut pour la ville en mouvement est aussi l'auteur du Blog Villes chinoises

Lire aussi notre article du 27 avril Le boom de la voiture en Chine

Le Petit Journal Shanghai
Publié le 20 juin 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos