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La marée noire était blanche

Par Le Vent de la Chine | Publié le 24/01/2018 à 21:15 | Mis à jour le 26/01/2018 à 08:37
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Le 6 janvier, le tanker panaméen Sanchi éperonna le cargo hongkongais CF Crystal à près de 300 km des côtes du Zhejiang (Chine). Un incendie se déclara au niveau des cuves de pétrole condensé, dont les fumées se propageaient à des centaines de mètres de hauteur. Le 14 janvier, le bateau explosait, coulait sans survivants. En volume, avec 136.000 tonnes de pétrole, c’est la seconde marée noire depuis 1991, quand un navire au large de l’Angola avait perdu 260.000 tonnes de brut. Dans l’absolu, c’était la plus grande catastrophe maritime écologique de tous les temps : Contrairement au brut qui flotte en surface, ce pétrole transparent se combine à l’eau de mer sur 10 mètres de profondeur ;  poison violent, il menace toutes les espèces, du calamar au crabe, du poisson aux baleines. Au 18 janvier, la nappe de pollution s’étendait de 20,7km² à 109 km² suivant les sources.

Pourquoi cette collision, et lequel des navires est responsable ? La Chine s’en préoccupe à présent, ses garde-côtes ayant réussi à récupérer la boîte noire du Sanchi avant qu’il ne coule. Un détail frappe : les deux navires naviguaient sous pavillons autres que ceux des armateurs propriétaires (le Sanchi, iranien, battait pavillon panaméen et le CF Crystal probablement chinois était enregistré à Hong Kong). Ceci a pu donner lieu à des conditions sécuritaires (équipements, formation) allégées. Le fait que 100% de l’équipage ait disparu (30 Iraniens dont une femme, et 2 Bangladais) est accablant pour la compagnie iranienne.

Comment les Etats riverains ont-ils réagi à ce danger menaçant leurs eaux, sous difficulté d’intervention accrue, à plus de 10 heures de toute côte ? Le 11 janvier, une firme de surveillance satellitaire signala un essai raté de transbordement de pétrole de bord à bord, cause d’une première vague de pollution. Le passage à bord du 13 janvier, permit de recouvrer trois corps et la boîte noire, mais non d’accéder au bloc d’habitation, sous 89°C. Avant son naufrage, une option envisagée un moment avait été de dynamiter le Sanchi pour consumer instantanément toute la cargaison. L’option fut abandonnée, du fait du risque de survivants. Au 20 janvier, l’épave reposant à 115 m de fond et continuant à émettre de nouvelles flaques de pétrole, la marine chinoise envisage (dernière minute) de le renflouer. Le drame met à jour l’absence de plan international concerté pour prévenir ce genre de drame et intervenir efficacement à l’avenir, en cas d’accident sur de telles bombes flottantes à travers les mers de Chine.

 

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