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Zazou Wave : "Les Brésiliens adorent la langue française !"

Par Déborah Collet | Publié le 03/03/2020 à 17:45 | Mis à jour le 03/03/2020 à 20:31
Zazou Wave

Zazou Wave est un chanteur français qui est parti vivre depuis 19 ans, à Londrina au Brésil. Il est également professeur de français et propose plusieurs types de cours pédagogiques. En plus de la maîtrise de sa langue natale, il parle couramment le portugais. Il nous explique son parcours musical et sa vie brésilienne.

 

Pourquoi avez-vous choisi de vous expatrier dans la ville de Londrina au Brésil ?

 

Zazou Wave : J’ai décidé de partir au Brésil, car la mère de ma fille est brésilienne. En 2001, nous avons choisi de rejoindre sa ville natale, Londrina. C’est une ville très vivante de par sa culture et sa vie étudiante. Je pense qu’il faut vivre au Brésil pour se rendre compte des inégalités présentes dans le pays. D’un côté de la ville, il y a des choses extraordinaires réalisées au niveau technologique et d’un autre côté, une misère indescriptible est présente comme les favelas. J’ai été très surpris en arrivant à Londrina de constater la présence de nombreux Japonais, qui sont nés et habitent au Brésil. À Londrina, on peut observer un grand nombre de nationalités et de mélange de culture, c’est ce qui en fait son charme.

 

Comment vous êtes-vous lancé dans la musique ?

 

Adolescent, je jouais des pièces de théâtre et j’écrivais des poèmes. Très vite, j’ai commencé à chanter dans un groupe de blues appelé "Zazoubluz", influencé par le monde du rock et du blues. Puis, j’ai sorti un album en 2010 "On the blues way", et un autre en 2012 "Running after my Life". Les artistes français, tels que Jean Jacques Golman, Laurent Voulzy, Pascal Obispo, Paul Personne, m’ont énormément inspiré de par leurs interprétations musicales. Tom Jobim, Gilberto Gil, Ana Carolina, sont de merveilleux chanteurs brésiliens que j’écoute. Actuellement, je suis de très près les musiques de Seu Jorge, musicien brésilien, qui est notamment, très présent sur la scène française. Le plus important pour moi est de créer des compositions de qualité et de ne pas essayer de faire de la musique commerciale, tout en plaisant à un public le plus large qui soit. J’essaye toujours de coordonner l’harmonie de ma musique aux paroles et de faire des chansons écrites en français et en portugais. Mon style musical se rapproche de la pop avec un mélange de sonorités brésiliennes. Par exemple, c’est le cas de ma musique "Brasil et moi" où je rends hommage au pays et où j’utilise la Cuíca, un instrument de musique brésilien. Les personnes qui m’écoutent doivent pouvoir se reconnaître et s’identifier. Ce que j’admire le plus dans la musique brésilienne, c’est la musicalité tel que la guitare acoustique et les percussions. J’utilise dans mes musiques des percussions brésiliennes. Selon moi, les musiques françaises manquent de sonorités et au contraire, les musiques brésiliennes manquent de paroles. Je pense donc que la conciliation des deux permet une bonne harmonisation.

Pourquoi est-ce important pour vous d’écrire des chansons françaises et de les faire connaître auprès des Brésiliens ?

 

Les Brésiliens adorent les Français et la langue française ! Si vous venez au Brésil, vous avez juste à dire que vous êtes français et vous serez tout de suite accueilli comme des rois. Ils connaissent les grands classiques de la musique française comme Edith Piaf. Ils connaissent aussi les chansons de Zaz. Lors de mes concerts, je chante en français beaucoup de musique brésilienne. Une petite anecdote, à mes débuts, les Brésiliens me hurlaient ’'toque Raul'', évidemment, je ne comprenais pas. Finalement, ils voulaient que je chante du Raul Seixas, célèbre auteur de chansons poétiques, artiste des années soixante-dix. De ce fait, j’ai écrit la version française "Gita", l’une de ses plus belles chansons et la chante lors de mes concerts. Je chante en anglais, en portugais et en français et j’aime partager la scène avec des musiciens locaux. J’ai toujours été étonné par la capacité qu’ont les Brésiliens d’improviser sur scène.

 

Comment exercez-vous votre activité de professeur de français au Brésil en parallèle de votre métier de compositeur ?

 

J’exerce cette profession depuis 19 ans. Au tout début, je travaillais de façon autonome pour une coopérative et chaque autonome participait aux frais de l’école. Depuis 10 ans, j’ai créé, à domicile, ma petite salle d’école composée d’un tableau pour accueillir les Brésiliens où je donne des cours de français. Ce n’est pas tout le temps évident de concilier les deux, puisque toute la semaine, je donne des cours et le week-end, je suis sur scène. Mais j’aime transmettre un savoir, j’aime ce métier. Bientôt, avec l’entreprise "academiadofrances" qui passe par Instagram, je vais pouvoir enregistrer des cours en français qui seront directement diffusés sur ce réseau social.

 

Avez-vous d’autres projets musicaux ?

 

Oui, je vais bientôt sortir un nouveau clip et deux nouveaux singles, l’un appelé "rêveur de papier" et l’autre "sensuelle". La musique "rêveur de papier" est groovy et rock. La musique se réfère aux rêves de vie que l’on fait mais que l’on ne sait pas réaliser par faute d’initiative et de courage ou par utopie. La musique "sensuelle" est beaucoup plus légère. Sur le conseil de mon musicien avec qui je travaille, Marcos Aguiar, nous avons opté pour une nouvelle ambiance romantique. Les paroles sont des jeux de mots et des rimes en "elle". Le musicien avec qui je collabore me donne l’harmonie et je crée la mélodie de la chanson et les paroles."Identidade", le prochain clip, raconte l’histoire d’un homme, moi en l’occurrence, qui cherche son identité, le cœur partagé entre deux nationalités. Le clip a été tourné dans les ruelles brésiliennes et met en scène ma vie au Brésil. Elle est reliée à des éléments français comme la célèbre Tour Eiffel, qui y figure. Quand cet homme se rend en France, il est nostalgique du Brésil et quand il revient au Brésil, il l’est aussi de la France.

 

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Déborah Collet

Spécialisée en communication et dans les relations médias, elle est aujourd’hui journaliste au sein de la rédaction internationale.
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