Mardi 30 novembre 2021
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PORTRAIT DE LECTEUR – A la rencontre d'Alain Goulène, 46 ans, avocat

Par Lepetitjournal Sao Paulo | Publié le 18/12/2012 à 00:05 | Mis à jour le 23/12/2012 à 16:34

Lepetitjournal.com Brésil continue sa série de portraits de lecteurs ! Cette semaine, nous vous emmenons à la rencontre d'Alain, pauliste passionné depuis 12 ans.

Lepetitjournal.com - Depuis combien de temps vivez-vous au Brésil et comment avez-vous pris la décision de venir vous y installer ?
Alain Goulène ? Je suis né en Italie, j'ai habité au Liban, en Grèce et plusieurs fois en France. Je suis arrivé au Brésil, à l'âge de 7 ans. J'ai effectué une partie de ma scolarité - le primaire et le collège - au Lycée Français de São Paulo (Lycée Pasteur). J'étais déjà bilingue et bi culturel. Je suis revenu il y a 12 ans alors que j'étais déjà avocat installé en France et professeur à la faculté de droit. Un jour il m'a été proposé d'intégrer un très grand cabinet d'avocats de São Paulo qui m'a offert la possibilité de rejoindre leur "french desk". Très rapidement j'ai également reçu des propositions pour enseigner dans les universités.

Quelles démarches avez-vous dû accomplir pour exercer au Brésil ?
Pour obtenir le barreau brésilien, c'est long parce qu'il faut revalider tous ses diplômes français. J'ai mis 6 mois pour revalider mon doctorat en droit à la USP, Pour effectuer la revalidation de la maîtrise ça a pris un an et demi car il faut fournir un nombre de documents effrayants. Une fois revalidé mon diplôme, j'ai passé l'examen du barreau. Dès que je l'ai obtenu, je me suis installé et ai fondé ma propre société d'avocats. C'était en 2003. Je me suis plutôt tourné vers les projets d'entreprises françaises et par la suite québécoises souhaitant s'implanter au Brésil. On note très clairement une croissance du nombre d'entreprises étrangères au Brésil depuis quelques années, notamment francophones. Je travaille avec une équipe de 15 personnes aujourd'hui et une petite équipe à Paris aussi, car je suis toujours avocat au barreau de Paris aussi.

Est-ce que votre arrivée au Brésil a été difficile ?
Comme j'ai déjà connu le pays pendant une bonne partie de mon enfance et que je suis venu très régulièrement à São Paulo par la suite, notamment pour donner des cours en master à la USP, ça n'a pas été le dépaysement total ! Par contre, en arrivant au Brésil, personne ne me connaissait vraiment sur le plan professionnel. J'ai très vite développé une clientèle. Par ailleurs dès que j'ai eu la revalidation de mon doctorat j'étais en charge des cours de droit international à l'université Mackenzie, qui est l'une des plus prestigieuses facultés de droit du Brésil. J'ai arrêté l'enseignement supérieur il y a cinq ans pour me concentrer sur mon cabinet.

Quelle image avez-vous du Brésil ?
Ce que j'aime dans le pays, c'est São Paulo ! L'énergie qui se dégage de cette ville est incroyable. C'est une pulsation permanente qui me plaît beaucoup. On y ressent l'envie d'aller de l'avant dans tous les domaines : cela concerne tant les artistes que les entrepreneurs par exemple. Ce que j'apprécie également, c'est la liberté que l'on a à São Paulo. Je suis sensible au design, l'art qu'on voit ici et je suis très content de voir l'excellente image qu'ont les frères Campana en France depuis plusieurs mois. J'ai d'ailleurs assisté à leur remise du prix Colbert en septembre à Paris. Vik Muniz est aussi un artiste qui me semble particulièrement intéressant. Le dynamisme. Et difficile de ne pas craquer pour les plages du littoral nord (ndlr de l'état de São Paulo) !

Mais je ne suis pas non plus en béatitude face au Brésil, il y a certaines choses qui me dérangent. Notamment la relation au temps très personnelle des Brésiliens ! Cela concerne aussi bien les problèmes de ponctualité, que le fait que globalement tout est envisagé à très court terme, il n'y a pas de raisonnement à moyen ou long terme. Au travail  je me suis habitué, mais dans la vie sociale j'ai du mal à m'habituer au fait que si on lance une invitation pour 20h30, les gens n'arrivent qu'à 23h...

Vous parlez portugais : un peu, beaucoup, passionnément ?
Je parle le portugais. Je travaille autant en français qu'en portugais, et en tant qu'avocat, je suis obligé de maîtriser la langue.

Comment avez-vous découvert Lepetitjournal.com ? Quels articles lisez-vous en priorité ?
J'ai connu très rapidement Lepetitjournal.com au moment de sa création par le biais de la communauté française. C'est l'édition pauliste qui m'a fait découvrir le concept. Je lis toujours les articles sur le Brésil et sur São Paulo, tous les sujets, article du jour de la ville, mais pas particulièrement ceux de la page internationale. Je ne me sens pas trop concerné pas les thématiques "expatriés". J'aime bien le portrait aussi que je lis notamment quand il s'agit de quelqu'un que je connais.

Quelles sont vos adresses préférées à São Paulo ?
Hier soir par exemple j'ai découvert le Bardega, un bar à vin, situé dans Vila Olimpia : la cuisine très bonne et ils ont des vins fabuleux.

J'apprécie le Skye pour sa vue évidemment. Le café Santo Grão aussi qui est un lieu qui a réussi à avoir un style. Pour les pâtisseries, je ne peux que recommander celles de Douce France.

Les pizzas de Veridiana sont délicieuses et je conseille la feijoada du samedi à Vila Madalena dans un petit boteco de la rua Aspicuelta qui ne paye pas de mine mais fait la part belle dans sa décoration au foot ! Il s'agit du São Cristovão.

Côté cinéma, le cadre, les salles, l'ambiance et la programmation de la Reserva Cultural sur la Paulista.

J'aime le marché de la rua Batataes, dans mon quartier.

Propos recueillis par Amélie PERRAUD-BOULARD (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 18 décembre 2012

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