Édition internationale

NATHALIE MELOT- "Nuambé", le projet artistique d’une Française au Brésil

Écrit par Lepetitjournal Sao Paulo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 18 février 2013

Nathalie Melot a tout quitté en France pour créer une agence de création artistique "Nuambé", à Rio de Janeiro. Aujourd'hui, elle revient sur son parcours pour les lecteurs du Petitjournal.com. 

Le discours est franc. Le ton, spontané. Dans son studio de Cosme Velho, à Rio de Janeiro, Nathalie Melot répond à nos questions sans ambages. C'est un vendredi soir, veille de carnaval dans la cité carioca. L'ambiance est saturée au-dehors. Elle a quitté la France, un peu trop figée à son goût, pour rejoindre la fervente Amérique Latine, est dans son élément.

Dans l'univers déluré de Nathalie Mélot, Blanche Neige embrasse Cendrillon. Les bombes sont en plastique. Et les petites filles ont des ailes bariolées. Elle aime l'artisanal, le fait-main. Une poésie qu'elle retrouve notamment chez le réalisateur Michel Gondry. Son agence de création, Nuambé, évoque d'ailleurs directement le travail du metteur en scène. "Nuambé" est la contraction de "nuage" et de "flambé". "Le nuage représente le rêve. Et le flambé évoque l'action transformatrice du feu. Il y a une idée de renaissance perpétuelle. C'est la même chose en art, il faut être en perpétuelle transformation. Chaque nouveau courant est une évolution et non une imitation de quelque chose de préexistant".

 

De Chanel Paris à "Nuambé", le grand écart

 

Nathalie Melot a fait ses débuts dans la mode à Paris. Chez Agnès B un temps, où elle officie comme assistante ; puis Chanel, à Paris, où elle s'occupera de la distribution de la marque. Très vite, Nathalie étouffe. "J'avais du mal à rester à ma place. L'élitisme est très fort en France. On est vite mis dans une case". Nathalie a envie de créer. En 2006, elle claque la porte de chez Chanel et décide de reprendre ses études. "Un mécène a bien voulu me payer ma formation. Ça a été une chance pour moi". Elle intègre l'ESAG Penningen, une école du 6e arrondissement. Nathalie sera directrice artistique.

 

Un visa temporaire en poche, direction le Brésil. La jeune Française n'a pas froid aux yeux. Elle, qui avait connu le Brésil par les voyages, raconte "Quand j'ai quitté Chanel, on n'a pas hésité à dire que j'étais folle. Peu y croyait". Elle, n'a pas cessé d'y croire. Pendant un an, elle s'initie au métier de directrice artistique à Rio de Janeiro. Les rencontres se multiplient. Mais le côté administratif la frustre. Nathalie veut créer de ses propres mains. En 2011, elle démarre en free-lance. Le début d'une grande aventure.

 

Les voyages forment la jeunesse


Il faut dire que Nathalie a les voyages dans le sang. De parents diplomates, elle qui a failli naître en Mauritanie, comme elle le raconte avec amusement, a grandi dans les Amériques. Au Guatemala d'abord, où elle a prononcé ses premiers mots en espagnol, puis à San Francisco, aux Etats-Unis. "Quand je suis arrivée en France à l'âge de quinze ans, tout le monde se moquait de mon accent. On ne comprenait pas que je sois Française mais que je n'en connaisse pas bien la langue", explique-t-elle.

De ses expériences passées elle a tiré la force d'un éternel recommencement. "J'ai grandi dans une société où il est facile d'entreprendre. C'était le rêve américain. Si tu veux, tu peux".

Le Brésil offre à la jeune femme un terrain d'expérimentation unique. La liberté artistique y est grande. De son enfance vagabonde, elle tire une grande ouverture d'esprit et beaucoup de sagesse. "Je n'exclus pas les échecs, admet-elle. Le Brésil est un pays encore assez fermé et conservateur. Il faut transformer ce qui peut être transformé et accepter ce qu'on ne peut pas changer".

 

"Il y a une urgence de créer en Amérique Latine"


Rio de Janeiro a été un coup de foudre. "Je ne suis pas venue au Brésil pour y faire de l'argent, comme c'est le cas de beaucoup d'étrangers. Je suis venue parce que j'aimais le pays. J'avais envie de vivre ici". Nathalie ne veut pas être mise dans une case.  Elle ne fait pas les choses par calcul. Le c?ur parle en premier, comme elle le dit si bien.


C'est ce qui transparaît au fil de ses créations. Elle s'adonne à la photographie et à la direction artistique. Elle n'obéit à aucun patron prédéfini. Nathalie aime créer des ponts entre les arts (photographie, dessin et direction audiovisuelle). La jeune femme est touche-à-tout. Aujourd'hui, en plein préparatifs de la scénographie d'une pièce de théâtre, elle a assuré la direction de deux campagnes publicitaires pour une marque de mode pour enfant. Chaque nouveau projet est un défi.

La vie de Nathalie Melot ne laisse aucune place à la routine. Chaque jour apporte son lot de nouveautés. "Il y a une urgence de créer en Amérique Latine. Ce doit être lié à cette confrontation permanente entre la vie et la mort", souligne-t-elle. En couverture de son site Internet, un crâne baroque aux incrustations bariolées opère à merveille le trait d'union entre la vanité baroque du XVIIe siècle et l'énergie colorée du continent sud-américain.

Aujourd'hui, Nathalie s'est fondue dans le rythme de la vie carioca. Elle, qui n'en est qu'à ses débuts, a des projets pleins la tête. Souhaitons-lui beaucoup de réussite.

 

Vous pouvez retrouver les réalisations de Nathalie Mélot sur son site Internet, Nuambé

 

Julia PARTOUCHE (www.lepetitjournal.com - Brésil) lundi 18 février 2013

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Publié le 18 février 2013, mis à jour le 18 février 2013
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