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LYCEE PASTEUR - Entretien avec David Tran, le nouveau proviseur du Lycée Français

Par Lepetitjournal Sao Paulo | Publié le 19/08/2013 à 22:05 | Mis à jour le 20/08/2013 à 00:02

Sympathique quadragénaire, monsieur Tran est arrivé en juillet pour devenir le nouveau proviseur du Lycée Français de São Paulo. A cette occasion, Lepetitjournal.com l´a rencontré.

Lepetitjournal.com - Quel est votre parcours ?
David TRAN - Né au Vietnam, scolarisé en France, je suis entré dans l´Éducation Nationale en tant que professeur de mathématiques, puis ai passé un concours de recrutement pour devenir personnel de direction. Le côté international est aussi important dans ma vie : j´ai été successivement élève puis professeur dans différents Lycées français à Tokyo, Portland et Alicante. J´aime découvrir de nouvelles cultures, avoir de nouvelles approches, faire preuve d´échange et développer autrement mes compétences. Avant de venir au Brésil, j'ai été proviseur adjoint pendant trois ans dans un collège-lycée qui avait des classes post-bac, à Périgueux. Je souhaitais aller en Amérique du Sud et ai postulé pour le poste de proviseur au Lycée Pasteur.
 
Vos premières impressions ?
Je suis venu en mai dernier. C´était ma première visite à São Paulo. J´ai eu l´impression d´une ville qui engloutit, qui vous prend. J´ai déjà changé d´environnement mais là, c´est différent. Mes expériences étaient dans des pays plus proches du modèle européen, excepté le Japon.

J´ai reçu un très bon accueil au Lycée. Cela a été une chance d´avoir pu être guidé par l´ancien proviseur monsieur Chevalier. Les équipes sont volontaires, dynamiques et montrent une réelle volonté d´avancer. Ce n´est pas toujours le cas. Je suis vraiment très heureux de cet esprit dans l´établissement.

Le lycée Pasteur, comme toutes les écoles françaises à l´étranger, a une ambiance internationale mais avec une continuité qui impressionne. L'ambiance aussi très familiale : il y a des élèves qui ont plus de 10 ans d´ancienneté, et parallèlement il y a des élèves qui passent d'un lycée français à un autre, mais tous accueillent les nouveaux à bras ouverts.
 
Comment s´est déroulée la rentrée de fin juillet ?
Aujourd´hui, nous atteignons un effectif de 1.200 élèves. C´est un record. Jamais le lycée n´a eu autant d´inscrits. Il faut donc gérer l´espace pour permettre à tous d´apprendre dans les meilleures conditions : bouger les classes, effectuer des rotations tout en conservant le bien-être des élèves. Par exemple, j´ai une ligne de conduite qui est partagée par le proviseur-adjoint monsieur Hosni, et l´était aussi par mon prédécesseur : il faut absolument maintenir les classes de 6ème dans leurs salles fixes, sauf pour les cours qui nécessitent des salles spécifiques. Il est important que selon les niveaux, les élèves soient en confiance. Des enfants de 6ème ont encore besoin de repères.

Tous les matins, je suis devant l´école et j´observe les élèves, les parents, les enseignants et le personnel. J´essaye d´être présent le plus souvent possible. Cela me permet de les connaître tous. Je passe aussi dans les cours de récréation et le midi à la cantine. Je découvre. Je ne suis là que depuis quatre semaines.
 
Vous avez été très réactif face au problème d´insécurité...
Je n´ai pas eu le choix. Dès le lendemain de la rentrée, j´ai été rapidement confronté à l´agression à main armée sur une famille déposant son enfant, dans la rue derrière l´école. Bien sûr, on ne peut pas sécuriser tout le quartier, mais pour les alentours proches de l´école nous sommes en train de voir les solutions qui s´offrent à nous. Il y a maintenant une ronde, très visible, de la police, plusieurs jours par semaine, avec parfois même deux voitures dans la rua Carolina Ribeiro. Je travaille avec différents acteurs dont la commission Sécurité de l´APE (Association des Parents d´élèves). Actuellement nous envisageons sérieusement d´engager du personnel supplémentaire dédié à la sécurité.
 
Quel rapport souhaitez-vous avoir avec les parents ? Avec l´APE ?
Je suis à l´écoute de tous : des élèves, des enseignants, du personnel et des parents. Ici, il n´y a qu´une association des parents d´élèves, j´attends d´elle plus que l´on pourrait prétendre en France, mais pas non plus qu´elle se substitue à l´administration. Nous devons travailler ensemble avec confiance et en bonne intelligence. Les parents ou l´APE n´ont pas un de rôle de "cellule de veille" mais d´accompagnateurs et de partenaires privilégiés. Notre objectif doit rester le bon fonctionnement du collectif tout en tenant compte des demandes individuelles.
 
Quelle est votre vision du Lycée ?
Il y a d´abord une gestion au quotidien dépendante de la situation financière de l´établissement. Des coûts fixes à maîtriser tout en améliorant les locaux ou envisager des agrandissements.

Du point de vue pédagogique, il y a un projet d´établissement qui va être mis à jour. Soyons créatifs. J´aime m'inspirer de partout : prendre le meilleur de l´éducation "à la française", avec l'apport d'autres modèles éducatifs. J´ai aussi le v?u d´ouvrir encore plus le lycée sur l´international. Le bilinguisme et le multiculturalisme sont primordiaux : tout élève doit savoir manipuler plusieurs langues. La compétence du portugais est à améliorer ainsi que la pratique du français.

Et puis, 2014 va être une année festive : il y aura la Coupe du Monde, mais aussi les 50 ans du Lycée Pasteur.
 
Quel objectif vous êtes-vous fixé ?
Je veux assurer la continuité, un suivi personnalisé tout en favorisant les réussites collectives. La solidarité est une notion très importante : on fait pour soi, mais on se doit d'être conscient du cadre dans lequel on évolue et être attentif à ceux qui nous entourent.

Qu´en est-il du projet d´ouvrir une succursale de l´école à Morumbi ?
Je viens tout juste d´arriver. Laissez-moi le temps de prendre mes marques, d´étudier le dossier, de mesurer les effectifs. Il y a de très nombreux facteurs en jeu et des acteurs multiples.
 
Etes-vous déjà à l'aise en portugais ?
Pas encore, mais je m´applique en apprenant de manière autonome.

Propos recueillis par Anne LEBAS-SIGNORA (www.lepetitjournal.com/sao-paulo) mardi 20 août 2013

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