

Les 2 et 16 juin 2012, les Français vivant à l'étranger vont élire pour la première fois un député. Lepetitjournal.com continue de vous présenter les candidats pour le Brésil. Cette semaine, rencontre avec Alain Terrien, candidat indépendant
Lepetitjournal.com - Pour la première fois, les Français vivant à l'étranger vont élire en 2012 des députés les représentant : quel rôle aura ce député ? Que pensez-vous de la création de ce poste ? Est-ce que ça ne représente pas un doublon par rapport aux instances existantes (UFE/AFE...) ?
Alain TERRIEN - La loi prévoit un représentant pour 150.000 Français ou une découpe géographique particulière. L'ouverture de postes de députés pour les Français de l'étranger est donc une simple application de la loi. Tous les Français doivent être traités de la même manière. Chaque Français mérite d'être suivi et accompagné par son pays et notamment quand il se trouve à l'étranger. Le député aura pour rôle de faire le lien entre tous les Français de l'étranger et la Chambre des députés chargée de tenir compte de l'expression du peuple, ce que les autres institutions en place n'ont pas, hormis l'administratif des collectivités territoriales.
A chaque fois que l'on crée une nouvelle instance, on se demande s'il ne s'agit pas d'une addition. Au contraire, élire un député, c'est donner un contre-pouvoir aux institutions en place. Si on ne fait pas jouer la concurrence, les gens subiront ce que l'on propose. Là, si on ne trouve pas satisfaction d'un côté, on la trouvera peut-être de l'autre. Il est bon qu'il y ait plusieurs types d'écoute et en priorité celle des citoyens, ce qui n'était pas le cas avant cela.
Cette création est en fait la première création où on prend en compte l'avis des Français de l'étranger !
Par ailleurs, entre les différentes associations présentes à l'étranger, il n'existe en réalité que très peu de concurrence. Elles ont toutes une étiquette politique. Or il faut de la neutralité pour représenter convenablement les gens, tous les gens. C'est aussi pour cela que je suis candidat indépendant, parce que je crois que la neutralité partisane est importante et la plus saine. Enfin pour moi en politique, "le bon sens n'a pas d'étiquette".
Qu'est-ce qui vous a amené à vous présenter sur cette circonscription de l'Amérique du Sud ? Quel est votre parcours ?
Quand j'avais 20 ans, en Asie je me disais que c'était l'avenir ! Aujourd'hui cela s'est déplacé. L'avenir se prépare en Amérique du Sud et je ne veux pas rater ça. Il faut créer des ponts et être dans ce bouillon de culture. Il y a énormément à découvrir en Amérique latine. J'ai commencé par le nord lors d'une mission économique en Haïti, puis visité Cuba et, comme é de voile, j'ai eu l'occasion de découvrir les Caraïbes. Aujourd'hui, je suis en train de promouvoir des concepts de restauration en Amérique du Sud notamment, car je crois que la promotion de la gastronomie française à travers le monde est primordiale, elle véhicule notre goût des choses naturelles en générale et est le reflet d'une part déterminante de notre culture.
Quelle vision avez-vous de cette circonscription ?
C'est très grand et il y a de grandes différences entre la pointe du Chili, le Honduras ou encore la Colombie. Ce sont des considérations géopolitiques, mais tous ces Français qui y vivent ont en commun le besoin d'être considérés pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire des représentants de la France. Ils ont besoin de quelqu'un qui exprime leurs voix. Cette zone représente pour moi l'avenir, une sorte d'après-Chine. Il faut que nous y allions, l'avenir des Français de métropole en dépend.
Que pouvez-vous apporter à la vie des Français de l'Etranger ? Sur quels sujets souhaitez-vous faire entendre leur voix en priorité ?
Les attentes sont différentes, l'esprit Caraïbe et Amérique du Sud ne sont pas les mêmes. Il y a aussi beaucoup de Français qui ne sont pas forcément très heureux et qui ne peuvent pas revendiquer certains avantages de métropole. C'est un problème économique et social. Il faut apporter une solution économique à chaque Français qui de fait sont force de représentation de la France à l'étranger. Il faut leur reconnaître un vrai statut, et si on y parvient la moitié des problèmes sociaux seront réglés. Les autres difficultés sont à prendre de façon distincte : les territoires, la sécurité, l'éducation, la retraite, etc. Solutionner les difficultés économique c'est solutionner plus de 50 % des difficultés !
Concernant l'éducation par exemple, il faut travailler avec un système de tablettes numériques pour que les programmes soient vraiment les mêmes partout. J'ai déjà commencé à regarder comment on pouvait faire, en rencontrant des fabricants, des éditeurs, etc. C'est un méga chantier, mais il mérite de le lancer même au titre de défi d'avenir !
Il faut aussi assurer des conditions dignes de retour à tous les gens qui ont représenté la France à l'étranger.
A la différence des députés en France qui couvrent un territoire assez restreint et peuvent assurer des permanences, comment pensez-vous que les Français d'Amérique du Sud pourront communiquer avec leur député ? Comment pensez-vous aller à leur rencontre ?
En cas de résultats favorables, je prévois de mettre à disposition l'ensemble de mon salaire de député au titre de moyen, pour la mise en place d'une organisation de représentation des Français dans chaque pays, dans la volonté de la démocratie directe. Grâce à ce réseau, nous ferons en sorte de centraliser les idées fortes des Français concernés, dont mon mandat aura ensuite l'honneur de les "remonter à la Chambre des députés", après validation bien sûr, par l'ensemble de ses adhérents. Pour mettre ce système en place, je continuerai à me rendre sur place dans chaque pays au cours de mon mandat, même ceux où je suis déjà venu. C'est un challenge programmé indépendamment des législatives, parce que, il y a dans cette opportunité électorale, particulièrement en Amérique latine la subtilité de se créer le plus fin des plaisirs, c'est-à-dire simplement celui que l'on procure aux autres !
Par ailleurs, je suis déjà également disponible pour rencontrer les Français via Skype ou pour leur répondre par email, ou sur mon site : www.permis-de-voter.net
Propos recueillis par Anne-Louise SAUTREUIL (www.lepetitjournal.com ? Brésil) vendredi 25 mai 2012





