

Ariane Ascaride a répondu à nos questions - Photo L. Guerinaud (LPJ)
LPJ : Ariane, quand on voit vos films, on a l´impression d´un travail "en famille", et d´un choix de rôles bien précis ?
Effectivement, je travaille avec des personnes partageant les mêmes valeurs essentielles. Avant même d´être des acteurs, nous sommes des individus. J´ai un tel respect pour l´art que je ne ferai pas n´importe quoi. Pour moi ce métier c´est un sacerdosse. Lorsque je joue un rôle, je suis une interprète, c´est à dire que je vais essayer de traduire le plus près possible, m´incarner dans le personnage. On est acteur aussi par rapport à des situations dans lesquelles on se trouve : je suis devenue comédienne parce que je voulais avoir plusieurs vies, vivre la vie de plusieurs personnages.... Je me suis rapidement aperçue que ce n´était pas possible !!
Vous avez commencé par des rôles au théâtre, vous avez même joué dans des appartements, "à domicile", qu´est-ce que cela vous a apporté ?
Pierre Ascaride, mon frère est l´auteur de ce concept, jouer dans un espace qui est d´habitude le salon, la salle à manger. Qu´est ce qui se passe à ce moment là ? C´est assez magique, dès que l´on sonne à la porte on est dans notre rôle, maquillés, habillés, et on s´aperçoit au terme de la représentation que le théâtre l´emporte sur le quotidien. Je me souviens d´un enfant qui à l´issue de la représentation me touchait le bras pour savoir si ce qu´il avait vécu était bien réel, si je n´étais pas une illusion.
Ce n´est pas difficile de travailler avec Robert Guédiguian, votre mari dans la vie ?
Au début le travail a été difficile, c´est vrai que l´on s´engueulait. Je sortais du conservatoire, j´avais suivi les cours d´ Antoine Vitez et je croyais tout savoir ! Mais le mot que je préfère, c´est "ensemble". Un réalisateur, il faut le laisser tranquille, le laisser travailler. Quand nous nous retrouvons sur un tournage, Robert, Jean Pierre Darroussin et Gérard Meylan, on appelle ça "nos universités d´été", un bonheur partagé pour le cinéma.
Lady Jane est un film noir, très noir. Une sombre histoire de vengeance, comme une obsession. Comment vous y êtes-vous préparée ?
J´aime beaucoup Electre, elle m´a inspirée pour ce rôle. Ensuite, je travaille dans ma tête comme si je m´aménageais un appartement : les éléments arrivent et s´installent. Puis je marine dans mon personnage pour le faire vivre au plus près. J´ai mon sas d´entrée, les maquilleuses, coiffeuses sont pour moi des personnes très importantes qui m´aident, autant à entrer dans le rôle qu´à en sortir, cela fonctionne des deux côtés.
Ariane quels sont vos projets cinématographiques ?
Je vais jouer pour la télévision dans l´adaptation de ??l´élégance du hérisson''. Je vais ensuite interpréter George Sand et je vais réaliser une fiction pour France Télévisions, sur le thème de l´identité, pour dire que moi je vois un petit peu les choses comme ça...
J. Sivieri (www.lepetitjournal.com - São Paulo) mercredi 25 juin 2008
Lire notre article : Panomara du cinéma français à la Reserva Cultural

L'Elegance Du Herisson ? Muriel Barbery, Gallimard, 2006
Electre ? Sophocle ? Bréal, collection Connaissances, 2001
Ariane Ascaride, en tournée théâtrale avec : La Maman bohême / Médée, de Dario Fo et Franca Rame, mise en scène Didier Bezace (en France)





