Le 3e festival de l'association franco-brésilienne Malungos, qui s'est tenu la semaine dernière à Rio, s'est terminé dimanche par une roda finale à Copacabana. Plusieurs capoeiristes français avaient fait le déplacement, en profitant pour découvrir la "Cidade maravilhosa" et les actions sociales du groupe de capoeira dans la ville.
Un final en fanfare. Le 3e festival carioca de l'association franco-brésilienne Malungos a choisi de conclure ses quatre jours de capoeira par une dernière roda devant le Copacabana Palace dimanche après-midi. Près d'une quarantaine de capoeiristes, dont une bonne partie de Français qui avaient fait le déplacement pour l'occasion, étaient réunis dans l'ambiance particulièrement festive de la capoeira.
Malungos ("partenaire", "ami") a été créé par des professeurs de cet art martial brésilien, inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'Etat de Rio depuis 2009, dont "Pedigree" - tous les capoeiristes confirmés ont un surnom -, un Carioca de 41 ans qui vit depuis 2006 à Saint-Etienne (Haute-Loire), où il enseigne la capoeira. Plusieurs autres villes de France (Paris, Bayonne) et d'Europe (Amsterdam, La Haye, Odense, etc.) ont également leur antenne Malungos.
Mais à Rio, l'association mène un véritable projet social. Située dans le quartier d'Encantado, elle propose des cours gratuits pour les enfants et veut aller plus loin. "On fait du soutien scolaire, on aide les familles à se procurer de la nourriture, on est une vraie CAF (Caisse d'allocations familiales) brésilienne!" indique Pedigree.
Les capoeiristes français ont ainsi pu découvrir les actions menées par Malungos à Encantado. Maggie, qui a fait le voyage avec sa fille Lola, en est "ravie". "Cela nous a permis d'aller dans des lieux très différents de Rio dans une ambiance totalement brésilienne", souligne-t-elle. La Parisienne était autant heureuse d'avoir visité "une ville aussi ouverte avec des gens prévenants et chaleureux" que de faire progresser son niveau de capoeira, cet art "passionnant, dont la culture unit des gens du monde entier". "C'est un savoir être avant d'être un savoir-faire, on ne te juge pas sur tes prouesses techniques", ajoute-t-elle.
Les "joueurs" français ont tout de même pu constater la différence de niveau avec les locaux qui ont un rythme plus rapide, voire plus violent parfois. "On est plus proche de la capoeira d'origine, c'est plus sec, moins timide", explique Maggie. "C'est plus bordélique, à l'image du peuple brésilien", confirme Sophie avec le sourire.
La France, meilleur pays étranger pour faire de la capoeira
C'est peut-être pourquoi "Motoqueiro", un autre capoeiriste français, a l'impression que ce sport "n'est pas très bien vu au Brésil". La capoeira garde ici sa réputation de sport de rue, "de voyou", ancienne lutte violente, où l'on n'hésitait pas à "jouer" armé d'une lame, alors qu'en France, l'art martial et son ambiance festive et acrobatique est à la mode, constate Motoqueiro.
Corentin CHAUVEL (www.lepetitjournal.com - Brésil) lundi 5 août 2013





