

De la taille de la Suisse, Marajo se situe à l'embouchure de l'Amazone et du Tocantins, face à l'Atlantique. Les civilisations indiennes s'y seraient installées il y a plus de 3.000 ans. Un pays dans le pays.
Plage du nord - Photo LPJ
Peuplée de quelques 200.000 habitants concentrés sur la côte, l'île de Marajo est couverte sur sa moitié ouest de forêts, pour la plupart inondées, et de prairies dans sa moitié est, dont certaines demeurent sèches tout au long de l'année. Au nord, l'Amazone rencontre l'océan Atlantique dans un choc formidable des eaux. De superbes plages s'étendent sur des kilomètres de sable blanc. Au large, on aperçoit d'autres terres, car la plus grande île deltaïque est en réalité un archipel.
Un ferry part chaque jour de Belém pour accoster trois heures plus tard, près de Soure, la principale ville (ou 20 minutes en avion). Pour s'aventurer à l'intérieur, pour qui veut admirer de plus près la vie tranquille dans cet écosystème unique, on rejoint l'une des fazendas de l'intérieur en empruntant une route d'eau - ou "igaporés" en tupi - en bateau ou par les quelques routes accessibles en voiture.
Ces fazendas exploitent d'immenses territoires où les troupeaux de buffles peuvent tranquillement profiter de leurs journées avant qu'un gaucho ne les ramène le soir à la fazenda. On raconte que les premiers buffles immigrés sur l'île seraient arrivés à la nage après le naufrage d'un navire français. Partout, sur la plage ou sur les routes, des buffles tirent des charrettes. En témoignage de leur passage, les Indiens ont laissé des objets de poterie sur l'île, vieux de 3.000 ans. Ils trouveraient leurs origines au Pérou et se seraient aventurés au gré de la plus grande rivière d'Amérique.
Buffle dans une fazenda - Photo LPJ
Quelques jours de bonheur
On peut loger dans une fazenda, telle que la Fazenda do Carmo mais les prix proposés sont très élevés. L'hébergement est spartiate, l'hygiène est basique, et l'expérience unique. Pour vivre au rythme de la nature, dans un dépaysement complet, loin de la civilisation, échappant même à tout ce qu'on connaissait du Brésil. Quelques pousadas proposent aussi des hébergements de plus grand confort, notamment la Pousada dos Guaras, à des tarifs plus abordables et des formules tout compris ? les restaurants du centre ne rivalisent pas vraiment avec ceux de São Paulo -.
Les journées sont dédiées au farniente sur la plage, aux sorties à dos de buffle ou de cheval, aux promenades de jour comme de nuit à bord d'un petit canoë à moteur, qui permet de s'aventurer dans les bras du delta, et s'adonner à l'observation des oiseaux, des dauphins, caïmans,? Rien n'égale la richesse des sensations d'avancer dans un lieu en tous points hostile à l'être humain, en guettant les signes de vie animale, dans un sentiment mêlé d'excitation enfantine et d'anxiété atavique. Vivre l'instant présent retrouve tout son sens et sa valeur. L'allure paisible, campagnarde, coincée entre les immensités de l'Amazonie et de l'Atlantique. Un bout du monde avec son folklore et l'impression d'avoir fait un voyage vraiment "roots".
LB (www.lepetitjournal.com - Brésil) Rediffusion





