Édition internationale

SOCIETÉ – Le Brésil et ses réfugiés, um pais de todos? (2/2)

Écrit par Lepetitjournal Sao Paulo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

 


Le Brésil compte actuellement environ 4.300 réfugiés politiques  sur son territoire. Doté d´une législation qualifiée d´?avanguardiste? par certains , le pays est considéré comme ? accueillant?  pour les réfugiés.  L´UNHCR décrit la procédure d´asile brésilienne comme l´une ?des plus justes et plus démocratiques au monde?. Cependant toujours en situation d´extrême précarité, les réfugiés et les organisations non gouvernementales continuent de solliciter l´aide de chacun, les difficultés persistent

À son arrivée, le réfugié, immigré involontaire, a le droit de demander refuge aux autorités brésiliennes et de ne pas rentrer dans son pays jusqu'à ce que sa demande soit analysée par les organes compétents. C´est le CONARE (Comité National pour les Réfugiés au Brésil) qui a été désigné pour délivrer le statut de réfugié politique en première instance. Il est constitué par des représentants des Ministères de la Justice, des Affaires étrangères, de l´Education, duTravail et de la Santé, ainsi que des représentants de la Police Fédérale et de l´association Cáritas. En cas de refus en première instance, c´est le Ministère de la Justice qui étudie les recours. Actuellement, environ 50 à 55 % des demandes de statut de refugies aboutissent favorablement. L´association Cáritas Arquidiocesana de São Paulo est un maillon essentiel de l´accompagnement des refugiés dans leurs démarches à São Paulo. Reconnue d´utilité publique fédérale, elle s´occupe d´environ 1.900 réfugiés de la mégalopole. Forte de ses 3 assistantes sociales, 2 avocats, et bénévoles, elle tente chaque  jour d´aider les refugiés dans leurs démarches et leur intégration. Ainsi, dès son arrivée, le candidat au statut sera immédiatement accompagné dans sa demande par un avocat, recevra une petite aide financière, trouvera les contacts des centres d´hébergements et rencontrera une assistante sociale qui l´aidera dans ses démarches administratives et de recherche d´emploi. Enfin Caritas dispose d´un partenariat avec le SESC Carmo qui offre des cours de portugais gratuits.

Être refugié est synonyme de ?souffrance et humiliation?
Mais malgré les aides mises en place par le gouvernement et les associations, la situation des réfugiés demeure extrêmement précaire et difficile. Minata Ouattara, réfugiée de Côte d´Ivoire et sa fille Larissa ont témoigné de leur sentiment d´exclusion pour lepetitjournal.com. Être refugié est synonyme de ?souffrance et humiliation? selon Minata. Ivoirienne, elle est arrivée en 2004, avec sa fille alors âgée de 10 ans, fuyant la guerre dans son pays. Désirant rejoindre son mari, déjà réfugié au Brésil à l´époque, elle a pu bénéficier du regroupement familial et traverser l´Atlantique avec sa fille. Minata raconte qu´elle a été terriblement déçue à son arrivée par la situation économique et sociale du pays: "il y avait des favelas partout". La famille a souffert de nombreuses années avant de trouver récemment un semblant de stabilité. Face à l´impossibilité de trouver un logement, faute d´emploi déclaré, la famille a du se résoudre à partager son foyer avec d´autres, un  jour, peu de temps après son arrivée au Brésil , en rentrant de ses cours de portugais, Minata s´est retrouvée dépouillée de toutes ses affaires sur son propre lieu de vie, il a alors fallu de nouveau tout recommencer... Aujourd´hui, Minata fait des tresses africaines pour gagner sa vie, et le quotidien reste fait d´incertitudes... Larissa, 16 ans, quant à elle, veut rester au Brésil. Mais tout n´a pas été plus facile pour cette ravissante adolescente. La jeune fille a souffert de discrimination de la part des autres élèves de l´école qui la considéraient comme trop différente en raison de son origine: "pour eux, en Afrique on n´avait pas de maisons...". Après avoir déposé plusieurs plaintes auprès de la police, et fini par changer d´école, Larissa dit avoir enfin trouver le calme.

De nombreux défis restent donc à relever : l´autosuffisance des refugiés et leur intégration par l´éducation et le travail seront essentiels si le Brésil souhaite se démarquer comme terre d´accueil dans les années à venir.

Constance Lupinacci (www.lepetitjournal.com - Brésil) Mardi 31 août 2010

Relire: SOCIETÉ ?  Le Brésil et ses refugiés,  um pais de todos? (1/2)

Pour venir en aide aux réfugiés:

Cáritas Arquidiocesana de São Paulo

Centro de referência para Refugiados
Rua Venceslau Brás, 78 - 2° andar
Centro - São Paulo
Tel: (11) 3241.3239
mail: casp.refugiados@uol.com.br

lepetitjournal.com sao paulo
Publié le 31 août 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos