

A l'occasion du Festival de cinéma français Varilux, organisé du 10 au 17 juin dans plus de cinquante villes brésiliennes, de nombreux acteurs et réalisateurs étaient invités à venir présenter leur film. Après Patrick Bruel et Tahar Rahim, Lepetitjournal.com a rencontré Noom Diawara et Philippe de Chauveron à Rio de Janeiro. Fidèles au film, l'acteur et le réalisateur de Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ? se sont livrés avec humour et sans langue de bois.
Lepetitjournal.com : Vous venez présenter le film le plus populaire de la programmation. Est-ce que vous le ressentez ?
Philippe de Chauveron: Ca a été le film le plus populaire de l'année dernière en France. C'est vrai qu'on a rencontré beaucoup de Français qui l'avaient vu en France, ou en streaming, ce qui n'est pas bien d'ailleurs. Les Français le connaissent déjà ici, les Brésiliens non. Je viens surtout pour le faire découvrir au public brésilien parce que le film sort en août ici dans les salles.
Comment réagit le public brésilien ?
PDC : On a eu un super accueil à São Paulo, le premier jour. C'est un sujet universel, et il y a beaucoup de métissage ici au Brésil, cela les touche.
Justement, les Brésiliens étant habitués au métissage, l'humour de Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ? a-t-il de l'effet sur eux ?
PDC : J'ose espérer. Le film a eu beaucoup de succès en Amérique du sud alors je ne vois pas pourquoi au Brésil il n'aurait pas le même succès, voire même plus parce que c'est un pays encore plus métissé, davantage qu'en France.
Noom Diawara : Cela reste une grosse comédie avec des dialogues et des scènes drôles. C'est la situation de ce père de famille qui voit ses quatre filles partir avec des personnes d'origines étrangères, qui n'en peut plus. La goutte d'eau, c'est le dernier gendre qui est noir (ndl : joué par Noom Diawara). Certes, il est le plus beau?
PDC : Ils disent ?negro? ici !
ND : Oui, il faut que je m'habitue à ça ! Mais ce film est drôle, les gens s'identifient à la situation. Un mariage qui se passe mal donne une bonne comédie, alors avec quatre mariages c'est quatre fois plus de fun.
Les Brésiliens, et c'est normal, voient beaucoup la France à travers les idées reçues. Est-ce que ce film va leur permettre de voir une partie de la France qu'ils ne connaissent pas ?
ND : Je ne sais pas s'ils se rendent compte que la France est vraiment mélangée, comme il s'agit un film.
PDC : Il faut aller en France pour se rendre compte de cela. Je pense que dans l'imaginaire des gens, on pense à la France des années 60 et 70. Mais la France a beaucoup changé depuis. Quand les immigrés sont arrivés, on les voyait moins, et désormais leurs enfants sont à l'école et sont devenus Français. Le regard est différent.
Il faut donc dire aux Brésiliens que vous ne leur montrerez pas la France qu'ils imaginent ?
PDC : C'est une comédie ! Une fois qu'ils rentrent dans le film, ils vont rire. Intouchables est un film qui a marché partout dans le monde. Quand les gens vont voir un film d'horreur, ils veulent avoir peur, avec une comédie, ils veulent se marrer. C'est le bouche à oreille qui fait le succès des films, c'est le public qui décide. Nous avons fini le film et nous le donnons au Brésil.
La culture cinématographique est moins développée ici qu'en France, mais le pays compte 200 millions d'habitants. Comment voyez-vous ce marché ?
PDC : Au niveau du cinéma, la France est un des pays les plus développés au monde en proportion au nombre d'habitants. Je ne connais pas du tout la situation ici, mais j'ai vu beaucoup de monde dans les salles. J'ai l'impression que les Brésiliens aiment la culture française.
Noom, quel est votre regard sur le Brésil d'aujourd'hui ?
ND : C'est la première fois que je viens ici. Je pensais que tout le monde danserait la samba dans la rue (Rires). C'est l'image que j'avais comme eux nous imagine avec un béret et une baguette. J'ai été agréablement surpris hier soir, la salle était pleine. Il y avait beaucoup de Français expatriés qui sont venus avec leurs amis brésiliens. Comme ils avaient vu ou entendu parler du film, ils ont voulu partager l'expérience avec leurs amis. Ce n'est peut-être pas une population qui va beaucoup au cinéma, mais je pense que si le peu de personnes qui va au cinéma voit le film et se marre, le pari sera réussi. En tout cas, je suis très content d'être là, c'est magnifique.
L'engouement autour du film est-il toujours d'actualité en France ?
ND : Le film est passé il y a un mois sur Canal Plus. Les gens l'ont regardé, on a reçu beaucoup de messages.
PCD : Oui mais maintenant c'est plus à l'étranger. En France, la carrière du film est un peu terminée. Mais les comédies vieillissent mieux, le film va repasser pendant 10 ou 20 ans je pense !
ND : Sur TF1, un dimanche soir ou à Noël (Rires).
Propos recueillis par Florent ZULIAN (www.lepetitjournal.com - Brésil) jeudi 18 juin 2015
-Voir l'interview de Patrick Bruel





