Édition internationale

PRESIDENTIELLE - Portrait des candidats : Marina Silva

Écrit par Lepetitjournal Sao Paulo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 15 septembre 2014

L'élection présidentielle brésilienne aura lieu les 5 et 26 octobre prochains, en même temps que les élections législatives nationales et locales, une partie des sénatoriales et l'élection des gouverneurs d'Etat. Onze candidats sont en lice pour siéger au palais du Planalto à Brasilia. Lepetitjournal.com vous propose le portrait de chacun de ces postulants, à raison d'un par jour. Ce mardi : Marina Silva, candidate du Parti socialiste brésilien (PSB) depuis la mort accidentelle d'Eduardo Campos.

Biographie
La trajectoire de Marina Silva n'est pas sans rappeler celle de Lula. Née au coeur de l'Amazonie le 8 février 1958, Marina Silva a passé son enfance au Seringal Bagaço, dans l'Etat d'Acre. Son père y était  "seringueiro" (récolteur de caoutchouc). Très jeunes, ses huit enfants viennent l'aider en travaillant à ses côtés.

A 16 ans, analphabète et souffrant d'une hépatite, Marina rejoint la capitale de l'Etat, Rio Branco, afin d'être soignée. La Congrégation de Marie la recueille et lui fait passer le "vestibular" (examen permettant d'accéder à l'université). Quelques années plus tard, elle intègre la faculté d'Acre et en sort diplômée en histoire. Afin de gagner sa vie, elle travaille d'abord comme domestique.

Le sort des travailleurs est un sujet qui lui est particulièrement sensible. Sa rencontre avec Chico Mendes est capitale dans son évolution politique. Ils fondent en 1984 le premier syndicat de travailleurs d'Acre, le Central unica dos trabalhadores (CUT). Ils mènent tous deux des manifestations pour sensibiliser la population à la déforestation. Elle rejoint le Parti des travailleurs (PT) en 1985.

Malgré l'assassinat de Mendes trois ans plus tard, Marina Silva ne relâche pas le combat. Elle est la première seringueira élue sénateur de l'Amazonie, en 1994. Elle lutte pour préserver la forêt, établir plus de justice sociale et mettre en place les notions de développement durable. Elle est d'ailleurs reconnue internationalement pour son travail mené pour la défense de l'environnement : elle partage en 1996 le prix Goldman avec Cristina Narbona Ruiz, et reçoit en 2009 le prix Sophie.

Le président Lula l'appelle en 2003 pour devenir ministre de l'Environnement. Elle instaure un plan national de lutte contre la déforestation et crée des zones intouchables pour les populations indigènes. Elle s'éloigne de plus en plus des autres membres du gouvernement, dont la préoccupation principale est le développement du pays. Son point de vue s'oppose au leur sur les OGM, les agrocarburants et les barrages hydroélectriques. Marina Silva démissionne en 2008 de son poste et dans la foulée quitte le PT pour rejoindre le Parti vert (PV).

C'est en tant que candidate des Verts qu'elle se présente une première fois à l'élection présidentielle en 2010. Elle terminera 3e du premier tour, recueillant presque 20% des voix. En 2011, elle quitte le PV et deux ans plus tard fonde son propre parti : Rede sustentabilidade (Réseau durable), en vue de 2014. Cependant, elle n'obtient pas le nombre de signatures de soutien nécessaire pour en valider l'inscription au Tribunal supérieur électoral. Dès octobre 2013, elle s'allie alors au PSB et annonce son soutien à Eduardo Campos. Elle concourt à ses côtés en tant que candidate à la vice-présidence. Mais le 13 août dernier, Eduardo Campos décède dans un accident d'avion. Le PSB désigne Marina Silva comme nouvelle candidate.

Son programme

- Sur le plan économique, Marina Silva souhaite que l'inflation ne dépasse pas une moyenne de 4,5% annuels et compte également introduire plus de rigueur sur le plan fiscal. Elle appelle également à la création d'un conseil de responsabilité fiscale pour surveiller les dépenses publiques.

- Des projets tels que la Bolsa Familia ou Mais Médicos seront maintenus et amplifiés.

- Développement des investissements dans le domaine de la santé et construction de 100 hôpitaux et 50 maternités à travers le pays.

- Elle promet que 10% du Produit intérieur brut (PIB) seront attribués au budget de l'éducation pour permettre de développer le Plan national d'éducation. La candidate souhaiterait également améliorer l'accès à l'enseignement supérieur, que pour l'ensino medio, le temps scolaire soit intégral, mais aussi garantir l'accès à une connexion Internet décente pour toutes les écoles d'ici 2018. Elle prévoit l'augmentation des salaires des professeurs.

- Les investissements dans sources d'énergies propres, qui soient des alternatives au pétrole, seront primordiaux.

Sondages
L'événement tragique du mois d'août a complètement rebattu les cartes : alors qu'Eduardo Campos, crédité de 9% des intentions de votes, était vu comme le troisième homme de cette élection, Marina Silva a grimpé immédiatement dans les sondages et s'est imposée finalement sur le long terme comme une sévère concurrente pour Dilma Rousseff, évinçant Aécio Neves de la deuxième place des intentions de vote au premier tour. Le dernier sondage en date lui donne 31% au premier tour (39% pour Dilma Rousseff) et 43% au second, gagnante pour un point face à la présidente sortante. Suspense.

Amélie PERRAUD-BOULARD (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 16 septembre 2014

- Voir le site de Marina Silva

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Publié le 15 septembre 2014, mis à jour le 15 septembre 2014
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