

Marc Boisson est Pauliste depuis trois ans. Outre sa fonction au sein de l'Alliance Française, il est écrivain. Rencontre.
Lepetitjournal.com - Depuis quand êtes-vous installé au Brésil ?
Marc BOISSON - Je suis arrivé à São Paulo en septembre 2011. Je connaissais toutefois déjà le pays, puisque j'avais été directeur de l'Alliance Française de Campinas de 2004 à 2007.
Etait-ce une volonté de votre part d'y revenir ?
On revient toujours au Brésil avec plaisir ! J'avais en effet cette envie, et le hasard des postes disponibles a bien fait les choses.
Quel a été votre parcours ?
Je me suis expatrié pour la première fois à 25 ans. Je suis parti à Lima au Pérou, pour travailler au sein de l'ambassade pour promouvoir la diffusion culturelle. En rentrant en France, j'ai passé le concours pour devenir professeur d'Espagnol, en ayant toujours derrière la tête l'idée de repartir en expatriation.
Quelle est votre fonction au sein de l'Alliance Française de São Paulo ?
Je suis directeur des enseignements et de la culture, et m'occupe également de la médiathèque. C'est un poste assez original qui mêle culture et pédagogie, ce qui nourrit mon goût pour les carrières doubles ! Travailler à la diffusion de la langue et de la culture françaises est passionnant.
Sur le plan culturel justement, quels événements l'Alliance Française prépare-t-elle ?
Notre théâtre va fêter ses 50 ans d'existence. C'est un lieu chargé d'histoire car durant la dictature militaire, ce fut un lieu de lutte et de résistance. Nous sommes encore à la recherche d'un financement, mais prévoyons de travailler sur une exposition multimédia, un livre. Il y aura également une série de représentations théâtrales organisées à partir de septembre 2014.
Plus proche de nous, la Coupe du Monde ! Nous projetons d'organiser une rencontre avec un joueur brésilien ayant évolué dans le championnat français - nous gardons pour l'instant son nom secret? Nous diffuserons également les matchs des équipes francophones au théâtre.
Nous souhaitons également développer de nouveaux projets autour du cinéma. Nous participons déjà au festival de cinéma français Varilux, ainsi qu'au cinéclub que nous organisons en partenariat avec la Reserva Cultura. Sera aussi monté, sans doute au deuxième semestre 2014, un Cineclubinho pour les enfants qui consistera en un petit-déjeuner suivi du visionnage d'un film doublé ou sous-titré.
En plus de vos activités au sein de l'Alliance, vous êtes également écrivain. Vous avez notamment publié un livre en rapport avec le Brésil.
En 2007, j'ai écrit mon premier roman roman, Vox Latina. Lorsque j'étais à Campinas, j'ai rencontré Stefânia. Je lui ai demandé de m'aider à travailler sur la traduction en portugais de Vox Latina. J'ai apprécié son sens de l'analyse. En parallèle est née l'envie de travailler sur un autre livre. Je lui ai alors proposé que nous l'écrivions à quatre mains.
Comment votre collaboration a-t-elle fonctionné ?
Nous avons recherché le sujet ensemble, en nous demandant notamment quel était notre centre d'intérêt commun, le lien entre nous deux.
Stefânia est mineira. De mon côté, j'ai été fasciné par Ouro Preto. On y a vraiment l'impression très forte que l'histoire du XVIIIème siècle y est encore vivante. Nous avions trouvé notre point de départ?
Il a ensuite fallu construire l'histoire. En association avec la région, nous avons pensé au personnage historique de Tiradentes. Nous avons ensuite choisi d'écrire un roman qui mêlerait France et Brésil, et se passerait à deux époques différentes. Au bout de quatre années de travail - un an et demi d'écriture, deux ans et demi de révisions - A Paixao de Tiradentes (La Passion de Tiradentes) était né !
La visée de cet ouvrage est paradidactique. Notre objectif était de pouvoir dérouler notre trame narrative, tout en apprenant aux lecteurs de nombreuses informations sur l'époque de l'Inconfidência, l'un des moments importants de l'histoire du Brésil.
Que raconte l'histoire ?
Un jeune étudiant français se rend à Ouro Preto. Il y découvre une statue du XVIIIème siècle qui renferme de nombreux secrets?
En parallèle, nous découvrons aussi l'histoire de Teresa de Carvalho, une jeune juive portugaise ayant quitté son pays à cause de l'Inquisition. Quelques temps après avoir migré au Brésil, elle rencontre Tiradentes dont elle s'éprend. Il nous fallait créer un personnage, celui de Teresa, afin de pouvoir raconter de l'intérieur le destin de Tiradentes.
Nous avons aussi mêlé Aleijadinho (un artiste de l'époque réputé pour ses sculptures en bois et en pierre de savon ndlr) à l'aventure, puisqu'il travaillait à Ouro Preto au cours de cette période historique. Quel était sa relation avec le mouvement de l'Inconfidência ? On ne le sait pas bien, mais nous avons imaginé qu'il y avait tenu un rôle. Lequel ? A découvrir en lisant le roman?
Que retenez-vous de cette expérience d'écriture à deux ?
Cela m'a beaucoup plu parce que c'était extrêmement formateur. Chacun d'entre nous lisait les parties rédigées par l'autre, puis nous échangions sur nos travaux respectifs, ce qui au final nous a permis d'énormément enrichir notre texte.
De nouveaux projets d'écriture ?
Je suis actuellement en train de plancher sur un nouveau roman, qui se déroule au Pérou et dont le titre est Il est mort, Jim.
Propos recueillis par Amélie PERRAUD-BOULARD (www.lepetitjournal.com - Brésil- jeudi 27 mars 2014
En savoir plus sur le roman et connaître les lieux de vente :
- Livraria Francesa
- Librairie Ouro Preto
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