

Nos partenaires de Cocorico Carioca poursuivent leur série de portraits de joueurs ayant marqué l'histoire du football brésilien. Cette semaine place à Valdir Pereira, surnommé Didi. Il fut l'un des éléments clés de la conquête des deux premiers titres de champion du Brésil, en 1958 et 1962.
Au crépuscule de sa vie, un homme en fauteuil roulant conseille des gamins qui jouent dans le contrebas. L'?il est vif, la moustache blanchie. À l'âge des plaisirs simples, le vieil homme rêve de retrouver, au moins une fois de son vivant, la pureté d'une frappe en feuille morte. Un tir rare, esthétique, qui redescend brusquement en fin de trajectoire. Plus que d'un souvenir, Valdir Pereira vit pour un passage de témoin. Ce geste, il l'a inventé. À l'époque du football en noir et blanc, on le surnommait Didi. "Son rêve, cela a toujours été de montrer à un enfant comment on fait ce geste, expliqua Nilo de Oliveira Chaves, un proche. Didi m'affirmait qu'il n'avait jamais vu quelqu'un d'autre le faire correctement." Didi était exigeant et savait où il allait. C'est pour cela qu'on l'a tant aimé au Brésil, où chacun conserve son anecdote préférée. L'une est plus répandue que les autres.
Le drapeau suédois flotte fièrement sur les hauteurs du Rasunda Stadion, fait centre du monde pendant au moins une heure et demie. La finale de la Coupe du Monde 1958 n'a pas commencé depuis trois minutes que, déjà, Niels Liedholm a ouvert le score après avoir passé toute la défense en revue. Didi va chercher le ballon au fond des filets, avant de repartir vers le milieu du terrain. Il marche, quand tous ses coéquipiers se hâtent. Les fantômes du match maudit ? huit ans plus tôt, contre l'Uruguay, au Maracanã ? semblent rôder dans tous les recoins du stade. Le jeune Pelé court vers Didi, lui demandant de se dépêcher. "Didi a demandé au petit de garder son calme, se souvient Mario Zagallo, attaquant à l'époque. Il disait que rien n'avait changé, qu'on était toujours meilleurs qu'eux et qu'il n'y avait pas de problème." Didi voulait envoyer un message clair à tout le monde. Coéquipiers comme adversaires. Ce but n'était qu'une péripétie qui n'altérait en rien le plan de marche de son premier casse d'envergure international. Il était le cerveau de la bande, le meneur de jeu. Celui qui tirait les ficelles. Cinq minutes plus tard, Vava égalisa, ouvrant la voie d'une imposante victoire contre le pays hôte (5-2). Le coup parfait, loin du hold-up. C'était un de ces jours pour l'Histoire à Solna, dans les faubourgs de Stockholm. La libération de tout un peuple qui commençait à désespérer.
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Julien Munoz - Cocorico Carioca (www.lepetitjournal.com - Brésil) mardi 27 mai 2014
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