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MUSIQUE - Le duo français Aurélie & Verioca présente au Brésil son nouvel album

Écrit par Lepetitjournal Sao Paulo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 mai 2015

A l'occasion du lancement de leur nouvel album, le duo de Françaises qu'on jurerait brésiliennes, Aurélie & Verioca, vient tout juste d'entamer sa quatrième tournée au Brésil. Lepetitjournal.com a profité d'un de leurs rares moments de répit pour les rencontrer à São Paulo et vous propose - si ce n'est pas déjà fait - de découvrir leur musique où le Brésil et la France fusionnent avec un amour et une harmonie hors du commun. 

Pas à pas, c'est ainsi que s'intitule le second album qu'Aurélie & Verioca sont venues présenter au Brésil. Leur tournée, qui a débuté le 25 avril et les a déjà menées à Belo Horizonte et Ouro Preto, conduit le duo à travers les trois États du Minas Gerais, Rio de Janeiro et São Paulo.

Choro, Samba, Bossa nova, Baião ou balades, Aurélie & Verioca sont assurément deux amoureuses de musique brésilienne. Les deux artistes sont fières de leur second album, qu'elles ont mis un an à enregistrer. Pour ce faire, elles ont choisi des invité(e)s d'honneur, ce qui les a amenées à passer par Rio (pour enregistrer par exemple avec la chanteuse de MPB Joyce Moreno), à Belo Horizonte (où elles ont pu compter sur la participation du groupe de choro Flor de Abacate), à São Paulo (pour rencontrer Swami Jr), mais aussi à Paris et en Bretagne.

?Des gringas qui font de la musique brésilienne?
L'une comme l'autre, les deux musiciennes ont découvert le Brésil et surtout sa musique, il y a des années. Verioca a commencé avec la guitare classique, au conservatoire, et est donc inévitablement venue à connaître le compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos, qui l'a aussitôt séduite : "Je me suis rendue compte tout de suite à quel point il me manquait l'essentiel : c'est-à-dire connaître la musique populaire et vivante de ce pays". Pourtant, c'est en découvrant la pianiste, chanteuse et compositrice de jazz brésilienne Tânia Maria que Verioca a eu sa première ?exaltation? musicale.  "Depuis, je ne fais que ça : je ne fais que de la musique brésilienne", confie-t-elle.

Quant à Aurélie, elle a d'abord vécu une première vie dans le cinéma, où elle travaillait comme productrice et scénariste, avant de se consacrer entièrement à la musique et au chant - quelques années après avoir eu un ?déclic? amoureux pour la musique brésilienne lors d'un festival de jazz vocal à Crest, en France -. ?J'ai toujours fait de la musique et j'ai toujours chanté?, explique-t-elle (son père jouait du piano jazz), ?j'aimais déjà les standards brésiliens, qui étaient souvent des standards de bossa nova?.

Les deux musiciennes jouent ensemble depuis 2007. ?On s'est rencontrées il y a 13 ans.? explique Aurélie. ?On a commencé à travailler ensemble autour d'un répertoire de musiques de Guinga, un compositeur de Rio absolument magnifique dont on était toutes les deux passionnées?. Les deux artistes ont donc commencé leur collaboration avec des reprises, puis, en 2010, ont entrepris de composer leur propre musique. Depuis, Verioca compose des

mélodies aux rythmes communicateurs et essentiellement brésiliens, auxquelles Aurélie appose des textes de sa création. Et au final, elles chantent l'une comme l'autre. ?C'est d'abord la musique, puis les textes viennent par dessus, ce qui n'est pas habituel?, précise Verioca.

De la musique acoustique, de la musique qui voyage
?La musique qu'on fait, c'est une musique brésilienne au sens large : c'est-à-dire qu'il n'y a pas qu'un seul style, il y a du
samba, du baião, de la musique du nordeste, etc.
? expliquent Aurélie et Verioca. ?C'est de la musique acoustique, qui voyage, et c'est justement ça qui nous séduit beaucoup dans la musique brésilienne, c'est la diversité des rythmes, c'est vraiment ça qui est génial?.

Pour leur premier album, Além des nuages (2011) comme pour Pas à pas, les musiciennes ont créé leurs propres compositions, qui se concentrent généralement autour d'?un noyau de guitare assez élaboré? et faisant presque toujours appel à un invité. Généralement, ?on invite une personne par titre, parce que c'est des gens avec qui on a envie de travailler, de construire quelque chose?, déclare Aurélie. ?Et pour rythmer un peu le contenu du disque?, ajoute Verioca, ?notre musique tient vraiment à deux.?

Cette dernière, qui joue beaucoup de percussions différentes, décrit leur musique comme ?une espèce de concentré d'instruments?. Et comme le duo voyage beaucoup, Verioca a trouvé la solution : au lieu d'emmener avec elle tous ses instruments - guitares, cavaquinho, etc. -, elle les imite à la voix. C'est ce qui lui permet de mélanger du beatbox avec des deuxièmes voix. De son côté, Aurélie s'occupe de toute la logistique. Si elle reconnaît que c'est beaucoup de travail, cela leur permet de s'autoproduire, de contacter et de rencontrer elles-mêmes les artistes avec lesquels elles collaborent : ?Ça vaut vraiment le coup, c'est une liberté totale?.

Transmettre leur amour de la musique brésilienne en France
Si on trouve essentiellement du Brésil dans leur musique, ?on trouve de la France à travers les textes?, explique Aurélie. Les textes sont dans les deux langues, portugais et français : ?il y a des choses qui sont plus simples à dire en portugais, d'autres qui sonnent mieux, etc?. L'important, précise l'artiste, c'est que ?l'émotion passe au-delà du sens : c'est ce qu'on essaye de développer?. ?La musique est la musique des mots, ce n'est pas juste la musique des notes : elle parle, quand elle est sincère et quand il y a quelque chose qui touche, sans forcément passer par le cerveau.?

?On trouve ça bien de pouvoir transmettre l'amour de cette musique en France?, continue Aurélie. Entre France et Brésil, leur coeur balance à toutes les deux. Mais pas question de choisir : l'idéal est encore de les combiner. ?On nous prend tout le temps pour des Brésiliennes?, s'amuse Verioca, qui est en train de réaliser son seizième voyage au Brésil.

?Malgré tout, on se sent complètement françaises : il y a quelque chose de naturel pour nous dans le fait de jouer cette musique, on a vraiment trouvé notre place l'une et l'autre, mais c'est important pour nous de garder notre identité française?, déclare Aurélie, avant que sa collègue et complice ne complète : ?on n'est pas brésiliennes, mais notre identité est double?. Ainsi, cette dernière nous explique que Verioca est un nom d'artiste, qu'elle a composé à partir de son prénom, Véronique, et du mot brésilien ?carioca?. Une façon bien à elle de manifester cette ambivalence.

Car l'important, c'est bien de transmettre. ?Ce qui nous intéresse,? expliquent les musiciennes, ?c'est justement de faire des ponts entre les différents types de musique brésilienne, entre la langue française et la langue portugaise, entre les musiciens qui ne se connaissent pas forcément.? C'est ainsi que, sans le vouloir parfois, Aurélie et Verioca créent des passerelles non seulement entre les rythmes et les langues, mais aussi entre les artistes eux-mêmes : ?On s'est souvent rendues compte que des gens de São Paulo ne connaissent pas certains compositeurs de Rio que, nous, on trouve incontournables, et inversement, donc on essaye de faire ce lien là?. Parfois, cela permet donc même aux Brésiliens de découvrir leur propre richesse culturelle.

Fanny CHARBIN (www.lepetitjournal.com - Brésil) vendredi 8 mai 2015

- Voir le site d'Aurélie & Verioca

- Voir la page Facebook d'Aurélie & Verioca

Infos pratiques

Aurélie & Verioca seront en concert aux dates suivantes :

- 9 mai : Barbacena (Minas Gerais) - Sesc Chorinho e Samba na Praça (20h)

13 mai : São Paulo - Mercado Municipal Paulistano (13h)

14 mai : São Paulo - CCSP Vergueiro (20h30, avec la participation de Fabiana Cozza) 

- 15 mai : Araraquara (São Paulo) - Sesc Araraquara (20h)

17 mai : São Paulo - Teatro Décio de Almeida Prado (19h, avec la participation d'Eduardo Gudin)

23 mai : Rio - Sesc Tijuca (18h, avec la participation de Joyce Moreno)

28 mai : Rio - Centro de referência da Musica Carioca (19h30)

29 mai : Rio - Centro Cultural Carioca (22h)

lepetitjournal.com sao paulo
Publié le 7 mai 2015, mis à jour le 8 mai 2015
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