Édition internationale

EDUCATION – Grandir dans une famille biculturelle

Écrit par Lepetitjournal Sao Paulo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 6 janvier 2018

Apprentissage des langues, vie quotidienne, la famille biculturelle jongle entre plusieurs mondes. Ana Kleinman, pédopsychiatre, donne quelques conseils aux parents inquiets.

Lepetitjournal.com - Pour un enfant grandissant au sein d'une famille biculturelle, vaut-il mieux apprendre les deux langues en même temps ou seulement celle du pays de résidence ?
Ana Kleinman - Les études montrent qu'il n'y a pas de soucis à apprendre deux langues en même temps. L'enfant n'a pas de problème à parler plusieurs langues. La langue maternelle se situe dans une partie du cerveau et une autre partie héberge les langues étrangères. Ce n'est pas grave si l'enfant commence une phrase dans une langue et la finit dans une autre, ce sont des choses qui vont finir par s'ajuster.

Cela peut-il causer des soucis dans le développement des enfants ?
S'il y a déjà chez l'enfant un problème de langage existant, indépendamment du biculturalisme (bégaiement, problèmes de compréhension ou d'expression, mutisme sélectif, etc.), le fait d'apprendre deux langues à la fois peut rendre plus difficile l'acquisition correcte du langage.
 
Les enfants nés dans une famille biculturelle ont-ils plus de facilités à apprendre d'autres langues par la suite ?
Le bilinguisme favorise l'apprentissage de plusieurs langues, c'est une gymnastique qui est développée.
 
Quels sont vos conseils ?
Il faut trouver une unité familiale. Ce sera plus difficile si l'un des deux parents ne parle pas les deux langues, si le père ou la mère communique avec l'enfant sans que le conjoint comprenne ce qu'ils se disent. De manière générale, on change de ''personne'' quand on change de langue. Demander à un parent de s'exprimer dans une autre langue le change, il n'est pas toujours à l'aise... C'est important de parler avec la langue qui vient du coeur. Ce n'est pas forcément la langue maternelle mais celle qui vient quand on souhaite parler à son enfant.

Je suis née en Argentine, d'un père argentin et d'une mère française. Je suis arrivée très jeune au Brésil. A la maison, nous parlions espagnol, j'allais au lycée français et je parlais portugais en-dehors de ces deux sphères. Aujourd'hui, avec mes enfants, je parle portugais, c'est la langue qui est venue naturellement lorsque j'ai tenu pour la première fois mon bébé dans les bras.
 
Propos recueillis par Charlotte DEROUIN (www.lepetitjournal.com ? Brésil) lundi 10 février 2014

Dra. Ana Kleinman
Psiquiatra da Infância e Adolescência
www.anakleinman.com.br

lepetitjournal.com sao paulo
Publié le 9 février 2014, mis à jour le 6 janvier 2018
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos