

Les exportations du Brésil sont diversifiées, à l'image d'Embraer*, 3ème compagnie aéronautique mondiale, qui exporte les avions brésiliens dans le monde entiers, à des compagnies telles que US Airways, KLM, Lufthansa ou Japan-Air ? photo Antônio Milena/ABr
Bien sûr, l'économie brésilienne est touchée elle aussi : la Bovespa a accompagné la chute des bourses mondiales, la croissance recule, les exportations s'effondrent? Cependant, l'économie nationale résiste bien mieux que les autres, et les spécialistes s'accordent sur le fait que le Brésil est l'un des pays les mieux placés pour faire face à la crise. Il sera peut-être l'un des grands moteurs économique mondial des prochaines décennies.
Le principale force du Brésil est son marché intérieur en forte croissance. Comme Lepetitjournal l'évoquait dans son article Ascension sociale à tous les étages, le pays a amorcé une spirale vertueuse qui fait la force de son économie. La hausse du pouvoir d'achat a permis une formidable croissance du marché intérieur, qui à son tour a offert aux entreprises nationales des débouchés leur permettant de croître rapidement, d'embaucher et d'augmenter les salaires. Dans le même temps, les entreprises soutenues par ce marché intérieur et la stabilité économique et politique du pays ont développé leur internationalisation et leurs exportations. Aujourd'hui, les exportations sont diversifiées, tant par la nature des produits que par les pays destinataires, ce qui rend le Brésil moins dépendant d'un secteur ou d'une zone spécifique.
Les réserves de change accumulées ces dernières années dépassent les 200 milliards de dollars et permettent de maintenir le cours du réais pour soutenir la balance commerciale.
Le Brésil, en phase de devenir l'une des grandes puissances économiques mondiale grâce à la crise ?
L'autre force du Brésil réside dans la santé de ses banques, dont Lepetitjorunal annonçait encore il y a quelques mois les bénéfices record. (Lire notre article Pourquoi les banques brésiliennes échappent-elles à la crise ?) Ces derniers jours, 3 des plus grosses banques brésiliennes ont annoncé leurs résultats trimestriels, tous positifs : bénéfice de 1,9 milliards de réais pour Bradesco, 1,8 milliards de réais pour Itaú et 704 millions pour Unibanco. Dans le même temps, les banques nationales rachètent les portefeuilles des concurrentes et présentent un volume d'actifs en forte hausse. Si les banques se sortent aussi bien de la crise, c'est aussi parce qu'elles évitent les secteurs et types de prêts les plus risqués, et elle ne sont principalement impactées qu'à travers les prêts concédés aux banques étrangères.
Outre ces éléments, les principaux indicateurs économiques sont restés au beau fixe depuis le début de l'année : taux d'investissement en hausse de 16%;rentabilité des entreprises nationales supérieure à 10%, avec plus de 69 milliards de réais de bénéfice réalisé par les 340 plus grosses au 1er semestre, inflation maintenue au dessous de 6%, taux de chômage inférieur à 8%, croissance générale de l'économie supérieure à 6%?
Enfin, le Brésil reste l'un des principaux territoires producteurs et exportateurs de matières premières, dont la plupart des pays sont dépendants, ce qui assure un minimum de demande extérieure pour maintenir les exportations.
Ces atouts devraient permettre au Brésil de mieux résister à la crise que les autres et pourraient en faire l'une des futures grandes puissances économiques de l'après-crise. Ce n'est certainement pas pour rien si la maison blanche a fait appel au G20, présidé par le Brésil, pour chercher des solutions à la crise.
Laurent GUERINAUD (www.lepetitjournal.com - São Paulo) jeudi 30 octobre 2008
* Embraer : Empresa Brasileira de Aeronáutica S.A.
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