

Fin avril s'est tenu à São Paulo le plus grand salon du vin d'Amérique du Sud, l'Expovinis. C'était l'occasion parfaite pour aller à la rencontre des professionnels français, venus en masse afin de séduire et conquérir le Brésil
Pour la 6ème édition de l'Expovinis, la France pouvait se targuer d'être l'un des pays les mieux représentés, avec 64 exposants. Cela s'explique entre autre par une forte volonté de relancer les exportations des produits de l'industrie agroalimentaire française, mise en avant par la présence du Secrétaire d'Etat chargé du commerce extérieur Pierre Lellouche à l'ouverture du salon. Il est à l'origine du récent lancement de la campagne « So French, so good » destinée à promouvoir les produits français et donc favoriser leur exportation ; le Brésil fait partie des 12 pays-cibles.
Les perspectives alléchantes du vin au Brésil
Le vin est typiquement l'un des produits qui attire de plus en plus les membres d'une société en plein développement économique. Si pour l'instant la consommation moyenne par habitant tourne autour de 2 litres par an, d'après l'Ibravin (Institut Brésilien du Vin), bien loin derrière le bière et la cachaça, elle est en augmentation constante sur les dernières années. La classe moyenne se développe et avec elle apparaissent de nouveaux consommateurs, en recherche de produits de haute qualité, créneau dans lequel s'inscrit parfaitement le vin français. Bien qu'étant à l'origine de 20% de la production mondiale de vin, la France ne figure qu'au 5ème rang des exportateurs de vin vers le Brésil, représentant 3,9% des importations effectuées par le Brésil en 2010, une part qui est en baisse, d'après l'Uvibra (Union Brésilienne de Viticulture). Bien loin du trio de tête formé par le Chili (37,2%), l'Argentine (23,9%) et l'Italie (16,8%), dont les vins sont moins chers à la vente et d'un abord plus simple pour la dégustation.
Le Brésil n'est pas un pays de vin et nombre de ses consommateurs ne sont pas de fins connaisseurs. Toutefois, cette
Un débouché prioritaire pour les viticulteurs français
Les différents professionnels français venus présenter leurs vins sont répartis suivant leur région, mais avant tout présents pour défendre la production vinicole de leur pays. Deux groupes se distinguent : il y a tout d'abord les producteurs qui, voyant le Brésil comme une grande opportunité, viennent tenter leur chance, se faire connaître. Comme le souligne l'un des exposants venu du Languedoc, « on a commencé par l'Asie, mais tout le monde sait qu'en ce moment beaucoup de choses se jouent au Brésil. Je pense que dans ce contexte, nos produits peuvent prendre très vite. » Leur objectif est simple : étudier le terrain, voir les possibilités et créer des contacts. Marie et Frédéric Chauffray, représentants de « Le Green Team », une coopérative de quatre producteurs bio du Languedoc, expliquent : « c'est la première fois que nous faisons le salon, et on cherche un importateur. » Sans eux, difficile en effet de parvenir à ses fins, dans un pays où les démarches d'importation sont compliquées et les taxes très lourdes : une bouteille peut voir son prix tripler, voire quadrupler une fois exposée sur les rayonnages brésiliens.
Amélie PERRAUD-BOULARD et Clémentine VAYSSE (www.lepetitjournal.com - Brésil) lundi 9 mai 2011





