Édition internationale

ECO – Le vin français à la conquête du marché brésilien

Écrit par Lepetitjournal Sao Paulo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Fin avril s'est tenu à São Paulo le plus grand salon du vin d'Amérique du Sud, l'Expovinis. C'était l'occasion parfaite pour aller à la rencontre des professionnels français, venus en masse afin de séduire et conquérir le Brésil

Pour la 6ème édition de l'Expovinis, la France pouvait se targuer d'être l'un des pays les mieux représentés, avec 64 exposants. Cela s'explique entre autre par une forte volonté de relancer les exportations des produits de l'industrie agroalimentaire française, mise en avant par la présence du Secrétaire d'Etat chargé du commerce extérieur Pierre Lellouche à l'ouverture du salon. Il est à l'origine du récent lancement de la campagne « So French, so good » destinée à promouvoir les produits français et donc favoriser leur exportation ; le Brésil fait partie des 12 pays-cibles.

Les perspectives alléchantes du vin au Brésil

Le vin est typiquement l'un des produits qui attire de plus en plus les membres d'une société en plein développement économique. Si pour l'instant la consommation moyenne par habitant tourne autour de 2 litres par an, d'après l'Ibravin (Institut Brésilien du Vin), bien loin derrière le bière et la cachaça, elle est en augmentation constante sur les dernières années. La classe moyenne se développe et avec elle apparaissent de nouveaux consommateurs, en recherche de produits de haute qualité, créneau dans lequel s'inscrit parfaitement le vin français. Bien qu'étant à l'origine de 20% de la production mondiale de vin, la France ne figure qu'au 5ème rang des exportateurs de vin vers le Brésil, représentant 3,9% des importations effectuées par le Brésil en 2010, une part qui est en baisse, d'après l'Uvibra (Union Brésilienne de Viticulture). Bien loin du trio de tête formé par le Chili (37,2%), l'Argentine (23,9%) et l'Italie (16,8%), dont les vins sont moins chers à la vente et d'un abord plus simple pour la dégustation.

Le Brésil n'est pas un pays de vin et nombre de ses consommateurs ne sont pas de fins connaisseurs. Toutefois, cette

tendance évolue depuis quelques temps : alors que le consommateur type était auparavant un homme de 45 ans, on note qu'un public plus jeune, de classe aisée s'intéresse de plus en plus au vin. De même, toute une culture du vin est en train de prendre son essor : cours d'oenologie, conférences, etc. "Le vin est devenu un produit commun dans les chariots de la classe moyenne", affirme Carlos Cabral, le directeur des vins des supermarchés Pão de Açucar. D'autre part, selon l'Ibravin, la consommation de vin par habitant au Brésil devrait atteindre les 9 litres par habitant d'ici à 2025 : il n'est donc pas question de négliger ce marché, et la France a bien à c?ur de relever le défi de gagner sa part du gâteau.?

Un débouché prioritaire pour les viticulteurs français

Les différents professionnels français venus présenter leurs vins sont répartis suivant leur région, mais avant tout présents pour défendre la production vinicole de leur pays. Deux groupes se distinguent : il y a tout d'abord les producteurs qui, voyant le Brésil comme une grande opportunité, viennent tenter leur chance, se faire connaître. Comme le souligne l'un des exposants venu du Languedoc, « on a commencé par l'Asie, mais tout le monde sait qu'en ce moment beaucoup de choses se jouent au Brésil. Je pense que dans ce contexte, nos produits peuvent prendre très vite. » Leur objectif est simple : étudier le terrain, voir les possibilités et créer des contacts. Marie et Frédéric Chauffray, représentants de « Le Green Team », une coopérative de quatre producteurs bio du Languedoc, expliquent : «  c'est la première fois que nous faisons le salon, et on cherche un importateur. » Sans eux, difficile en effet de parvenir à ses fins, dans un pays où les démarches d'importation sont compliquées et les taxes très lourdes : une bouteille peut voir son prix tripler, voire quadrupler une fois exposée sur les rayonnages brésiliens.

Puis il y a ceux qui ont déjà participé à plusieurs Expovinis et qui travaillent déjà avec un importateur, des diffuseurs. Ceux-ci sont en quête de plus de partenaires commerciaux, afin d'étendre leur présence sur le marché brésilien. C'est par exemple le cas du Provence Club Brasil, une coopérative de 9 producteurs qui a participé à toutes les éditions d'Expovinis, et dont les vins sont déjà bien diffusés (parmi ceux-ci celui qui a été désigné meilleur rosé du salon à quatre reprises, le Château Pourcieux). Elisabeth Hérail, a créé une société de conseil en exportation, EOC International, qui les a aidés à s'implanter méthodiquement. Actuellement, « ils en sont à un moment de leur histoire où ils ont déjà des importateurs. On est plus dans une phase de mise en place de stratégies : faire tourner le produit, mettre en relation avec des importateurs » affirme-t-elle. Cette notion de stratégie est également au c?ur du discours de Francis Brulez, gérant des Champagnes Louise Brison : sa marque est représentée depuis 2009, et en 2010 les ventes avait déjà été multipliées par 5 ! Il explique que « le consommateur brésilien veut de la qualité. Dans les vins, ce qu'il recherche avant tout ce sont la fraîcheur et les bulles. » Ce sont donc aux producteurs de bien s'informer afin de cibler lesquels de leurs produits ont le plus de chance d'obtenir du succès, et auprès de quel public. Réputation et qualité sont des atouts que les producteurs français ont la chance de pouvoir exploiter.

Amélie PERRAUD-BOULARD et Clémentine VAYSSE (www.lepetitjournal.com - Brésil) lundi 9 mai 2011

lepetitjournal.com sao paulo
Publié le 9 mai 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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