

La Marine Nationale française a fait une pause dans son voyage au port de Rio de Janeiro le 5 juin dernier, dans le cadre de la mission Jeanne D'Arc. A bord du navire français le BPC (Bâtiment de Projection et de Commandement) Dixmude et de la frégate Georges Leygues, 150 cadets et une équipe de formateurs sont venus jeter l'encre dans la "cidade maravilhosa" après quinze jours en mer. Visite au c?ur de ces deux unités d'avenir
Immense et d'un gris métallisé, véritable colosse venu droit de Toulon, le Dixmude épate par sa largeur et sa taille - il mesure 199 mètres de long. Un vrai navire de guerre ! Un peu comme dans une chanson de Jacques Brel, la mer a marqué le visage de ces jeunes marins venus prendre un peu de bon temps sur les plages de Rio de Janeiro. Après une traversée de la Méditerranée, de l'Océan Indien, et de l'Océan Atlantique, la destination n'est pas des plus déplaisantes.
Pourtant, à bord c'est une formation militaire d'officiers marins que ces jeunes de 21 à 30 ans sont venus rechercher. Sur 150 élèves officiers, il y a 16 étrangers, 10 officiers de St Cyr et 26 femmes. Un métier qui reste encore sous-représenté chez la gente féminine.
Après une journée de manoeuvres au large de Rio, les jeunes recrues se sont rapprochées de la terre pour mener des opérations de débarquement. Lee suivantes se sont organisées sur la plage de Maranbaia au sud-Ouest de Rio.
"Sacrifiez-vous. Tenez !"
Chaque journée est régie selon une durée établie en "quarts" de 2, 3, 4 ou 6, heures. Il y a 7 quarts au total dans une journée. Le branle-bas, c'est-à-dire le lever, est à 8h précises au son mélodieux de la clarinette. "Sacrifiez-vous. Tenez !" : la devise du Dixmude donne le ton de cette formation. Endurance, force et résistance physique sont de rigueur. Une demande qui correspond à la dureté des missions à accomplir, à savoir naviguer loin, longtemps en équipages et en missions.
Un système de rotation donne la possibilité à tous, grâce à la constitution de petits groupes, d'être formés aux différentes opérations militaires. Durant six jours, le matelot embarque sur un navire brésilien et de même, un Brésilien vient se former sur le navire français. L'objectif est de former l'équipage à des opérations interarmées et interalliées d'envergure en mer ou à terre, de les soutenir et de consolider l'excellente relation et la coopération entre les deux pays. Ce bâtiment répond aussi à la nécessité de former des unités polyvalentes capables de se positionner au large afin de envoyer des forces à terre, des troupes et du matériel.
La lutte contre les sous-marins et bateaux amphibie font partie de l'enseignement sur le bateau. Le capitaine de vaisseau, Guillaume Goutay, commandant du Dixmude, est le chef-d'orchestre de cette belle mission d'envergure. Il veille au bon fonctionnement du navire avec passion et rigueur. Autour de lui, 20 à 30 instructeurs sont présents.
A la découverte du navire
Le bâtiment se divise en deux parties. A l'avant se situent la partie cérébrale des commandements ainsi que les espaces habitables. La conduite du navire et sa man?uvre se font dans la salle de navigation, appelée la passerelle. Centre névralgique, le siège de navigation est un fantasme pour tout marin. Quatre personnes se trouvent en permanence dans cette partie du bateau. La salle est équipée de boussoles et l'angle de vue est de 200°. Le commandant ou son représentant, et le chef de quart donnent l'ordre à la barre et aux machines. De la passerelle est également réglée la vie générale de l'équipage.
L'hôpital du navire est des plus modernes. Une salle de radiologie, deux salles d'opération, un centre scanner dernière génération et des chirurgiens de pointe sont prêts à gérer n'importe quelle situation d'urgence. 750 m2 sont déployés pour cet hôpital d'exception.
Dans un hangar à l'arrière du bâtiment, il est possible de stocker 16 hélicoptères (caïmans et gazelles) et 15 tanks. Un pont d'envol de 5.200 m2 permet d'accueillir jusqu'à six hélicoptères. Les munitions sont situées dans les cales du bateau.
Le Dixmude et le Georges Leygues devront retraverser l'Atlantique pour se rendre en Afrique de l'Ouest où une mission les attend. Après une dernière escale au Portugal, ils accosteront à Brest à la fin du mois de juillet. A la fin de cette épopée, les cadets du Dixmude deviendront de véritables officiers maritimes.
Camille JEANJEAN (www.lepetitjournal.com - Brésil) jeudi 5 juillet 2012





