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CULTURE - Mort de trois figures de la littérature contemporaine brésilienne

Écrit par Lepetitjournal Sao Paulo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 25 juillet 2014

Le Brésil est en deuil. En l'espace de quelques jours, João Ubaldo Ribeiro, Rubem Alves et Ariano Suassuna, trois figures centrales de la littérature brésilienne, nous ont quittés. Lepetitjournal.com revient sur le parcours de ces trois grands écrivains, qui ont su, grâce à leurs ?uvres, faire connaître et reconnaître mondialement la littérature brésilienne.

João Ubaldo Ribeiro, le porte-parole 
Né de parents avocats, João Ubaldo Ribeiro voit le jour le 23 janvier 1941 à Itaparica (Bahia). Dans les pas de la tradition familiale, il est admis en 1958 en droit à l'Université fédérale de Bahia et obtient en 1964 une bourse d'étude pour les Etats-Unis. Il réalise son master en sciences politiques à l'Université de Californie du Sud. Brillant, ce jeune universitaire ne perd pas de temps et il est rapidement engagé comme reporter pour le Jornal da Bahia. Il collabore ensuite avec de grands journaux nationaux et internationaux : O Globo, The Times Literary Supplement (Grande-Bretagne), Die Zeit (Allemagne), etc. En 1968, il rédige son premier roman Setembro Não Faz Sentido etc'est en 1971 que sa carrière prend un nouveau tournant avec la publication du roman Sargento Getúlio, ouvrage qui lui vaut plusieurs récompenses notamment le prix Jabuti en 1972, dans la catégorie Révélation. Dans la lignée des romans politico-sociaux qui reflètent le quotidien du Nordeste, Viva o povo brasileiro est aussi l'une de ses ?uvres phares. Traduits en plusieurs langues, la plupart de ses livres font le tour du monde, jusqu'à être adaptés sur les écrans. Emporté par une embolie pulmonaire vendredi dernier à Rio, l'académicien laisse au peuple brésilien le souvenir de son ironie et de sa justesse pour relater les différents contextes sociaux traversés par le pays et dont il s'était fait le porte-parole.

Rubem Alves, le libéral
Né le 15 septembre 1933 à Boa Esperança (Minas Gerais), ce Mineiro reçoit une formation très éclectique composée de théologie, psychanalyse, sociologie et philosophie. Son éducation originale lui vaut l'opportunité de défendre sa thèse à la prestigieuse université de Princeton aux Etats-Unis en 1968. Son brillant parcours universitaire ne l'éloigne pas de sa passion : la gastronomie. Aussi, c'est à Campinas (São Paulo) que Rubem Alves continue de gérer son restaurant tout en animant un groupe de lecture "Os Canoeiros". L'objet de cet intellectuel est clair : explorer l'essence de l'homme et l'âme de l'être, loin de la superficialité de "l'homme globalisé"Fondateur de la Théologie de la Libération, son livre Da Esperança l'élève au stade de théologien des temps modernes. Ses positions libérales l'opposent au protestantisme et son livre Protestantismo e Repressão  lui vaut les foudres des plus conservateurs, qui lui interdisent l'entrée dans les églises presbytériennes. Il est décédé samedi dernier à Campinas.

Ariano Suassuna, le populaire
Né le 16 juin 1927 à João Pessoa (Paraíba), Ariano Suassuna se forme en droit et en philosophie à l'Université de Recife. Durant son parcours à l'université de droit, il rencontre  Hermilo Borba Filho avec qui il va fonder le Théâtre étudiant du Pernambuco. Cette création l'amène naturellement à se tourner vers la scène et il écrira plusieurs pièces dont Uma Mulher vestida de sol, O Desertor de princesa et la plus connue Auto da compadecida, qui sera représentée dans tout le pays pour finalement être adaptée à la télévision puis au cinéma. Membre de l'Académie des lettres brésilienne, il est également l'un des fondateurs du mouvement "Armorial" qui se donne pour objectif de créer un art érudit à partir d'éléments culturels populaires du Nordeste. Il est mort mercredi à Recife en défenseur de la culture pour tous et de la culture populaire. 

Margot GALLOT (www.lepetitjournal.com - Brésil) vendredi 25 juillet 2014

*Photos : Bibliothèque de São Paulo / Institut Rubem Alves / Agência Brasil

lepetitjournal.com sao paulo
Publié le 24 juillet 2014, mis à jour le 25 juillet 2014
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