

Fidèles préparant un navire d'offrandes sur la plage de Copacabana au moment du Réveillon - © Laurent Guerinaud Photography
Le Candomblé est une religion brésilienne, engendrée par les esclaves noirs venus d'Afrique avec leurs mythes, leurs coutumes et leur divinités. Ces dernières, appelée Orixas, représentent les différents éléments et forces de la nature. Dans la religion afro-brésilienne, Iemanjá est la Reine de la mer et aussi la mère de presque tous les Orixas.
Iemanjá est originaire d'Afrique. Fille de Olokum, dieu de la mer à la fois masculin et féminin, elle est la déesse du peupleYoruba au Nigéria. Lassée de son mariage avec Olofin, roi de Ife, elle s'enfuit vers l'ouest;bientôt aculée par l'armée que son mari a envoyée à sa recherche, elle se résigne à utiliser une fiole remise par son père qu'elle doit briser en cas de danger. Lorsque que la fiole se casse, un fleuve se crée instantanément, portant Iemanjá jusqu'à l'océan. Le fleuve Ogun, qui traverse la région, est ainsi devenu le principal lieu de culte de Iemanjá.
La légende dit que Iemanjá a fait le voyage vers le Brésil avec les esclaves noirs que l'on arrachait à la terre de leurs ancêtres. C'est pour cette raison que c'est aujourd'hui la divinité la plus célébrée au Brésil. Elle est souvent associée à Nossa Senhora dos Navegantes, l'une des représentations de la vierge Marie, qui était vénérée par les navigateurs portugais. Cette association remonte au temps de la christianisation des esclaves : afin de faciliter leur adhésion au catholicisme, l'église leur a imposé de vénérer des saints en lieu et place de leurs divinités traditionnelles.
Deux fêtes pour Iemanjá
Iemanjá est célébrée à deux occasions. Chaque 31 décembre, des milliers de Brésiliens déposent leurs offrandes à la mer, pour remercier Iemanjá de tout ce qui a été reçu durant l'année, et pour qu'elle leur garantisse une nouvelle année prospère. Les offrandes peuvent être jetées à la mer ou déposées dans un panier ou un bateau que l'on pousse vers l'eau. Il s'agit généralement de fleurs, bijoux, miroirs, parfum, bonbons? Souvent, on ajoute un petit billet sur lequel on écrit ses souhaits pour l'année à venir. A Rio, la coutume a pris beaucoup d'importance. Pour le réveillon, tout le monde est vêtu de blanc, et nombreux sont ceux qui jettent des fleurs à la mer en murmurant leurs souhaits.
La fête officielle de Iemanjá a lieu le 2 février. Si elle est commémorée dans de nombreuses villes du pays, c'est à Salvador, sur la plage du Rio Vermelho, que la célébration est la plus importante. Cette année, 300.000 personnes y ont participé. Des paniers d'osier sont placés un peu partout sur la plage pour que chacun puisse y déposer ses offrandes. En fin de journée, près de 250 bateaux de pêcheurs vont déposer ces paniers à 7,5 kilomètres du littoral. Cette coutume remonte aux années 1920, quand les pêcheurs ont décidé de se tourner vers les divinités africaines à la suite d'une année difficile. D'après la tradition, si les paniers flottent et sont rejetés sur la plage, c'est que Iemanjá a refusé l'offrande.
L'ensemble de ces célébrations sont assorties de manifestations culturelles, concerts, danses, défilés, trios elétricos?
Laurent GUERINAUD (www.lepetitjournal.com ? São Paulo) mercredi 4 janvier 2009





