

A l'approche de la Coupe du Monde, des ONG et le gouvernement s'attèlent au problème du tourisme sexuel qui menace de se développer pendant la compétition. Une crainte relancée par des tee-shirts de mauvais goût créés par Adidas.
Le Brésil est connu comme étant l'une des destinations mondiales du tourisme sexuel, impliquant notamment des enfants et des adolescents. Il n'est d'ailleurs pas rare de voir dans les ascenseurs des hôtels des affiches alertant sur le tourisme sexuel. Le Forum national de prévention et d'éradication du travail infantile estime selon des données de 2012 que quelques 500.000 enfants et adolescents brésiliens seraient impliqués dans le commerce du sexe.
Comme le souligne un article de Carta Capital, là où les grands événements sont organisés croît généralement le marché de la prostitution. Certains articles de journaux expliquent d'ailleurs que la celui-ci s'est déjà développé aux alentours des travaux des stades. Un reportage du journal britannique Mirror évoque des jeunes filles de 11 à 14 ans se prostituant dans la région d'Itaquerão, à Sao Paulo, où se construit le stade qui accueillera le match d'ouverture de la compétition.
L'ONG Plan, qui défend le droit des enfants à travers le monde, essaie de faire tout un travail de prévention auprès des adolescents en leur faisant comprendre qu'ils ne doivent pas se laisser exploiter, et qu'une relation sexuelle ne peut pas venir compenser un dîner ou un cadeau offert par qui que ce soit. Dans les familles les plus pauvres, la perspective de venue de "riches étrangers" peut en effet paraître une aubaine.
La polémique Adidas relance le débat

Le gouvernement n'est pas en reste, puisque le ministère du Tourisme a lancé fin janvier (soit moins de 6 mois avant le début de la Coupe du Monde) une campagne contre le tourisme sexuel. Toutefois, le débat a été relancé en début de semaine lorsque des photos de tee-shirts à connotation sexuelle proposés à la vente par Adidas ? qui est l'un des sponsors de la compétition ? en l'honneur de la Coupe du Monde ont commencé à circuler. Le gouvernement brésilien n'a pas particulièrement apprécié leur humour de mauvais goût et leur a reproché d'associer Brésil et sexualité, ainsi que d'inciter au tourisme sexuel. Les tee-shirts, vendus en édition limitée aux Etats-Unis, ont été retirés de la vente dès lundi soir.

Le ministère des Sports brésilien a par la suite publié sur sa page Facebook deux images détournant les créations de l'équipementier sportifs (voir ci-contre), et mettant en valeur la beauté et la richesse du Brésil.
Lise ARON et Amélie PERRAUD-BOULARD (www.lepetitjournal.com - Brésil) jeudi 27 février 2014





