Les paillettes, les plumes, les strass, les milliers de figurants et danseurs, les chars immenses? Le défilé du carnaval de Rio est le spectacle à l'état pur, l'apothéose du sublime. Et pourtant ! Derrière la magie, ce sont des milliers d'heures de travail, de la sueur et un business très particulier qui en sont à l'origine. Lepetitjournal.com s'est penché sur l'envers du décor
Fin-janvier, 40°, pas d'ombre, quartier des docks de Rio. Le site est loin d'être accueillant et encore, ce jour-là le soleil brille. Les murs sont tagués, les toits ajourés, les entrepôts sont squattés et leurs peintures s'écaillent, quelques carcasses de voitures jonchent le sol en terre et la voie rapide, à deux pas de là, laisse entendre les voitures passer à toute vitesse. Désaffecté, c'est le mot. Et pourtant? il suffit de pousser une porte pour être transporté instantanément dans le monde magique et truculent du carnaval ! C'est ici-même que les écoles de samba du Grupo A, la 2ème division des écoles du
Le travail des petites mains sous une chaleur torride
Là, sous une chaleur torride ? seuls les bureaux du carnavalesco et du directeur de l'école sont climatisés ? les petites mains s'affairent, dans ce qui ressemble fort à un enchevêtrement chaotique de matières et de couleurs. Et pourtant, à y regarder de plus près, tout cela est organisé, pensé, et il s'en dégage après tout une certaine cohérence. Dans la poussière de fibre de verre qui vole, du polystyrène que l'on sculpte, des copeaux de bois que l'on rabote, des paillettes que l'on colle, les
Tout est parfaitement orchestré
Chaos apparent donc, où rien n'est laissé au hasard. Tout comme chaque élément du défilé, depuis le thème des chars jusqu'aux couleurs et matières utilisées. C'est à partir de mai, au moment du tirage au sort de l'ordre de passage sur l'Avenida, que tout se décide : un défilé de nuit demande une débauche de paillettes et brillants pour attirer la lumière des projecteurs, quand un défilé au petit matin devra mettre l'accent sur les couleurs et les jeux de miroirs, la lumière étant plus difficile à capter.
Se côtoient dans ces ateliers du sublime tous les corps de métiers. Du simple colleur de paillettes inexpérimenté au carnavalesco, véritable chef d'orchestre de l'école, souvent formé aux beaux arts et en communication, en passant par les couturières, sculpteurs, soudeurs, peintres, mécaniciens et simples découpeurs de tissus, c'est une micro-société qui gravite autour de la construction du défilé. Le carnaval c'est le grandiose pailleté de l'avenida, rendu possible uniquement par ces petites mains, ces fourmis qui travaillent avec acharnement dans des conditions difficiles pendant de longs mois.
Barraques des écoels Estacio de Sa et Cubango / Photos MG
Marine GUILLERMOU (www.lepetitjournal.com ? Rio de Janeiro) mercredi 3 février 2010
Prochainement dans le Petit Journal, ne manquez pas "les coulisses du carnaval 2ème épisode"
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