Édition internationale

CARNAVAL DE RIO – Les coulisses du défilé (1/2)

Écrit par Lepetitjournal Sao Paulo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Les paillettes, les plumes, les strass, les milliers de figurants et danseurs, les chars immenses? Le défilé du carnaval de Rio est le spectacle à l'état pur, l'apothéose du sublime. Et pourtant ! Derrière la magie, ce sont des milliers d'heures de travail, de la sueur et un business très particulier qui en sont à l'origine. Lepetitjournal.com s'est penché sur l'envers du décor

Fin-janvier, 40°, pas d'ombre, quartier des docks de Rio. Le site est loin d'être accueillant et encore, ce jour-là le soleil brille. Les murs sont tagués, les toits ajourés, les entrepôts sont squattés et leurs peintures s'écaillent, quelques carcasses de voitures jonchent le sol en terre et la voie rapide, à deux pas de là, laisse entendre les voitures passer à toute vitesse. Désaffecté, c'est le mot. Et pourtant? il suffit de pousser une porte pour être transporté instantanément dans le monde magique et truculent du carnaval ! C'est ici-même que les écoles de samba du Grupo A, la 2ème division des écoles du

carnaval de Rio, ont installé leurs ateliers dans les entrepôts des docks du port, délaissés alors par les écoles du Grupo Especial quand la Cidade do Samba a vu le jour. Quasiment insoupçonnables, on aperçoit seulement parfois une statue en papier maché qui dépasse des murs défraichis. Entrer dans ces antres top-secrètes, c'est comme pénétrer dans le Gotha du carnaval?

Le travail des petites mains sous une chaleur torride
Là, sous une chaleur torride ? seuls les bureaux du carnavalesco et du directeur de l'école sont climatisés ? les petites mains s'affairent, dans ce qui ressemble fort à un enchevêtrement chaotique de matières et de couleurs. Et pourtant, à y regarder de plus près, tout cela est organisé, pensé, et il s'en dégage après tout une certaine cohérence. Dans la poussière de fibre de verre qui vole, du polystyrène que l'on sculpte, des copeaux de bois que l'on rabote, des paillettes que l'on colle, les

30 à 50 artisans trouvent leur place dans un ensemble minutieusement orchestré. On ne lambine pas. Chacun des 5 chars réglementaires pour le défilé du Grupo A a sa maquette, son plan détaillé, son esquisse. Chaque carro alegorico est une étape clé du défilé, de l'un à l'autre s'articulent les déclinaisons du thème de l'année. Tous montés sur des chassis de bus, ils s'imbriquent tant bien que mal dans un espace tout en angles. Certains sont terminés, regorgeant de couleurs, fourmillant de détails, d'autres en sont au stade des finitions, d'autres encore ne présentent qu'une structure en carton. A deux semaines du carnaval, on pourrait penser que c'est périlleux. Et pourtant on nous répond avec le sourire que tout sera prêt à temps. Difficile d'en douter quand on voit l'implication des ouvriers, et surtout leur dédication.

Tout est parfaitement orchestré


Chaos apparent donc, où rien n'est laissé au hasard. Tout comme chaque élément du défilé, depuis le thème des chars jusqu'aux couleurs et matières utilisées. C'est à partir de mai, au moment du tirage au sort de l'ordre de passage sur l'Avenida, que tout se décide : un défilé de nuit demande une débauche de paillettes et brillants pour attirer la lumière des projecteurs, quand un défilé au petit matin devra mettre l'accent sur les couleurs et les jeux de miroirs, la lumière étant plus difficile à capter.
Se côtoient dans ces ateliers du sublime tous les corps de métiers. Du simple colleur de paillettes inexpérimenté au carnavalesco, véritable chef d'orchestre de l'école, souvent formé aux beaux arts et en communication, en passant par les couturières, sculpteurs, soudeurs, peintres, mécaniciens et simples découpeurs de tissus, c'est une micro-société qui gravite autour de la construction du défilé. Le carnaval c'est le grandiose pailleté de l'avenida, rendu possible uniquement par ces petites mains, ces fourmis qui travaillent avec acharnement dans des conditions difficiles pendant de longs mois.
Barraques des écoels Estacio de Sa et Cubango / Photos MG

Marine GUILLERMOU (
www.lepetitjournal.com ? Rio de Janeiro) mercredi 3 février 2010

Prochainement dans le Petit Journal, ne manquez pas "les coulisses du carnaval 2ème épisode"

Plus d'informations sur les écoles de samba du Grupo Especial
Plus d'informations sur les horaires des défilés
Plus d'informations sur les ensaios, préparatifs dans les quarties généraux des écoles

lepetitjournal.com sao paulo
Publié le 4 février 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
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