Édition internationale

AGRICULTURE – « Peu de pays ont autant de potentiel agricole que le Brésil »

Écrit par Lepetitjournal Sao Paulo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Tourné vers l'exportation et grâce aux sommes colossales investies en recherche agraire depuis les années 1970, le Brésil s'affirme comme une puissance agricole et s'impose sur plusieurs secteurs. Témoignage de Carlo Lovatelli, président de l'Association brésilienne de l'Agribusiness (ABAG)

Le Brésil est déjà numéro un mondial des exportateurs d'un éventail d'aliments : le sucre, la viande, le poulet, le jus d'orange et le café. D'autres cultures émergent déjà dont la viande de porc. Mais quelles sont les raisons d'une aussi bonne performance ?

À peine met-il les pieds dans la salle de conférence de siège de l'Abag, situé sur l'Avenue Paulista, que Carlo Lovatelli se lance dans l'entretien. Egalement à la tête de l'Association brésilienne de l'industrie des huiles végétales (Abiove), les affaires agricoles, c'est son domaine. Seuls la géographie et le climat du Brésil n'en font pas une puissance agricole, indique-t-il. « Sans la recherche agronomique, ajouté à la compétence de l'agriculteur brésilien, le Brésil ne serait pas la puissance agricole qu'il est actuellement ».

Les statistiques brésiliennes impressionnent. La récolte annuelle de grains et oléagineux frise 150 millions de tonnes ? dont 66 millions pour le soja. Concernant le b?uf, les exportations, en volume, se chiffrent autour de 1,3 million de tonnes.

Un avenir encore plus prometteur

Le futur de l'agriculture brésilienne s'annonce encore plus prometteur et peu de pays ont autant de potentiel agricole, assure Carlo Lovatelli. « Les grandes zones disponibles pour l'agriculture, celles qui vont fournir la nourriture, sont en Afrique et en Amérique du Sud. Dans l'hémisphère nord, le territoire est déjà saturé. Avec une population qui atteindra 9 milliards dans 50 ans, peu de pays auront la possibilité de nourrir la planète comme le Brésil. On est capable de produire davantage et il y a de la terre en abondance. »

Les chiffres confirment sa pensée. Dans 10 ans, selon les projections, les récoltes pourraient atteindre 180 millions de tonnes de céréales et oléagineux et la production de viande (b?uf, porc et poulet) croître de 37,8%, soit 8,4 millions de tonnes de plus. « Dans le cas du soja, nous avons doublé sans prendre beaucoup d'espace et en 20 ans, les rendements par hectare ont presque doublé. »

« Notre climat tropical permet de tout planter et de récolter jusqu'à trois fois par année. Peu de nations ont autant de terres et d'eau en abondance disponible pour l'agriculture. Nos succès s'expliquent également par les milliards de reais que le gouvernement a investis en recherche depuis la création en 1973 de l'EMBRAPA (l'organisme public brésilien de recherche agronomique). »

Le sol étant pauvre et de productivité faible, poursuit-il, « la recherche a aidé à développer les caractéristiques tropicales pour acclimater certaines cultures à nos conditions et du même coup améliorer le rendement de toutes les chaînes de production. Le soja ne pousserait pas dans les savanes du Centre-Ouest et du Nord, sans avoir été adapté au climat tropical. Cela a aussi donné une impulsion à des cultures d'ici, comme la canne à sucre. » Enfin, fait-il remarquer, la demande croissante de Chine pour les matières premières a aussi aidé les exportations du Brésil.

Marc GALLICHAN (www.lepetitjournal.com ? São Paulo) Mercredi 26 mai 2010

Liens :
Association brésilienne de l'Agribusiness (Abag) : www.abag.com.br

lepetitjournal.com sao paulo
Publié le 26 mai 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
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