

Le processus d'adoption est souvent un processus affectif compliqué. Il l'est tout autant sur le plan juridique et législatif. La nouvelle loi sur l'adoption (Lei N. 12.010), entrée en vigueur le 3 novembre 2009, tente de simplifier les procédures, tout en garantissant à l'enfant la meilleure protection possible.
Eclairage sur quelques dispositions importantes de la nouvelle loi :
L'élaboration de la nouvelle loi sur l'adoption a été faite avec le souci principal de protéger l'enfant et de réduire - ou du moins de limiter - la douleur et le traumatisme de l'abandon initial. Cette dernière prévoit des mesures qui devraient permettre d'accélérer et de faciliter le processus d'adoption. Elle démontre une fois de plus - si c'était nécessaire - la grande préoccupation qui existe dans la culture brésilienne pour l'enfance. La première et la plus importante des dispositions prévues par la loi est le délai maximum que les enfants peuvent passer dans des centres d'accueil ou orphelinats avant d'être inscrits au Registre National de l'Adoption - désormais fixé à deux ans. Jusque là, le processus juridique qui visait à déterminer si l'enfant pouvait ou non retourner dans sa famille biologique pouvait durer plusieurs années. Pendant cette période, l'enfant était contraint de rester dans un orphelinat où il bénéficie en théorie d'un soutien psychologique, éducatif, ? Mais même si certains de ces foyers sont bien équipés, ils n'en sont pas moins conçus pour être temporaires, et la qualité des soins accordés aux enfants peut varier de façon dramatique entre les centres. Autre disposition importante, les frères et s?urs doivent désormais être adoptés ensemble, à moins que l'on ne constate des abus ou tout autre type de risques pour les enfants. S'il a plus de 12 ans, l'enfant lui-même pourra maintenant être consulté sur son adoption; quant à l'âge minimum légal pour l'adoption, il passe de 21 à 18 ans. Dernière disposition qui devrait également simplifier la vie des prétendants à l'adoption, la création d'un registre unifié pour les adoptions par des personnes étrangères.
Adoption nationale et adoption internationale
L'adoption au Brésil est permise pour des individus ou des couples hétérosexuels; l'adoption par des couples homosexuels n'est pas prévue par la loi. Expliqué par Carlos Berlini, avocat du droit des enfants, et Directeur-Brésil de l'ONG Humanitária Ai.Bi. ? Amici dei Bambin, le processus se divise en plusieurs étapes : tous les efforts sont d'abord faits pour permettre à l'enfant de rester ou de retourner dans sa famille d'origine; si cela n'est pas possible, l'enfant est déclaré "apte à l'adoption", et le registre national d'adoption est consulté, afin d'identifier une personne brésilienne susceptible de donner un foyer à l'enfant. En dernier recours, si toutes les autres voies ont failli, le registre international est consulté. Certaines organisations et associations sont mandatées par le gouvernement pour évaluer la sincérité de la motivation du couple. ?Le couple est un instrument à la disposition de la Justice; nous fournissons des familles aux enfants, et pas l'inverse,? explique Berlini. ?Nos limites, géographiques et économiques, entre pays, ne doivent en aucun cas empêcher un enfant d'avoir une famille.? Pour l'Etat de Sao Paulo, le CEJAI - Comissão Estadual Judiciária de Adoção Internacional - rapporte qu'en 2009, 262 enfants dans l'Etat de Sao Paulo ont été adoptés par des étrangers, dont plus de 37% avaient entre 6 et 8 ans. Cela représente à peine 3% du nombre d'adoptions totales de l'Etat de Sao Paulo. Si elle reste donc assez marginale, l'adoption par des couples étrangers est néanmoins un outil important aux mains de la justice, dès lors que les critères des adoptions étrangères sont en général plus souples sur le profil de l'enfant que ne le sont les adoptions nationales.
Muriel ASSERAF (www.lepetitjournal.com - Brésil) rediffusion
Sources:
www.gaasp.org.br/
www.aibi.org.br/





