

Dans la nuit de lundi à mardi, l'avion transportant l'équipe de football de Chapeco (Santa Catarina) s'est écrasé alors qu'il approchait de l'aéroport de Medellin, en Colombie. Il devait y disputer ce mercredi soir sa finale aller de Copa Sul-Américana contre l'Atlético Nacional.
Le football brésilien en deuil. L'avion transportant l'équipe brésilienne de football de Chapecoense, qui se rendait à Medellin pour disputer le match aller de la finale de la Copa Sul-Américana face à l'Atlético Nacional, s'est écrasé dans la nuit de lundi à mardi près de l'aéroport de la ville colombienne, faisant 71 morts sur les 77 passagers.
C'est aux alentours de 22h15 (1h15, heure de Brasilia) que la tour de contrôle aurait perdu le contact de l'avion de la compagnie bolivienne Lamia, spécialisée dans le transport de sportifs et dont il s'agissait du seul appareil, ralliant Santa Cruz de la Sierra (Bolivie) à Medellin (Colombie). Après avoir fait deux boucles à proximité de la ville colombienne, l'avion s'est écrasé entre La Ceja et Abejorral, à une cinquantaine de kilomètres de l'aéroport José Maria Cordova de Rionegro.
Six survivants
Le mauvais temps a rendu les recherches particulièrement difficiles, dans la zone montagneuse peu accessible de Cerro Gordo. Mais mardi après-midi, les autorités colombiennes dressaient le bilan de ce tragique accident, dénombrant 71 victimes. D'après les mêmes sources, six personnes auraient survécu, le gardien de but Danilo ayant succombé de ses blessures durant son transport vers l'hôpital. Parmi elles, Jackson Follmann - qui a été amputé de la jambe, Alan Ruschel et Hélio Zampier Neto, des joueurs du club, ainsi que deux membres de l'équipage, Ximena Suarez et Erwin Tumiri, et un journaliste, Rafael Hensel. En effet 22 journalistes et consultants, dont l'ancien international Mario Sérgio, accompagnaient les joueurs pour ce voyage afin de couvrir le match. Parmi les causes éventuelles du crash évoquées actuellement par les médias, la panne sèche suivie d'une panne électrique. Les deux boîtes noires retrouvées mardi en fin de journée devraient apporter plus d'explications. Un expert en aviation interrogé par Globo a estimé que ce type d'avion, un Avro Regional Jet 85, n'était pas adapté à un trajet aussi long et que le pilote aurait commis une erreur dans le calcul du carburant.
Les joueurs et la direction du club, partis de São Paulo, avaient changé d'avion à Santa Cruz, en Bolivie. Selon Agência Brasil, la compagnie Lamia avait fait une demande auprès de l'Agence nationale de l'aviation civile (Anac) pour pouvoir réaliser un vol direct entre São Paulo et Medellin. Dans une note, l'Anac explique que "cette requête a été refusée, suivant les règles du Code brésilien de l'aéronautique et de la convention de Chicago, qui traite des accords de services aériens entre pays", ajoutant que "l'accord avec la Bolivie, pays originaire de la compagnie, ne prévoit pas d'opérations telles que celle sollicitée". L'Anac avait toutefois accompagné son refus d'une solution : que le vol soit effectué par une compagnie brésilienne et/ou colombienne, un choix "conforme aux termes des accords internationaux en vigueur".
"La famille du football brésilien est en deuil"
Les réactions n'ont pas tardé à pleuvoir. Le président brésilien, Michel Temer, a décrété un deuil national de trois jours et a exprimé sa solidarité aux familles touchées. Ivan Tozzi, le vice-président du club, s'est exprimé, en larmes, sur la chaîne SporTV : "La douleur est terrible. Juste quand on était si bien parti, peut-être pas au sommet, mais on s'était fait un nom au niveau national, cette tragédie arrive. C'est très difficile".
Le monde du sport n'a pas manqué d'exprimer sa tristesse, aussi bien mondial (Maradona, David Beckham, Paul Pogba?) que brésilien. Neymar a notamment publié sur son compte Twitter l'écusson du club de Chapecoense accompagné d'un emoji de prière, avant de s'exprimer sur son compte Instagram : "Impossible de croire à cette tragédie. Aujourd'hui le monde pleure, mais le ciel se réjouit d'accueillir des champions". Tite, le sélectionneur de l'équipe du Brésil, s'est montré lui aussi très touché par le drame : "Mes plus sincères condoléances aux familles des victimes de l'accident ayant eu lieu en Colombie. Nous, qui vivons du football, ressentons une grande douleur et une profonde tristesse à voir des compagnons voir leur rêve brisé par cette tragédie". "La famille du football brésilien est en deuil", a quant à lui déclaré Pelé. Sur les réseaux sociaux, les clubs du championnat brésilien et de nombreux anonymes ont affiché leur soutien au club décimé, par le biais du mot-dièse #ForçaChape, le plus utilisé de la journée sur Twitter.
Pour sa part, le ministère français des Affaires étrangères français a fait part dans un communiqué de sa "vive émotion" à l'annonce de l'accident. "La France exprime sa solidarité avec les familles et proches des victimes, et leur transmet ses plus sincères condoléances", indique encore le Quai d'Orsay, qui unit sa peine à celle du Brésil et de la Colombie. Le président de la Fédération française de football, Noël le Graët, s'est également "associé à la douleur des familles" des victimes. Une minute de silence a par ailleurs été respectée dès mardi soir lors des matchs de Ligue 1.
Amélie PERRAUD-BOULARD avec CC (www.lepetitjournal.com - Brésil) mercredi 30 novembre 2016
*Photo : Policia Antioquia





