

Dans l'enceinte du stade municipal Paulo Machado de Carvalho, plus connu des Paulistanos sous le nom de Pacaembu, le Museu do futebol, ludique et ultramoderne, retrace plus d'un siècle d'une passion très brésilienne
le jogo de botão (jeu de boutons), un cousin du babyfoot
D'entrée de jeu, la couleur est annoncée. Au hall qui succède à l'entrée, sont exposés sous verre maillots, fanions et autres objets, aux travers desquels près d'un siècle de l'histoire des clubs nous est conté. Fidèle supporter d'une équipe ou simple profane curieux du sport omniprésent sur les écrans brésiliens, on ne peut être qu'impressionné par le soin apporté à conserver les reliques et par l'immense ferveur qu'on devine derrière ces centaines de tuniques anonymes.?Une passion qui commence dès le plus jeune âge comme en témoigne le jogo de botão - un jeu (jadis) joué par les enfants brésiliens, à la croisée du baby foot et du jeu de billes, où ces dernières sont remplacées par des boutons aux couleurs de l'équipe.
Si c'est tout pour le rez-de-chaussée, ce n'est que le début pour l'usage des nouvelles technologies. A l'étage, le visiteur est accueilli par un Pelé sous cristaux liquides. Souriant et polyglotte, o Rei do futebol nous envoie dans la salle annexe faire la connaissance des autres joyaux de la Seleção. De Zico à Ronaldinho en passant par Garrincha et Roberto Carlos, ils rivalisent de talent, balle au pied : passement de jambes, roulettes et autres coups du sombrero, tout y passe ! Spectacle fascinant que ces vingt-cinq spectres qui nous traversent à la manière d'un Patrick Swayze dans Ghost. Et dont on peut revivre, à volonté, les exploits sur des écrans interactifs.
Ludique mais aussi culturel
Dans la salle «histoire», réaliser pourquoi le football est plus qu'un jeu au Brésil : en réinventant ce qui était encore au début du vingtième siècle le sport des riches anglais, le peuple métissé brésilien, à travers les exploits des pionniers oubliés Leônidas da Silva et Domingos da Guia, s'est trouvé une fierté, une cohésion et une identité. ?Dans la salle obscure lui succédant, faire un voyage dans le temps : au mythique stade Maracana de Rio, le 16 juillet 1950, le Brésil vit un cauchemar éveillé, son équipe perd en finale à domicile contre l'Uruguay? Sa première finale. Tout dans l'énoncé de cette dernière phrase a quelques chose de surréaliste : Brésil-défaite-finale-domicile-Uruguay.
Enfin, le meilleur pour la fin : un inventaire des dernières Coupes du Monde avec un petit rappel du contexte historique de chacune d'elles : l'Espagne post-franquiste de 1982, le Mexique qui se remet d'un lourd tremblement de terre en 1986, l'Italie dans une Europe qui vient de voir s'écrouler le mur de Berlin en 1990... et évidemment, la France en 1998 avec ce petit frisson d'orgueil, devant la photo victorieuse de la bande à Zidane et Deschamps, qui s'en trouve décuplé en terre brésilienne. ?2006, l'allemande, est plus douce-amère pour nous Français, pour les raisons que l'on sait.??
Aux simulateurs de tirs au buts juste avant la sortie, il ne tient cependant qu'à vous de refaire l'histoire. Trezeguet ne s'y refuserait pas !
Walid RACHEDI (www.lepetitjournal.com/sao-paulo) Rediffusion





