

A l'occasion de la sortie de son premier roman, l'auteur de Le Chemin de l'ange, Sylvie Nevoa-Pereira, a reçu Lepetitjournal.com
Lepetitjournal.com/Sao Paulo - Quel est votre parcours ?
Sylvie Nevoa Pereira - Je suis la septième de huit enfants. Mes parents sont des immigrés napolitains arrivés à la fin des années 50 en France. On vivait dans un centre d´hébergement pour ouvriers venus de plusieurs pays, Italie, Portugal, Turquie?. Mon père était maçon. Beaucoup de solidarité existait entre les familles.
En 1964, mon père décède brutalement, je n´avais pas encore deux ans. Notre vie a complètement changé. Nous avons pu rester chez nous grâce au patron de l'entreprise. Ma mère a veillé à ce que chacun de nous ne manque de rien. L'éducation était à la napolitaine : dure et ferme. La valeur la plus importante était le respect du travail. Il faut toujours finir ce que l'on a commencé et ne jamais se retourner. Aller de l'avant. Chacun faisait ses devoirs seul.
Après des études de psychologie, j'ai travaillé quatre ans dans un Institut Médico Educatif (IME). En 1997, je me suis mariée avec José qui lui venait du Portugal. Nous avons eu trois garçons. En 2002, avec une amie, nous avons créé l'association Quadra Conseil Formation et Développement qui offre une assistance aux personnes en grande difficulté d'insertion. Au bout de trois ans, ayant des optiques différentes, j´ai décidé de changer de cap.
Racontez nous votre venue au Brésil ?
Mon mari a eu une proposition pour le Brésil, nous parlons tous les deux le portugais. C'était une aventure à saisir. Nos deux grands fils ayant l'âge adulte, nous sommes partis avec Lucas, 13 ans. Nous venions de la campagne proche de Paris, avec une vie stable bien rangée, une routine toute douce, et nous avons été propulsés à São Paulo en juillet 2011.
C'était hors norme, bruyant, affolant. Changer de vie est un vrai challenge. J'ai eu une période d'adaptation assez longue d'environ huit mois. Il m´a fallu comme tout le monde trouver mon équilibre. Aujourd'hui, nous sommes heureux. On aime le climat, la nature, les gens...
Sept ans pour écrire ce premier roman, pourquoi ?
C'était le 5 novembre 2005 que cela m'a pris. J´ai eu cette envie d´écrire. J´écrivais sur des cahiers de brouillon pendant que les enfants étaient à l'école. J'avais une bougie toujours allumée à côté. L'histoire est venue tout d'un coup. En cinq semaines j´avais tout fini. Et dès la fin décembre, je me suis mise à la recherche d'un éditeur.
C'est très compliqué de trouver un éditeur quand on ne vous connait pas. Le temps a passé. Finalement, c'est quand on ne s'y attend plus que cela arrive. Un concours de circonstances : l´été dernier, à travers ma s?ur Maria, j´ai rencontré Evelyne Keller, artiste peintre et correctrice de manuscrit, qui avait une amie Stéphanie Gayral, éditrice. Et là, tout est allé très vite.
A quelle tranche d´âge vous adressez- vous? En le lisant, et en le faisant lire à ma fille de 12 ans, j´ai pensé que vous vous adressiez plus aux adolescents?
Non, je m'adresse à tout le monde : chaque personne y trouvera un message diffèrent. La mission de Luna est l'espérance et l´amour du prochain. Bien sûr, un lecteur de polar n´y trouvera pas son compte. Mais c´est un livre accessible à tous.
Histoire empreinte de spiritualité, n´est-ce pas désuet à notre époque ou au contraire une nécessitée de retourner aux valeurs fondamentales ?
La foi est propre à chacun, c´est à nous de la faire grandir si nous le souhaitons. Je crois qu´il n'y a pas d'époque pour cela. Le monde actuel semble être fou. L'agressivité ne permet pas d´avancer, la foi a ce rôle : elle permet de canaliser pour ne pas se détruire, de continuer à aller de l´avant.
Mon livre conte l'histoire d'un couple face à un désarroi terrible : la perte d'un enfant. L'homme et la femme n'auront pas la même réaction. Luna est alors envoyée afin de les aider et?..
C'est vrai. Quand Thomas, mon fils aîné, avait 10 ans, il a fait une chute de cheval. Il s´est cassé le fémur. Il a fait trois hôpitaux à la suite en trois jours sans qu'on ne lui redresse sa jambe et le soigne. Finalement, l'hôpital des Grands Blessés de Garches s'est occupé de lui. Ils ont découvert une tache sur son genou et ont suspecté un cancer. Nous avons attendu deux semaines les résultats. Cela a été une attente atroce, je ne dormais plus et je devais nourrir mon dernier fils, bébé de 15 jours. C'est à ce moment là que je me suis réfugiée dans la prière. Enfin 15 jours ont passé et il ne s'agissait pas d'un cancer, mais cependant pour plus de sureté il a été suivi 2 ans régulièrement à l'hôpital. Depuis ce jour, la religion a pris une place prépondérante dans ma vie.
Ecrire un roman religieux est un exercice de style plus codé que le roman littéraire ?
Ecrire n'est pas simple en soit, mais pour ce livre, les mots courraient comme seuls, spontanément. Oui, c´est un roman à caractère spirituel, il est question d'ange mais rien à voir avec la féérie, car la Foi n´est pas de la magie.
Les anges ont la réputation d´être asexués mais pas les vôtres...
Je ne me suis pas posée la question. Il me semble que les anges représentent les âmes de nos disparus qu'ils soient hommes ou femmes. Leur rôle est de nous protéger.
Y a-t-il une partie autobiographique ?
Juste un point commun avec l'histoire de Luna : les rêves pendant lesquels je cherche, moi-aussi, à communiquer avec mon père.
La couverture du livre est très douce...
Oui, je voulais que la notion de céleste soit visuelle et tactile. La couverture a été dessinée par Luc Keller. L'objectif était de créer un bleu semblable à celui que l'on aperçoit lorsque l'on est dans un avion, avec un tapis de nuages en dessous. La pastille jaune sur la reliure du livre représente la première mission de Luna.
Votre livre est-il publié au Brésil ? Où le trouve-t-on ?
Le livre est disponible en France dans toutes les FNAC (www.fnac.com), sur le site de l'éditeur Les éditions de l'île bientôt aussi sur www.amazon.fr, et en librairie sur demande en donnant le numéro ISBN du livre : 979-10-90284-15-9.
Anne Lebas-Signora (www.Lepetitjournal.com - São Paulo) lundi 1er juillet 2013





