Édition internationale

ROBERTO MEDINA - "Rock in Rio est à l'image de la société"

Écrit par Lepetitjournal Sao Paulo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 septembre 2013

A 66 ans, Roberto Medina s'apprête à organiser sa douzième édition du méga festival Rock in Rio, la quatrième dans sa ville d'origine (cinq éditions ont été organisées à Lisbonne et trois en Espagne). Pas peu fier de son bébé, ce publicitaire ne cache pas qu'il est avant tout un businessman. Au premier jour du festival, il se confie au Petitjournal.com. 

Lepetitjournal.com : Que ressentez-vous à quelques heures du coup d'envoi d'une nouvelle édition de Rock in Rio ?
Roberto Medina : Quand j'ai fait venir Franck Sinatra à Rio (en 1980, devant 175.000 personnes au Maracanã, ndr),  je lui ai dit : aujourd'hui, ça va être un jeu d'enfant pour toi, tu as des années d'expérience. Il m'a répondu : mes jambes tremblent toujours au moment de monter sur scène, peu importe la scène. Pour moi, organiser ce festival ici au Brésil, c'est une émotion différente, parce que je suis chez moi. Dès que les portes s'ouvrent le premier jour, je suis à fond, je bosse et je ne ressens plus rien, mais en attendant, je ressens un mélange d'excitation et d'appréhension.

Quelles sont les principales nouveautés para rapport à l'édition de 2011 ?
Cette année, nous ne voulons pas faire quelque chose de vraiment différent de la dernière édition, nous voulons juste tout faire mieux. Le Palco Sunset (scène annexe, qui accueille des duos improbables façon Taratata, ndr) est beaucoup plus belle et plus imposante, le Palco Mundo (Grande Scène)  a une nouvelle structure d'illumination unique au Brésil. Tout est mieux qu'avant. En 2011 j´ai obtenu la note moyenne de 9,2 lors d'un sondage effectué auprès du public. C'est difficile de faire mieux, mais pour moi, ce n'est pas suffisant.

Quelles leçons avez-vous tiré de la dernière édition ?
Je n'ai tiré aucune leçon en particulier. Je revenais au Brésil dix ans après, le public a adoré ce que j'ai fait. Cette fois, une fois les 600.000 billets écoulés, il y avait encore deux millions de demandes. J'essaie toujours de me perfectionner, de m'améliorer, tout en assimilant le succès avec humilité.

Le line-up est à nouveau très éclectique, avec des artistes aussi différents que Beyoncé, Bruce Springsteen, David Guetta ou Iron Maiden?
Rock in Rio est à l'image de la société. Il y a toujours eu du Heavy Metal, du New Wave, du Jazz, de la chanson brésilienne, c'est ça Rock in Rio. Le casting a toujours suivi les mêmes tendances. Le line-up du premier ressemble beaucoup à celui d'aujourd´hui en termes de mélange des genres. L'idée, c'est d'être éclectique et de parler à toute la société. Chaque jour a sa "tribu" et les différentes tribus cohabitent en paix, en harmonie. Plus que les concerts, ce qui est important, ce sont les rencontres. C'est sûr qu'avec 120 artistes, ce n'est pas toujours évident d'obtenir la combinaison idéale, mais le but est d'avoir un profil différent chaque nuit.

De quel concert attendez-vous le plus cette année ?
Le meilleur concert, et de loin, sera celui de Bruce Springsteen. J'avais vu une vidéo de lui, je l'ai fait venir au Portugal l'année dernière et il m'a vraiment impressionné. En live, il est tout simplement incroyable. Il va tout casser.

En 2011, le Brésil était en plein boom économique. Cette année, c'est moins le cas ? Quelles ont été les conséquences pour le festival ?
Le marché du sponsoring a beaucoup chuté ces deux dernières années au Brésil, mais cela n'a pas atteint Rock in Rio, parce qu'au-delà du festival de musique, nous proposons un vrai projet de communication, qui s'étale sur une année entière. Nous avons obtenu 55 millions de dollars de sponsoring, avec 75 marques. Nous avons une expertise qui s'exporte dans d'autres pays. Au Portugal, le record de sponsoring était 600.000 dollars. Pour la première édition, j'ai réussi à obtenir 13 millions d'euros. En Espagne, ça n'existait pratiquement pas, j'ai obtenu 14 millions d'euros.

Propos recueillis par Louis GENOT (www.lepetitjournal.com - Brésil) vendredi 13 septembre 2013

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Publié le 12 septembre 2013, mis à jour le 13 septembre 2013
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